Ecrit sur l'affiche: "Piller notre pétrole est un crime", en réponse aux affirmations du gouvernement du Soudan du Sud qui affirmait, en janvier 2012, que le Soudan avait illégalement saisi 865 milions de dollars en pétrole brut

Le Soudan et Soudan du Sud en Guerre

Moins d’un an après l’indépendance du Soudan du Sud le 9 juillet 2011, le Soudan et le Soudan du Sud sont sur le point de retourner à une guerre ouverte.

Ecrit sur l'affiche: "Piller notre pétrole est un crime", en réponse aux affirmations du gouvernement du Soudan du Sud qui affirmait, en janvier 2012, que le Soudan avait illégalement saisi 865 milions de dollars en pétrole brut

Ecrit sur l’affiche: « Piller notre pétrole est un crime », en réponse aux affirmations du gouvernement du Soudan du Sud qui affirmait, en janvier 2012, que le Soudan avait illégalement saisi 865 milions de dollars en pétrole brut

Dans les dernières semaines, il y eut une augmentation significative de la militarisation dans les zones productrices de pétrole aux frontières de Kordofan du Sud, du Nil Bleu bordant l’Éthiopie et Unité, un état sud-soudanais.

Des combats intenses pour le contrôle des champs pétrolifères de la ville d’Heglig et le bombardement aérien de Bentiu, la capitale de l’état Unité par les Forces armées soudanaises porte à croire que les deux parties ont déclaré une guerre ouverte.

L’augmentation des tensions découle de l’incapacité à implanter les dispositions de l’Accord de paix signé avant l’indépendance du Soudan du Sud. La démarcation de la frontière nord-sud et parvenir à un accord avec le Soudan sur le partage des revenus pétroliers sont sans doute les problèmes les plus pressants. L’échec de bien délimiter la zone frontalière ouvre la porte à des réclamations de propriétés contestées sur des villes telles que Heglig, qui jusqu’à la semaine dernière produisait près de la moitié du pétrole soudanais.

La guerre devient une distraction sur la détérioration de la situation économique dans les deux pays. L’escalade militaire actuelle propose aux deux gouvernements respectifs de s’unir contre un ennemi commun et déplace l’attention loin des problèmes domestiques urgents.

Autrement dit, le Soudan ne peut pas se permettre de vivre sans pétrole et le Sud-Soudan ne peut pas s’épanouir sans le Soudan. L’économie du Soudan décline depuis l’indépendance du Sud qui fut fortement supportée par les États-Unis. Cette partition signifiait que le Soudan perdait 75 pour cent de ses réserves pétrolières et 20 pour cent de sa population; les principaux moteurs de la croissance. Les deux pays restent interdépendants : actuellement, le pétrole du Sud-Soudan ne peut atteindre le marché international que par le biais des pipelines, des raffineries et des ports du Soudan.

Le Soudan du Sud a perdu environ 95 pour cent de ces revenus en mars, suite à un arrêt de la production de pétrole. Apparemment, le Soudan confisquait l’or noir comme moyen de paiement pour de prétendues taxes de transit impayées. Dans ce contexte, le Sud-Soudan n’est pas en mesure de répondre à ses défis de développement en tant que nouvel État. Les plans visant à construire des infrastructures et d’exploiter son énorme potentiel agricole ont été mis de coté. Les donateurs internationaux et les entreprises étrangères hésitent à investir lorsque la sécurité est incertaine.

L’histoire de la Corne de l’Afrique peut servir d’alarme au danger potentiel pour les États naissants. L’optimisme qui a suivi l’indépendance de l’Érythrée de l’Éthiopie en 1993 a été suivi par une guerre dévastatrice aux frontières des deux pays de 1998 à 2000. Et les hostilités subsistent jusqu’à aujourd’hui. Une autre guerre entre Khartoum et Juba pourrait conduire à une crise militaire et humanitaire qui pourrait outrepasser ce qui a déjà été vu au Darfour.

Personne ne se fonde sur la relation entre Omar El-Béchir et Salva Kiir Mayardit pour stopper le conflit. Le président soudanais ne se gêne pas pour attiser le feu en traitant publiquement le gouvernement voisin d’insecte et de tout autres insultes.

La Chine a demandé aux deux présidents de reprendre les négociations et a fait valoir que le conflit n’est pas inévitable. Dans une allocution télévisée, des responsables chinois ont déclaré que le pétrole devrait être une bouée pour la paix entre les deux pays. La médiation chinoise et les efforts consolidés par l’Éthiopie, le Kenya et l’Afrique du Sud ont malgré tout fait peu de progrès. L’Union Africaine a elle aussi tenté des négociations qui ont également donné peu de résultats.

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