Depuis la Révolution tranquille et le Concile Vatican II dans les années 1960, il y a une véritable séparation entre l'État et la religion et la société en général voit la religion comme une affaire privée. Néanmoins, le catholicisme représente toujours 75 % de la population québécoise en 2011.

Laïcité au Québec

Après le printemps érable qui nous a valu des élections anticipées au nom de l’alternance démocratique, nous voilà confrontés à la charte des valeurs québécoises.

Les charges émotionnelles risquent de créer une tempête dans un verre d’eau qui fera quand même d’innocentes victimes. Ce pourquoi, à titre de préalable, tous et chacun devraient veiller à œuvrer en toute sérénité afin d’éviter des dérapages inutiles et contre-productifs.

Depuis la Révolution tranquille et le Concile Vatican II dans les années 1960, il y a une véritable séparation entre l'État et la religion et la société en général voit la religion comme une affaire privée. Néanmoins, le catholicisme représente toujours 75 % de la population québécoise en 2011.

Depuis la Révolution tranquille et le Concile Vatican II dans les années 1960, il y a une véritable séparation entre l’État et la religion et la société en général voit la religion comme une affaire privée. Néanmoins, le catholicisme représente toujours 75 % de la population québécoise en 2011.

Que l’État se démarque des religions dans l’intérêt de l’ensemble de la population, nul n’oserait s’y opposer. Les bienfaits de cette politique se sont avérés patents et irréversibles depuis belle lurette.

Cela ne s’est pas réalisé sans heurt et dans certaines parties du globe subsistent encore des gouvernements théocratiques, lesquels, persuadés qu’ils sont détenteurs de la vérité tranquille, essaient par différents moyens et pas toujours les meilleurs, d’étendre leur vision à d’autres peuples, alors que : « De foi, on ne discute point » nous enseignent le sage.

Mais, revenons au Québec, province d’accueil par excellence, tout le monde le reconnaît. Avec Christophe Colomb et ceux qui l’ont suivi, les Amériques et les Caraïbes se sont transformés en des pays d’immigration, avec plus ou moins de bonheur.

Les Européens sont arrivés dans le Nouveau Monde sans l’aval des peuples autochtones, ces derniers ont dû s’accommoder de leur voisinage, faire contre mauvaise fortune bon gré, avec les résultats que nous connaissons aujourd’hui.

Et comme l’histoire est écrite par les vainqueurs, la version officielle des faits n’a jamais tout relaté, ce qui a eu pour effet d’induire en erreur plusieurs générations. Grâce aux percées scientifiques en sociologie, en anthropologie et en histoire, la vérité tend petit à petit à poindre à l’horizon.

Alors quand la connaissance se substituant aux croyances deviendra le véritable guide, le comportement de l’homme ne pourra que s’améliorer, rendant la quête du bonheur accessible pour tous et chacun d’entre nous.

Si Haïti a été dans le temps le porte-étendard de l’émancipation de l’homme, le Québec pourrait fort bien symboliser l’harmonie entre les cultures indépendamment de leurs croyances religieuses.

Parler de charte des valeurs québécoises n’exprime à notre sens aucune connotation discriminatoire dans la mesure où elle fait la part belle aux « Québécois de toutes origines sans exclusive ni réserve ».

Prétendre que cette charte vise d’abord les musulmans me paraît une exagération à éviter. Il est vrai que les signes religieux de ces derniers s’avèrent plus ostentatoires que ceux des vodouisants, juifs ou chrétiens pour ne citer que ces trois-là. Et si cela devait s’apparenter à une quelconque démarche antimusulmane, il faudrait la combattre avec la dernière rigueur.

Cela étant dit, nous croyons que l’exemple doit venir d’en haut, le gouvernement aurait pour obligation de se débarrasser des signes religieux dans ses propres établissements et bureaux.

Encore, faut-il souligner à l’eau forte que le fait par quelqu’un, engagé comme fonctionnaire, à un niveau ou à un autre, de ne pas exhiber les signes ostentatoires de ses croyances religieuses, ne l’enjoint nullement à renoncer à sa foi ni à sa religion. Le problème ne saurait se poser en ces termes dans un pays de tradition démocratique.

Nous comprenons fort mal cette focalisation outrancière eu égard au port du niqab ou de l’hijab, comme si les signes ostentatoires des autres religions n’étaient pas pris en compte.

Un argument qui fait sursauter est celui qui voudrait laisser croire qu’une telle mesure priverait de leurs emplois des milliers de personnes et des femmes en particulier. Nous n’en revenons pas car, la loi une fois votée, les fonctionnaires en poste ou ceux qui veulent le devenir auront deux choix très simples à faire : le premier, qui est d’obéir à la loi en s’abstenant « sur les lieux de travail » de toute exhibition de signes religieux, le second, qui est de renoncer eux-mêmes à leurs emplois et de se faire entretenir par leurs croyances et/ou leurs dieux. La loi ne fera donc pas de victime.

Quant à l’option de retrait provisoire « opting out », nous craignons que cette faiblesse de notre démocratie ne nous fasse, à long terme, plus de tort que de bien.

Le gouvernement, à quel que parti qu’il appartienne, en dehors de toute politicaillerie partisane, a intérêt à être plus rassembleur que jamais, puisqu’une « famille divisée est une famille affaiblie et condamnée à disparaître ». Haïti, les pays d’Afrique, la Syrie, la Lybie nous en offrent les exemples les plus convaincants.

Nous espérons donc avec ferveur que tous les croyants fassent preuve d’abnégation et de raison, raffermissent leur foi dans leur intimité, leurs péristyles, églises, mosquées, temples ou synagogues en ayant toujours à l’esprit les intérêts supérieurs de la Belle Province qui sont encore une fois, ceux de tous et chacun d’entre nous.

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  1. Giovanni Barbagli
    Déc 30, 2016 - 08:19

    Tout à fait!

    Répondre

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