Fidel Castro, son frère le lieutenant Raúl Castro et le docteur Ernesto Guevara (dit « le Che ») ont donné à la révolution, officiellement nationaliste au départ, une orientation « marxiste-léniniste » au début des années 1960

La naissance de Cuba

Les Espagnols firent preuve de cruauté. Le général espagnol Valeriano Weyler, à partir de février 1896, pratiqua une politique de regroupement forcé d’une grande partie de la population – y compris femmes, enfants, vieillards – derrière des fils de fer barbelé. Les conditions alimentaires et sanitaires étant absolument insuffisantes, des milliers de reconcentrados moururent, ce fut le premier cas moderne de camp de concentration. En deux ans, un huitième de la population, c’est-à-dire environ 200 000 personnes, succomba. De leur côté, les révoltés pratiquaient la politique de la terre brûlée, saccageant et détruisant les propriétés des partisans de l’Espagne et ravageant les plantations de sucre. Leur but était de provoquer la défaite des Espagnols en épuisant toutes leurs ressources.

L’opinion publique américaine, influencée du reste par les comités révolutionnaires cubains de New-York, manifesta assez vite sa sympathie pour ceux qui luttaient pour leur indépendance. Certains journaux particulièrement avides de sensationnel, surtout le New York World de Joseph Pulitzer et le New York Journal de William Randolph Hearst, firent grand cas de la barbarie des Espagnols et de leur commandant en chef, Weyler, surnommé « le boucher ». Des journaux protestants – peut-être en partie par hostilité à l’égard des prêtres catholiques de Cuba – ainsi qu’un certain nombre d’organes républicains et démocrates se déclarèrent partisans d’une intervention en faveur des insurgés pour des motifs purement humanitaires. D’autre part, des partisans de l’expansion tels Theodore Roosevelt réclamaient aussi une intervention.

Hearst publia des récits sensationnalistes sur les atrocités que les « Espagnols cruels » infligeaient aux « pauvres Cubains ». Scandalisés par « l’inhumanité » des Espagnols, les Américains étaient incités à demander une « intervention » que même les faucons les plus blasés, tel le jeune Theodore Roosevelt, auraient considéré comme une affaire réglée.

[amazon-slideshow align=”left” height=”250″ width=”250″]2ba6a703-4db7-4bc5-b222-c661de4f30bc[/amazon-slideshow]La publication, le 9 février 1898, par le New York Journal d’une lettre privée de l’ambassadeur espagnol à Washington DC, Enrique Dupuy de Lôme, dérobée par un espion des insurgés, fit grand bruit : dans cette missive, l’auteur décrivait le président McKinley (président des États-Unis d’Amérique de 1897 à 1901) comme « un faible recherchant l’admiration des foules ».

Six jours plus tard, le cuirassé américain USS Maine explosait dans la rade de la Havane.

Les politiciens, les hommes d’affaires et les membres du clergé appelaient au calme. Des manifestations brûlaient des Espagnols en effigie dans les rues : un enthousiasme guerrier déferla d’un bout à l’autre du pays. Devant l’inaction du gouvernement, on commença à siffler McKinley dans les rues et dans les théâtres.

Devant une telle fièvre guerrière, McKinley, personnellement désireux d’éviter la guerre, demanda le 27 mars 1898 à l’Espagne de conclure un armistice avec les révoltés, de supprimer la politique des camps de concentrations, enfin d’accepter une médiation américaine. En fait, il s’arrangea pour faire savoir à l’Espagne qu’il désirait que Cuba obtînt son indépendance. Le gouvernement espagnol de la régente Marie-Christine accepta tout, sauf la promesse d’indépendance. Comme le remarque Ernest May, en refusant la plus importante des exigences américaines, l’Espagne acceptait l’éventualité d’une guerre avec les États-Unis.

 Depuis des temps fort anciens, certains Américains avaient pensé que Cuba leur revenait de droit. La soi-disant théorie de la destinée manifeste faisait de l’île, aux portes des côtes de la Floride, une candidate toute désignée pour l’expansion américaine. La majorité de l’économie insulaire était déjà dans les mains de l’Amérique, et la majorité de son commerce, dont une bonne partie était clandestine, s’effectuait avec les États-Unis.

Aux États-Unis, le parti de la guerre, qui continuait de s’organiser, renforça sa pression sur le président. Celui-ci ne voulait pas laisser aux Démocrates, en cette année d’élection, le privilège de défendre l’indépendance de Cuba.Il redoutait aussi une initiative du Congrès qui le mettrait dans l’embarras. Aussi, en dépit des concessions de l’Espagne, McKinley proposa-t-il au Congrès, le 11 avril 1898, une intervention. Le 19, celui-ci déclara que Cuba devait être libre et autorisa l’usage de la force pour libérer l’île. Un amendement précisa que les États-Unis n’annexeraient pas l’île.

L’Espagne chercha désespérément l’appui des autres puissances européennes, mais sans succès. Abandonnée de tous, l’Espagne n’eut pas d’autre solution que de déclarer la guerre aux États-Unis le 24 avril 1898, l’US Navy ayant de son côté déjà établi le blocus de l’île dès le 21.

La Marine des États-Unis s’était alors considérablement développée, mais n’avait pas encore eu l’occasion d’être testée, et plusieurs vieux « chiens de guerre » étaient enthousiastes à l’idée de tester et d’utiliser leurs nouveaux outils. La marine avait conçu des plans pour attaquer les Espagnols dans les Philippines plus d’un an avant le début des hostilités.

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  1. SAMBA TOMBA JUSTES AXEL
    Sep 16, 2016 - 09:53

    Cuba c´est un pays de revoltes et de revolutions: la guerre d´independance avec les Mambis, la revolution Marxiste Leniniste de Castro. Il faut noter que la plupart des combattants Mambi étaient des Kongo, descendants d´esclavagisés d´Afrique Centrale et le terme ”Mambi” c´est un terme bakongo qui signifie les ” Mauvais”, donc mauvais vis a vis de l´Espagne, qui voyait en eux les idées d´independance. et meme la revolution de Castro, il y avait plein des Noirs d´origine Bakongo.

    Répondre

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