L'offensive débuta le 25 octobre 1983 à 5 heures du matin. Ce fut la première opération militaire d'envergure lancée par l'armée américaine depuis la guerre du Viêt Nam.

Urgent Fury : Invasion Américaine dans les Caraïbes des années 80

L'offensive débuta le 25 octobre 1983 à 5 heures du matin. Ce fut la première opération militaire d'envergure lancée par l'armée américaine depuis la guerre du Viêt Nam.

L’offensive débuta le 25 octobre 1983 à 5 heures du matin. Ce fut la première opération militaire d’envergure lancée par l’armée américaine depuis la guerre du Viêt Nam.

L’ Operation Urgent Fury est le nom de code de l’opération qui vit l’invasion de l’île de la Grenade, un État indépendant situé dans les petites Antilles, par les États-Unis et plusieurs autres nations en réponse au coup d’État ayant mené à la déposition du premier ministre grenadien, Maurice Bishop.

Le 25 octobre 1983, les États-Unis, la Barbade, la Jamaïque et les membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) envoyèrent une flotte et firent débarquer des troupes sur l’île, écrasèrent la résistance grenadienne et cubaine et renversèrent le gouvernement militaire de Hudson Austin.

Cette invasion reçut un accueil mitigé bien qu’elle ait été soutenue par l’opinion publique américaine et par une partie de la population grenadienne : le 25 octobre est devenu une fête nationale à la Grenade sous le nom de « Thanksgiving Day ». L’opération fut en revanche critiquée par le Royaume-Uni, Trinité-et-Tobago et le Canada. Elle causa la mort d’une centaine de personnes.

Le 13 mars 1979, un coup d’État mené par le dirigeant du Mouvement New Jewel, Maurice Bishop, fit tomber le gouvernement d’Eric Gairy et mena à la formation d’un gouvernement d’inspiration marxiste-léniniste. Il s’engagea également dans une politique de rapprochement étroit avec l’URSS, et surtout Cuba fit rapidement alliance avec ceux-ci. Sous l’impulsion de Bishop s’initia une militarisation du pays d’autant plus importante qu’auparavant cette petite nation antillaise n’était dotée que d’une petite force armée.

Maurice Rupert Bishop (gauche) au coté de Fildel Castro, était un leader révolutionnaire grenadin. Bishop et ses fidèles furent arrêtés et immédiatement fusillés.

Maurice Rupert Bishop (gauche) au coté de Fildel Castro, était un leader révolutionnaire grenadin. Bishop et ses fidèles furent arrêtés et immédiatement fusillés.

Maurice Rupert Bishop, (29 mai 1944 – 19 octobre 1983), était un leader révolutionnaire grenadin, premier ministre de l’île entre 1979 et 1983.

Formé en Grande-Bretagne, Bishop prit en 1973 la tête du New Jewel Movement. Ce parti populiste et marxiste représentait la principale opposition au régime autoritaire du premier ministre Eric Gairy, qui dirigeait l’île depuis l’indépendance, le 7 fevrier 1974. Le 13 mars 1979, le New Jewel Movement profita d’un voyage de Gairy aux États-Unis pour le renverser sans violence. Désormais premier ministre, Maurice Bishop suspendit le parlement et la constitution, et entama une série de réformes d’orientation socialiste. Il s’engagea également dans une politique de rapprochement étroit avec l’URSS, et surtout Cuba.

Rapidement, Bishop se heurta à des difficultés économiques, aggravées par la politique américaine de défiance contre l’île (la privant par exemple d’aide après le passage de l’ouragan Allen en 1980). Des dissensions opposèrent également le charismatique premier ministre, plus modéré et proche de Cuba, à la faction radicale et prosoviétique de son gouvernement, menée par Bernard Coard, vice-premier ministre et idéologue du régime.

Le gouvernement entreprit aussi de faire construire un aéroport international avec l’aide de Cuba. Le président américain Ronald Reagan désigna cet aéroport ainsi que d’autres sites comme la preuve d’une menace potentielle de Grenade à l’encontre des États-Unis. Le gouvernement américain accusa alors Grenade de construire ces installations dans le cadre du processus de militarisation cubano-soviétique dans la zone des Caraïbes et d’aider au transport d’armes organisé par les Soviétiques et Cubains afin d’aider les guérillas d’inspiration marxiste en Amérique centrale. Le gouvernement de Bishop affirma au contraire que l’aéroport avait été construit afin d’accueillir les avions de ligne transportant des touristes.

Le 13 octobre 1983, une faction menée par le vice-premier ministre Bernard Coard renversa Bishop qui fut par la suite exécuté malgré de nombreuses protestations en sa faveur. Le gouverneur général de la Grenade, Paul Scoon, fut quant à lui placé en résidence surveillée.

Trois géants se lèvent pour défendre leurs droits a l'indépendance ...

Trois géants se lèvent pour défendre leurs droits a l’indépendance …

L’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS) demanda alors assistance aux États-Unis ainsi qu’à la Barbade et à la Jamaïque. Selon Mythu Sivapalan du New York Times (29 octobre 1983), cette demande formelle fut orchestrée par les États-Unis qui avaient décidé de s’engager dans une action militaire contre le régime de Coard. Pour justifier l’intervention, les responsables politiques américains évoquèrent le coup d’État et l’instabilité politique générale de ce pays situé à proximité du territoire américain ainsi que la présence d’étudiants en médecine américains à l’université Saint-Georges de la Grenade.

L’offensive débuta le 25 octobre 1983 à 5 heures du matin. Ce fut la première opération militaire d’envergure lancée par l’armée américaine depuis la guerre du Viêt Nam. Les combats durèrent plusieurs jours et l’on compta jusqu’à 7 000 soldats américains et 300 de l’OECO sur le théâtre des opérations. Le camp adverse comptait 1 500 soldats grenadiens ainsi que 700 Cubains en majorité des ouvriers du bâtiment et 60 conseillers militaires originaires de l’URSS, de la Corée du Nord, de l’Allemagne de l’Est, de Bulgarie et de Libye.

Les sources officielles américaines affirment que les défenseurs de l’île étaient bien préparés, stratégiquement positionnés et qu’ils opposèrent une résistance acharnée à l’envahisseur au point que l’armée américaine dut envoyer sur place deux bataillons supplémentaires le 25 octobre au soir. Néanmoins, la supériorité totale du corps expéditionnaire tant sur mer que dans les airs incluant des hélicoptères d’attaque et une artillerie navale d’appui donnait un net avantage aux États-Unis.

On compta 19 morts et 116 blessés au sein des troupes américaines, 45 militaires grenadiens furent tués et 358 blessé. 24 Cubains trouvèrent la mort, 59 furent blessés et 638 fait prisonniers. Le conflit fit au moins 24 victimes parmi la population civile. Le coût de l’opération fut estimé à 76 millions de dollars américains de l’époque soit 165 millions de dollars valeur 2010.

Un mois après l’invasion, le Time Magazine indiquait que l’opération avait eu un « large soutien populaire ». Une commission de membres du Congrès américain conclut que l’invasion avait été justifiée, la majorité des membres de ce groupe d’étude étant arrivée à la conclusion que les étudiants américains présents sur l’île avaient couru le risque d’être pris en otage comme lors de la crise iranienne des otages quatre ans auparavant. Les conclusions de la commission firent changer de position Tip O’Neill, speaker de la Chambre des représentants originellement opposé à l’intervention.

Néanmoins, certains membres de la commission s’opposèrent à cette interprétation. Louis Stokes, membre du congrès affirma que « Pas un seul enfant américain, pas un seul citoyen américain n’était en danger ou courait le risque d’être pris en otage avant l’invasion. » Le lobby afro-américain du congrès dénonça l’invasion et sept membres démocrates du congrès dirigé par Ted Weiss firent une tentative d’impeachment contre Reagan. Bien que certainement planifiée depuis des mois, il a été suggéré au moment du déroulement des faits que la date de l’invasion, deux jours après le dramatique attentat du Drakkar au Liban, avait été choisie pour faire diversion auprès de l’opinion publique.

La Grenade fait partie du Commonwealth et, suite au début des opérations demanda assistance aux autres membres. Le Royaume-Uni, Trinité-et-Tobago et le Canada entre autres affirmèrent leur opposition à l’invasion. Le premier ministre du Royaume-Uni, Margaret Thatcher s’opposa personnellement à une invasion américaine.

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