Pierre Karl Péladeau est le fils du fondateur de Québecor, Pierre Péladeau.

Pierre Karl Péladeau: une souverainté sans les immigrants?

Dans une course à la chefferie du Parti Québécois, un parti qui se donne comme mandat de quitter la Confédération canadienne, le candidat vedette, le multimilliardaire Pierre Karl Péladeau impute à l’immigration l’échec de l’option souverainiste.

Pierre Karl Péladeau est le fils du fondateur de Québecor, Pierre Péladeau.

Pierre Karl Péladeau est le fils du fondateur de Québecor, Pierre Péladeau.

Ces propos tenus le 18 mars à l’Université Laval : « Avec l’immigration c’est certain qu’on perd un compté chaque année. On souhaiterait mieux pouvoir la contrôler […] Qui prend en charge les immigrés qui viennent s’installer ici, au Québec? C’est le gouvernement fédéral [..] ».Pour conclure qu’il faudrait dès maintenant arriver à une souveraineté québécoise. Une arrière-pensée qui tend vers le désir inavoué de défaire le Canada sans l’appui et surtout sous le nez des communautés issues de l’immigration.

Un discours qui plait a une frange bien établie au Parti Québécois. Comme la plupart des partis politiques qui tiennent leur nom d’une ethnie (le Bloc Flamant en Belgique, en Suisse le parti nationaliste suisse, et un nombre appréciable de partis politiques allemands …) le Parti Québécois à un fond bien sectaire et xénophobe, souvent drapé dans le combat identitaire.

Ainsi, le site web du Huffington Post Québec, le 5 mars 2014 publiait une enquête de terrain. Le racisme à visage découvert sur Facebook sur des partisans du Parti Québécois. Bien que les commentaires affichés ne soient pas sur les sites officiels, l’examen y dévoile tout de même « des commentaires racistes aux appels au meurtre » selon les mots de l’auteur.

La situation est d’autant plus dramatique que PKP est l’actionnaire majoritaire d’un des plus importants groupes médiatiques au Québec, Québecor. De la télévision avec un réseau d’information en continu, à l’exclusivité d’un journal gratuit dans les stations de métro montréalais, publiant plus de 70 magazines, des journaux, sa câblodistribution, il a une véritable mainmise sur l’information de la province québécoise. Alors d’où viendra la réelle critique? Comment un(e) jeune journaliste dans ce quasi-monopole osera-t-il critiquer l’homme derrière le chèque de paie? Et beaucoup, beaucoup de gens, des gens de diverses communautés ethniques, des gens aux diverses allégeances politiques, baignent dans cet empire médiatique incontournable dans la province québécoise.

Le lendemain 19 mars à l’heure du dîner, dans l’émission très suivie, diffusée sur une des chaînes appartenant au Groupe Quebecor « Le Québec parle », un vox pop télévisée, la grande majorité des interlocuteurs étaient en accord avec les propos incendiaires de PKP. Ce fut presque unanime. Seul l’invité de l’émission y trouvait un manquement grave sinon des propos récusables pour quelqu’un qui désire représenter tous les Québécois.

Du côté des Québécois anglophones, qui sont également en forte proportion contre le projet du Parti Québécois qui leur parait plutôt invraisemblable, un autre son de cloche retentit. Établis depuis toujours au Québec, très rares y sont les partisans du riche héritier.

Maintenant mordicus ses propos en début de journée, après que le premier ministre québécois Philippe Couillard ait dénoncé vertement ce « Nationaliste ethnique », après que les quatre autres candidats à la chefferie se soient distancés de lui comme de la lèpre, Pierre Karl Péladeau s’est finalement excusé sur sa page Facebook dans la soirée du 19 mars. Il émet « J’aimerais m’excuser de la malheureuse phrase sur la démographie et l’immigration que j’ai dite hier. Cette phrase était inappropriée et ne reflète pas ma pensée… » Hmmmm.

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  1. Mathieu Le Bourdais
    Mar 20, 2015 - 03:35

    C’est certains qu’il serait préférable de faire l’indépendance (je dis bien indépendance, pas séparation comme l’auteur du texte) avec tout les québécois. Mais nous sommes devant le constat que 93% des nouveaux arrivant s’oppose à un Québec sans tutelle canadienne. Il serait souhaitable qu’on passe de 7% à quelques chose comme 20% d’appuis chez les immigrants mais une majorité, il ne faut pas rêver.

    Je ne sais pas si la réalisation de l’indépendance se fera avec les immigrants mais le pays se fera avec eux ça s’est sûre. Nous sommes devant le constat qu’ils n’appuiront pas l’indépendance mais ils appuiront un Québec déjà indépendant. Ils vont respecter des gens qui se décide et voudront en faire parti ça c’est sûre.

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  2. Claude Paterne Kramo
    Mar 20, 2015 - 04:53

    Tout dépend de comment le projet est présenté. Moi je suis néo québécois et en accord avec un Québec indépendant. Il faut aller vers les immigrants, aller les convaincre mais pas avec de tels propos…

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  3. Alex Milhomme
    Mar 21, 2015 - 06:07

    Si le but de l’indépendance c’est de créer des citoyens de seconde zone, je serai l’un des premiers à le dénoncer. Je crois qu’un Québec indépendant, multiculturel et post racial est possible !

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  4. Denis Beaulé
    Mar 22, 2015 - 08:26

    Ce n’est tout de même pas si extrême que cela. Faire davantage la part des choses vaudrait mieux. Pour tous.

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