L'actuel président Haitien, Michel Martelly, semble donner la priorité à la mise en scène par rapport à l'art de gouverner, et les symboles sur le fond.

Les membres de la clase politique: des ignares et nullards?(1946-2012)

Filiation italienne ou non, le président Martelly a-t-il déjà lu ou entendu parler d’un des plus grands intellectuels et homme politique du monde contemporain, l’italien Antonio Gramsci. Parmi ses formulations en vue de catégoriser le statut qui identifie l’intellectuel, il écrit : « De même, il peut arriver à un certain moment à tout le monde de faire frire deux oeufs ou de repriser un accroc à sa veste sans qu’on puisse dire pour autant que tout le monde est cuisinier ou tailleur. »

L'actuel président Haitien, Michel Martelly, semble donner la priorité à la mise en scène par rapport à l'art de gouverner, et les symboles sur le fond.

L’actuel président Haitien, Michel Martelly, semble donner la priorité à la mise en scène par rapport à l’art de gouverner, et les symboles sur le fond.

Et toujours un autre compatriote, tout aussi célèbre, le « Prince » Machiavel qui énonce ce postulat : un chef d’État est condamné, s’il ne veut pas à être taxé de nul, à saisir — institutionnellement sa chance, « vertu », suivant son propre vocable.

Or, en mettant les points sur les « i » : incompétence, immoralité, intellectuel, insurrections et institutions, nous constatons les difficultés éprouvées par le président Martelly à passer des insurrections aux institutions, en franchissant donc le seuil de l’État régalien : c’est une administration de la preuve de son incompétence, au sens institutionnel du terme. Mieux, en dehors de l’intellectualité, la souveraineté de la citoyenneté demeure chimérique. C’est donc l’unique voie à emprunter en vue de présider aux destinées de la République dans le cade de l’effectivité de la constitutionnalité.

Ainsi illustre-t-il dangereusement les failles de son intellectualité qui l’empêchent de faire face au défi auquel est confrontée la « République » des copains, des coquins et des requins depuis le 7 février 1986 : bannir définitivement les insurrections en établissant l’hégémonie de la culture démocratique, particulièrement sa dimension procédurale.

L’intellectualité représente, en effet, l’artificialité constitutive de la modernité, de la juridification de la société : nul n’est censé ignorer la loi, sinon, c’est un « nul »!; et la loi scientifique, domaine de l’éducabilité, assure, de bout en bout, notre mode de vie. Mais comme nous sommes tous des ignares et des nullards, nous acceptons toujours d’évoluer dans l’instabilité politique.

L’exposition du bicentenaire du président Estimé n’a pas permis d’instaurer l’économie du tourisme. Les classes moyennes noires de Duvalier ont tout balancé dans l’insécurité politique et la paix des cimetières, mode d’emploi. Péligre et l’aéroport ne furent d’aucuns secours; et le 7 février 1986 a délégitimé la révolution économique de « baby doc».

Jusqu’à présent, le président Martelly se contente de resquiller des acquis fondamentaux tel le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, une astuce du président Aristide, à la fin de son mandat, et celle du président Préval pour rendre acceptable PETROCARIBE, en dépit des réticences des États-Unis.

Paradoxalement, PETROCARIBE fait l’objet d’une procédure de mise en accusation pour corruption dans la gestion de certaines allocations. Pis, depuis l’affaire du député Bélizaire, la conjoncture d’insurrections, donc d’instabilité politique, s’impose de plus en plus, la gouvernance va de mal en pis, pouvoir constituant dérivé dévoyé, CEP patrimonial, au sens de son utilisation en sciences politiques, cas patent de la politique du ventre, des rapports de vénalité et de vassalité, qui sont antagoniques aux principes de transition et de consolidation démocratique : la Cour, le pouvoir judiciaire, advient nettement l’arrière-cour de l’exécutif.

Et le parlement n’est pas en reste, en accomplissant sa fonction latente, c’est de se comporter suivant les déterminants d’un parlement de « type féodal », soumis à la « royauté », à son bon vouloir, et non de type démocratique; type démocratique qui se caractérise par le respect du principe, une personne, un vote, et l’obligation de dégager le fait majoritaire, au titre du principe de la stabilité des institutions dans le cadre de l’autonomie de leur champ de compétences respectif.

De part en part, c’est une crise intellectuelle, comme on se réfère à la crise économique, sociale… La société doit absolument se doter de la capacité de se représenter.

Dans tous les cas de figure, MINUSTAH est dans tous ses états. Des manifestations qui revendiquent la composition citoyenne du maternage démocratique, ce qui signifie non seulement l’échec du conseil de sécurité, mais fondamentalement de la gouvernance du président Martelly.

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