Le Joola effectuait la liaison Dakar - Karabane - Ziguinchor : il reliait la province méridionale isolée de Casamance, au reste du Sénégal et évitait ainsi de transiter par la Gambie.

Le Joola, le plus sinistre des naufrages de tous les temps : 1 563 morts, 64 rescapés

La plus grande tragédie de l’Histoire récente du Sénégal se matérialise dans le naufrage du transbordeur Joola le 26 septembre 2002. Cette tragédie, bien que moins publicisée, elle fut plus fatale que celle du Titanic en 1912 avec officiellement 1 563 personnes mortes. Seules 64 personnes ont été sauvées du Joola cette journée.

Le Joola effectuait la liaison Dakar - Karabane - Ziguinchor : il reliait la province méridionale isolée de Casamance, au reste du Sénégal et évitait ainsi de transiter par la Gambie.

Le Joola effectuait la liaison Dakar – Karabane – Ziguinchor : il reliait la province méridionale isolée de Casamance, au reste du Sénégal et évitait ainsi de transiter par la Gambie.

Le 26 septembre 2002, peu avant 23 heures, le Joola surchargé s’est retourné au large de la Gambie, à environ 40 km de la côte. Un seul canot pneumatique a pu être ouvert. Certains passagers se sont réfugiés sur la coque du navire retourné, mais l’immense majorité a été piégée à l’intérieur ou s’est noyée. Les secours ne sont arrivés que le lendemain matin.

Cet accident, dont la gravité est sans précédent, est en grande partie dû aux intervenants. L’État sénégalais a été obligé de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre des fautifs. De nombreuses têtes sont tombées au niveau de la Marine nationale, du port autonome de Dakar et même de l’armée sénégalaise.

Environ 1 000 passagers – dont de nombreux enfants qui retournaient à la capitale pour le début de la nouvelle année scolaire – demeurent encore aujourd’hui dans les limbes du Joola.

Le Joola a été construit pour contenir environ 580 personnes, une limite qui a été ignoré, avec des centaines de personnes voyageant sans billet.

M. Diallo qui opère une association de familles des victimes n’a pas de mal à parler des évènements qui ont mené à la tragédie, comme des milliers d’autres. Par contre, il se confie qu’il n’a pas été en mesure de bien faire le deuil de ses pertes.

« Comment puis-je dire que j’ai fait mon deuil quand je n’ai pas trouvé les corps de mes enfants, quand il m’a fallu beaucoup de temps pour même croire qu’ils étaient morts? Et le gouvernement refuse même d’en parler » dit-il.

La principale demande des familles des victimes est de rapatrier la carcasse du transbordeur des fonds de l’océan afin de réclamer les restes de ceux qu’ils aimaient.

Le Joola n’a pas été déplacé après son naufrage, mais le ministre de l’Écologie et de la Protection de la nature Sénégalais Haidar El Ali affirme qu’il était équipé pour le faire.

Au moment du naufrage, M. El Ali était à la tête d’une école de plongée et une partie d’une équipe de secours qui dans les jours suivants la catastrophe aurait pu faire glisser l’épave vers le rivage.

Haïdar El Ali, issu d’une famille d’immigrés libanais, est l’un des premiers sur les lieux de la catastrophe. Il plonge, filme et livre ses observations avec amertume. Il est élu « homme de l’année » par la Radio-télévision sénégalaise.

La mission de sauvetage a attendu des jours durant des instructions du gouvernement de l’époque pour lui donner des instructions sur ce qu’il faut faire avec l’épave, mais rien ne vint, dit-il.

Ainsi, le Joola a été laissé là où il était, à une profondeur de 18m (59 pi) et à 20 km de la côte gambienne.

M. Diallo déclare que les leçons de la tragédie n’ont pas été tirées, que les autorités ont essayé de l’oublier en « abandonnant les victimes en mer ».

Adoulaye Wade, président à l’époque ferma le dossier abruptement, sans réelle réponse à offrir aux familles des victimes, frustrant des milliers de Sénégalais. Empêchant même la sortit de l’eau de l’épave du Joola, malgré l’offre de la France d’en payer les frais.

Quelques jours avant l’élection présidentielle de mars 2012, M. Wade annonçait qu’il construisait, et même mis qu’il avait mis en place une barrière autour de l’espace où il devait être érigée à Dakar, près de la mer. La construction n’a pas encore commencé.

Le président actuel Macky Sall, qui a pris ses fonctions en avril 2012, a insisté sur la transparence au sommet de ses priorités, et a ordonné des audits dans la plupart des projets controversés de son prédécesseur. Actuellement, les familles des victimes attendent impatiemment pour voir s’il va revenir sur la question sensible du Joola.

M. Diallo de l’association des familles des victimes a rencontré le nouveau Premier ministre il y a quelques jours, et a insisté sur l’importance de ramener le navire à la surface et d’entreprendre la construction d’un mémorial.

Selon lui, Macky Sall s’est dit ouvert à écouter les demandes des familles.

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