Reproduction du pli Premier jour du service postal américain marquant le 50e anniversaire de la construction de la route de l’Alaska.

La présence des Noirs dans le Grand Nord canadien

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En 1901, on recensait 17 437 Noirs au Canada. Au Yukon, ils étaient 99 sur une population de quelque 30 000 âmes, la plupart des nouveaux venus, comme le reste, attirés par la perspective de faire fortune au Klondike durant la ruée vers l’or.

Le climat de la majeure partie du Yukon est subarctique, caractérisé par des hivers longs et froids et des été courts et chauds. L’aérodrome de Snag, à 25 km à l’est de Beaver Creek près de la frontière avec l’Alaska, a enregistré la température la plus basse mesurée en Amérique du Nord, -63,0 °C, le 3 février 1947. La côte de l’Océan Arctique connaît un climat polaire.

Pour plusieurs, le Klondike était synonyme d’horizons nouveaux, l’endroit où l’on pouvait tout rêver et tout entreprendre – ou presque –, peu importe sa race, son origine ethnique, son statut social ou sa situation économique. Les Noirs ont gagné leur vie comme domestiques, barbiers, serveurs, musiciens, entrepreneurs, ouvriers et mineurs.

La présence des Noirs au Canada remonte au début de la colonisation. Aux quelques-uns arrivés avec les premiers Européens sont venus s’ajouter, en 1782, 3 000 esclaves auxquels le général britannique Guy Carleton avait accordé un certificat d’affranchissement et le passage vers le Canada en reconnaissance de leur engagement aux côtés des Anglais durant la guerre d’indépendance américaine. En 1835, l’esclavage était aboli dans tout l’Empire britannique.

La majorité des esclaves du Canada était d’origine amérindienne. C’est donc dire que la traite des Noirs n’était pas aussi importante au Canada qu’elle l’était en Louisiane et dans les 13 colonies britanniques. En effet, la main-d’œuvre dont avaient besoin les principales entreprises de la Nouvelle-France n’était pas aussi importante que celle dont dépendait la Nouvelle-Angleterre. L’économie, axée sur l’agriculture (et non la plantation), la pêche, et sur le commerce des fourrures, n’était pas fondée sur l’esclavage comme dans des colonies américaines méridionales. De plus, le pouvoir royal décourageait la traite des Noirs, préférant garder les esclaves pour les Antilles où la production nécessitait une plus grande main-d’œuvre. La plupart des esclaves d’origine africaine appartenaient à des particuliers.

La plupart des Noirs entrés au Canada dans les trente années qui suivirent fuyaient l’esclavage aux États-Unis, mais une fois celui-ci aboli, en 1865, nombre d’entre eux sont retournés vivre aux États-Unis. L’idylle fut de courte durée et avant la fin du 19e siècle, l’immigration noire avait repris, mue par les injustices sociales et les inégalités de droit qui n’avaient cesse, notamment dans le Sud américain encore à majorité rurale et aux prises avec la pauvreté et où la ségrégation entre Noirs et Blancs était rigoureusement exercée et la violence raciale, monnaie courante. Le Canada n’avait pas de lois ségrégationnistes telles que les lois de Jim Crow alors en vigueur aux États-Unis, mais des pratiques ségrégationnistes et discriminatoires avaient cours à plusieurs endroits.

Les lois Jim Crow est le surnom donné à toute une série d’arrêtés et de règlements promulgués généralement dans les municipalités ou les états du sud des États-Unis d’Amérique entre 1876 et 1964. Ces lois distinguaient les citoyens selon leur appartenance « raciale » et tout en admettant leur égalité de droit elles imposèrent une ségrégation de jure dans tous les lieux et services publics.

Lillian Mabel Taylor a vécu au ruisseau Livingstone et à Whitehorse de 1902 à 1913. Elle a travaillé comme cuisinière et blanchisseuse, en plus d’exploiter des concessions minières.

Lillian Mabel Taylor a vécu au ruisseau Livingstone et à Whitehorse, la capitale du territoire du Yukon, de 1902 à 1913. Elle a travaillé comme cuisinière et blanchisseuse, en plus d’exploiter des concessions minières.

Les plus importantes introduisaient la ségrégation dans les écoles et dans la plupart des services publics, y compris les trains et les bus.

La ségrégation scolaire a été déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis en 1954 (arrêt Brown v. Board of Education). Les autres Lois Jim Crow ont été abolies par le Civil Rights Act de 1964.

Après l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais, en décembre 1941, le gouvernement américain a décidé qu’il était impératif de relier l’Alaska au reste du pays par voie terrestre. Il ne s’agissait de rien de moins que de construire, par delà cinq chaînes de montagnes, une route de 2400 km traversant certains des coins les plus sauvages de la planète : une entreprise monumentale!

On confia au corps de génie de l’armée américaine la mission de réaliser le tracé préliminaire dans les contrées encore vierges. Comme la plupart des régiments de génie avaient déjà été envoyés au combat, le ministère de la guerre américain constitua de nouveaux bataillons, composés exclusivement de soldats noirs sous les ordres d’officiers blancs, comme le dictait la pratique ségrégationniste poursuivie à l’époque par l’armée américaine.

Parmi les nouvelles recrues, très peu avaient une formation en génie. Nombre d’entre elles venaient du sud des États-Unis et n’avaient jamais eu à affronter l’hiver. Par surcroît, elles devaient composer avec l’idée préconçue que les Noirs font de piètres soldats, incapables de s’acquitter convenablement de leurs fonctions en situation de stress. Pour couronner le tout, les officiers blancs étaient très contrariés d’avoir des Noirs sous leur commandement et le manifestaient ouvertement. En dépit de tous ces obstacles, les soldats noirs ont réussi à frayer une nouvelle route en seulement huit mois.

Les Afro-Canadiens ont participé à la défense du Canada depuis le début de la colonisation. Durant la Deuxième Guerre mondiale, on envisageait de les confiner dans des unités ségréguées, mais leur refus d’obtempérer fit céder les autorités et on les a finalement admis comme membres à part entière dans les unités régulières de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air.

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