Sous les Français, le prix moyen d’un esclave amérindien était de 400 livres et celui d’un esclave noir s’élevait à 900 livres en Nouvelle-France.

L’esclavage dans la Nouvelle-France

La Nouvelle-France était une colonie située en Amérique du Nord et ayant existé de 1534 à 1763. Elle faisait partie du premier empire colonial français et sa capitale était Québec.

Olivier Le Jeune, baptisé en 1633 en Nouvelle-France, ne fut pas le premier esclave du Nouveau Monde, mais bien le premier que l’on documente adéquatement. Le Jeune est non seulement le premier Noir que l’on connaît au-delà de son nom, mais aussi, le premier Noir amené directement d’Afrique qui ait été vendu comme esclave.

Sous les Français, le prix moyen d’un esclave amérindien était de 400 livres et celui d’un esclave noir s’élevait à 900 livres en Nouvelle-France.

Sous les Français, le prix moyen d’un esclave amérindien était de 400 livres et celui d’un esclave noir s’élevait à 900 livres en Nouvelle-France.

Olivier Le Jeune fut pris à Madagascar par les Britanniques et donné à David Kirke, qui lui et ses deux frères conquirent la ville de Tadoussac en 1628 puis la ville de Québec un an plus tard, avec la capitulation de Samuel de Champlain en 1629. Le Jeune fut vendu pour 50 écus à un jeune commis français puis donné à un ami de Champlain, un certain Guillaume Couillard. On pense que ce dernier l’aurait affranchie, puisqu’à sa mort en 1654, âgés d’un peu plus de trente ans, Olivier le Jeune fut reconnu comme un domestique. On ne recense aucun autre esclave noir jusqu’à la fin de ce siècle, malgré qu’à Montréal en 1670 on retrouve plusieurs traces d’esclaves amérindiens.

Durant le 17e siècle, l’esclavage en Nouvelle-France se perpétue sans fondement légal. La même situation pouvait s’observer au sud dans la colonie anglaise ou on a du attendre en 1660 avant de règlementer la pratique bestiale et c’est dans les années 1720 que la loi britannique chosifie le Noir, le réduit à l’état de bien. Du côté de la Nouvelle-France, cela prendra une génération de plus et l’esclavage englobera les Noirs mais majoritairement les Amérindiens par les effets de juristes hostiles, de lois tenues muettes, de désavantages politiques et économiques. En Nouvelle-France les fondements légaux de l’esclavage voient le jour entre 1689 et 1709. Avant 1663, la Compagnie des Cent-Associés fait la pluie et le beau temps sur la colonie. Ayant un besoin de profits rapides, la colonie se centre vers le commerce des fourrures qui nécessite peu de main d’oeuvre, donc très peu d’esclaves ou d’engagés sont transigé.

Quand le contrôle de la Nouvelle-France fut transféré de la Compagnie aux intérêts du roi Louis XIV en 1663, les besoins de la Nouvelle-France permutent en une colonie de peuplement. Jean-Baptiste Colbert un Contrôleur général des finances sous Louis XIV encourage le métissage entre Français et des Amérindiens pour revitaliser la colonie qui a besoin de plus de bras. L’intendant Jean Talon cherche quant à lui à en diversifier l’économie par l’agriculture, la pêche et l’exploitation forestière. Pour augmenter la population défaillante, il y introduit les Filles du roi, de jeunes femmes âgées de 15 à 30 ans aux origines modestes, pour procréer. C’est par cette pensée expansive que le recours à des esclaves prend forme.

En 1685, Louis XIV promulgue le Code Noir qui encadre l’esclavage dans les Antilles Française. Le gouverneur Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville y voit une opportunité de résoudre le problème chronique de travailleurs dans la colonie. En 1688 poussées par une appétence d’exploiter les ressources du territoire, le gouverneur Denonville et l’intendant Jean Bochart de Champigny font une demande formelle d’esclaves Noirs à la France. Aidés par un avocat en 1689, ils évoquent la théorie que l’esclavage serait profitable pour la colonie. Le roi accepte le 1er mai 1689, puis des guerres en Europe repoussent l’autorisation en 1701. De nouvelles guerres explosent en Europe rendant les voies maritimes dangereuses. Les colonies doivent compter sur leurs propres moyens pour obtenir des esclaves et en 1704, Paris déclare que les colonies n’existent que pour servir la mère patrie et ne doivent plus concurrencer dans le commerce. La Nouvelle-France se voit alors de nouveau acculée au commerce déclinant des fourrures, fermant la porte au besoin grandissant d’esclaves.

Du moins, l’esclavage connaît tout de même un certain essor. Les riches familles s’approprient un ou deux esclaves pour en faire des domestiques. Par contre, le mot « esclave » n’apparaît dans aucun registre de Nouvelle-France avant 1694, mais par la suite il devient plus courant, voire ordinaire.

Avec cet afflux d’esclaves, un nouvel encadrement s’impose. Entre 1706 et 1736 le nombre d’esclaves affranchis, ou prétendant l’être, croit rapidement amenant son lot de complications. Gilles Hocquart, le treizième intendant du Canada, publie une nouvelle ordonnance qui uniformisera l’affranchissement. Les accords verbaux ne seront plus suffisants, désormais pour clamer être libre, un esclave devra avoir un certificat notarié. Par contre même libre il ne pourra faire partie du clergé. L’esclave prendra le nom du maitre suite a un éventuelle baptême et il pourra se marier avec le consentement du maitre qui souvent, préalablement l’affranchira.

Alors combien d’esclaves en Nouvelle-France? On estime qu’il y a eu 3,600 esclaves dans la colonie en date de 1759, de ce nombre 1130 étaient des Noirs. En tout temps, il du y avoir environ 4000 esclaves en Nouvelle-France dont 43 tenus par le clergé. Les Français ont asservi une majorité d’Amérindiens tandis que les Anglais ont sévi chez les Noirs. 77.2% de tous les esclaves étaient des citadins vivant à Montréal, Québec et Trois-Rivières. Une minorité travaillait dans les champs ou les mines malgré l’emphase mise dans ces domaines par les intendants dans leurs demandes d’esclaves à la France.

En Nouvelle-France, les esclaves noirs étaient majoritairement des domestiques. C’est peut-être pour cette raison qu’ils vivaient un peu plus longtemps que les Amérindiens. En moyenne avec tous les abus subis, un esclave amérindien mourrait à l’âge de 18 ans tandis qu’un Noir rendait l’âme vers 25 ans. Certains Noirs ont vécus au-dessus des 80 ans tandis qu’aucun l’autochtone n’a atteint les 70 ans selon les registres.

Donc, l’économie de la Nouvelle-France basée sur le commerce des fourrures n’a pu être un ferment pour l’esclavage. En plus, beaucoup furent réticents à entraîner des Noirs dans le climat froid nord-américain. Mais avec la fin de la Nouvelle-France en 1763 et le déferlement des rebelles britanniques provenant colonies plus au Sud, un nouveau souffle sera donné l’esclavage au Canada.

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  1. Gilles Bertrand
    Mai 23, 2015 - 07:54

    Complètement fou!

    Répondre
  2. Serge Larose
    Mai 23, 2015 - 01:30

    Ouin aboli.esclavage noir … plustot ils ont au lieu propager cette esclavage a toute etre humain alors plus egal pour tout le monde.. un sarcasme mais une vérité..

    Répondre

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