James commença à militer très tôt pour l'indépendance de son pays et défendait l'idée d'une fédération des Antilles britanniques (cette fédération vit le jour après l'indépendance, mais ne dura que quelques années). Il œuvra toute sa vie pour la révolution prolétarienne mondiale et pour la cause du panafricanisme.

Cyril Lionel Robert James, l’intellect sans frontière

L’idée d’États Noirs fédérés sous une bannière unique n’est pas exclusive à l’Afrique. Dans les Caraïbes, ce mouvement identitaire s’est aussi fortement érigé avec le Trinidadien Cyril Lionel Robert James.

Le 4 janvier 1901, sur l’ile de Trinité et Tobago, Cyril Lionel Robert, un fils d’instituteur et d’une bibliophile, vit le jour. Historien, romancier avec un penchant assumé pour Shakespeare, à 19 ans C.L.R. James devint lui-même instituteur.

Comme la plupart des intellectuels de l’époque, la vie coloniale insulaire était perçue par C.L.R. James comme une limitation et une frustration.  Bien que brillant, la couleur noire prononcée de sa peau fut un frein pour ses aspirations.

James commença à militer très tôt pour l'indépendance de son pays et défendait l'idée d'une fédération des Antilles britanniques (cette fédération vit le jour après l'indépendance, mais ne dura que quelques années). Il œuvra toute sa vie pour la révolution prolétarienne mondiale et pour la cause du panafricanisme.

James commença à militer très tôt pour l’indépendance de son pays et défendait l’idée d’une fédération des Antilles britanniques (cette fédération vit le jour après l’indépendance, mais ne dura que quelques années). Il œuvra toute sa vie pour la révolution prolétarienne mondiale et pour la cause du panafricanisme.

James quitte son pays natal en 1932 pour le Lancashire en Angleterre où il aida son ami, le joueur de cricket antillais Learie Constantine (le futur Lord Constantine) à écrire ses mémoires. Déjà à cette époque, il soutenait que la Grande-Bretagne et les autres puissances européennes devaient lâcher leur mainmise sur la région des Caraïbes. Il passe quelque temps en France puis part aux États-Unis en 1938, où il milite pour les droits des Noirs. Cet exil salvateur lui permit d’analyser de l’extérieur l’état de la Caraïbe.

Dans les années 30, Cyril Lionel Robert James baignait dans les idées révolutionnaires du communiste. Il débattait avec Marcus Garvey de l’importance du mouvement Harlem Renaissance et des idées de la Négritude qui étaient alors véhiculées par Aimé Césaire et Léopold Senghor.

Très vite, Cyril Lionel Robert James eut une énorme influence sur la veine radicale des penseurs Noirs. Son éditeur Frederick Warburg dira de lui: « Si la politique était sa religion et Marx son dieu, la littérature sa passion, Shakespeare le prince des dramaturges, le cricket, lui, était l’activité qu’il chérissait.»

En 1938, Cyril Lionel Robert James publie « Les Jacobins Noirs, un ouvrage majeur, un impératif pour toutes personnes s’intéressant à l’Histoire d’Haïti et de la Caraïbe. Le protagoniste de l’œuvre est Toussaint Louverture, ancien esclave, maître stratège plongé dans une guerre civile de onze ans dans le St Domingue colonial pour chasser l’oppresseur.

Les Jacobins Noirs démontre que “la Révolution française n’était pas une expérience insurrectionnelle limitée à l’Europe. En raison de ses origines d’esclave dans un pays colonisé et du courant incontestable de l’idéologie de la Révolution française qu’il a imbibée et soutenue, Toussaint L’Ouverture devient, selon une lecture de James, non seulement le dirigeant extraordinaire d’une révolte insulaire, mais l’apogée des doctrines révolutionnaires qui sous-tendaient la Révolution française .

Ouvrage historique remarquable, le message politique y est sans équivoque, car James est convaincu que seule la révolution en Afrique pouvait mettre terme à la colonisation européenne qui régnait.

La stature de penseur marxisme du 20e siècle qu’avait James ne fit que s’accroître . C’est grâce à Cyril Lionel Robert James que des panafricanistes comme Kwame Nkrumah et George Padmore se rencontrent.

C.L.R. James n’entretenait aucune illusion quant aux défis que devait surmonter l’Afrique postcoloniale, ni sur les responsables de sa déroute :

Dans le meilleur des cas, l’avenir de l’Afrique est un avenir fait de bouleversements, de stress et de tiraillements, de révolutions et de contre-révolutions, de différends entre les tribus et les entités nationales, compliqués par les litiges entre les puissances européennes et les Africains et entre les puissances européennes elles-mêmes. C’est pure chimère de penser que les puissances impérialistes seront les guides qui permettront à l’Afrique de sortir de ces remous. Ils en sont responsables. Ce sont eux qui rendent les choses plus difficiles encore pour les Africains dans la quête de la juste voie à emprunter.

James passe les dernières années de sa vie en Angleterre à Brixton, quartier de Londres célèbre pour sa communauté afro-caribéenne. Loin d’être oublié, il eut une influence considérable sur la jeune génération de militants de la cause noire et de l’extrême gauche. Il meurt à 88 ans en 1989. Sa pierre tombale porte l’inscription : Au delà des Limites…

Similairement à l’Afrique coloniale des années 40, 50, la Caraïbe est encore aujourd’hui particulièrement attachée aux intérêts de ses métropoles, des pouvoirs coloniaux persistants, anglais, français ou hollandais qui ont des priorités diamétralement opposées a celles des nations indépendantes de la région.

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