Robyn Maynard au lancement de son livre NoirEs sous surveillance le 25 octobre 2018

Robyn Maynard lance son dernier livre, NoirEs sous surveillance, à la librairie Racines dans Montréal-Nord

Jeudi, le 25 octobre 2018, les résidents nord-montréalais recevaient une visite de marque à la librairie Racines. L’auteure activiste, féministe Robyn Maynard lançait son dernier livre intitulé NoirEs sous surveillance:  Esclavage, Répression, Violence d’État au Canada.

Le contexte choisi pour ce lancement est exemplaire et parle vrai. C’est  dans l’arrondissement de Montréal-Nord,  qui additionnent profilages raciales excessifs, marginalisation d’une population à forte densité de migrants et qui de plus, soulignait le 21 septembre 2018, les dix ans de la mort du jeune Fredy Villanueva, abattu froidement par les services policiers du quartier, que le lancement a eu lieu.

Un peu après 18 h dans la librairie Racines fondée par Gabriella Kinté, dans une librairie pleine à craquer, Rito Joseph animait l’heure de questions et réponses dirigées vers la militante Robyn Maynard.

Rodney Saint-Eloi

Rodney Saint-Eloi

Sur les origines du livre, Robyn Maynard s’explique: « Lorsqu’ils jouent au basketball ou attendent le métro, les Noirs se font constamment harceler par les forces policières. C’est quelque chose qui me touche, que les communautés noires n’ont pas le droit à l’espace public. Les médias diront “Ce qui disent les activistes …” que c’est une perception, mais c’est une réalité.»

L’auteure-activiste-féministe poursuit: « Ce qui est important de savoir est qu’au Canada il y avait un système de contrôle racial qui a duré plusieurs centaines d’années qui était l’esclavage. Les Noirs étaient considérés comme une propriété. Et ça, au Canada c’est quelque chose de méconnu, on n’apprend pas cela dans nos écoles, même à l’Université ce n’était pas mentionné. Après l’abolition de l’esclavage, en 1834, on a vu que les  institutions publiques telles que le milieu carcéral, les services sociaux, le contrôle des douanes ont conservé la même philosophie basée sur l’esclavage des Noirs.»

Pour la sortie du livre NoirEs sous surveillance, originellement en anglais, titré Policing Black Lives: State violence in Canada from slavery to the present, Robyn Maynard a choisi les éditions Fernwood comme éditeur. Un choix calculé puisque, fondés en 1991, ils affirment sur leurs site web, « offrir une voix alors que les corporations tentent d’imposer le silence.»

Policing Black Lives: State violence in Canada from slavery to the present est un best-seller national. Il en est actuellement à sa troisième édition. Il a été largement salué depuis sa parution. Il a été désigné comme l’un des «100 meilleurs livres de 2017 » par le Hill Times.  Cet ouvrage a également fait l’objet d’une critique élogieuse par le Publishers Weekly et le Toronto Star, le Globe and Mail et le magazine Maclean’s.

Rodney Saint-Éloi de la maison d’édition Mémoire d’Encrier, éditeur du livre à qui l’on doit la version française de l’oeuvre NoirEs sous surveillance de Roby Maynard s’exprime sur l’importance de l’action:  » Il y a pleins de vérités qu’on a pas dites aux sociétés. C’est une histoire du Canada qu’on ne connaît pas. Pour nous, à Mémoire d’Encrier, notre objectif est de poser la condition noire.  Non pas les Noirs contre les Blancs, mais la vie des Noirs,  pour que la société avance, parce que si les Noirs n’ont pas d’avenir ici, le Canada n’a pas d’avenir.»

Les médias québécois exposent une fois de plus leur inconfort face à la population migrante, racisée. Malgré la notoriété de l’auteure et du sérieux du sujet traité, aucun politique, ni média de masse québécois ne s’est pointé à la librairie afro-centriste Racines pour la sortie officielle du livre.  Les résidents du quartier dont plus de deux résidents sur trois sont issus directement ou indirectement de l’immigration (67 % des citoyens sont en effet soit nés à l’étranger, ou  ont au moins un de leurs deux parents nés à l’extérieur du Canada), se sont pourtant, eux, massés dans la librairie afrocentriste qui tient pied sur la rue Henri-Bourassa.

Et ce n’est pas que les habitants du quartier de 85.000 âmes qui ont tiré parti de la précieuse présence de la militante féministe Robyn Maynard. Plusieurs adeptes de l’auteure,  étudiants étrangers, Noirs ou Blancs, dont Nadhuir Mohamady, natif d’un arrondissement parisien et curieux d’en apprendre plus sur les violences policières bien réelles au Canada envers sa population afro-canadienne, se sont déplacés dans l’arrondissement qui compte, dans l’ordre comme principal pays d’origine de ses migrants: Haïti, l’Algérie, l’Italie, le Maroc et le Liban.

Le Canada excelle dans l’art d’enjoliver sa réputation sur les panels internationaux quant au traitement qu’il inflige à ses minorités visibles alors que les chiffres démontrent une situation alarmante, préoccupante, dévoilée récemment par un rapport de l’ONU sur le quotidien des Afro-Canadiens, tenu une fois de plus muet par les médias canadiens convergés.  Ce travail effectué par Robyn Maynard avec son livre NoirEs sous surveillance:  Esclavage, Répression, Violence d’État au Canada (Policing Black Lives: State violence in Canada from slavery to the present) est un must pour celles et ceux qui veulent saisir l’Histoire afro-canadienne qu’on ose les avouer.

 

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