L'icône mondiale du R&B, Robert Sylvester Kelly (52 ans) mieux connu sous le nom de R. Kelly, s'est vue lapidée publiquement par une série documentaire américaine Surviving R. Kelly

R. Kelly: monstre ou icône?

La semaine dernière, l’icône mondiale du R&B, Robert Sylvester Kelly (52 ans) mieux connu sous le nom de R. Kelly, s’est vue lapidée publiquement par une série documentaire américaine Surviving R. Kelly. Des révélations-chocs accusent la vedette américaine de pédophilie, pornographie infantile, voire même d’être à la tête d’une secte qui laverait le cerveau de jeunes femmes noires. Le plus inquiétant dans cette série documentaire de six épisodes, est que les derniers faits reportés ne datent que de quelques mois.

Très vite, comme dans les cas de Bill Cosby ou celui de Michael Jackson, un clivage entre les fans s’est fait pour celui qui fut nommé artiste n ° 1 du R&B des 25 dernières années par Billboard. Les inconsidérés dénoncent une tactique médiatique pour salir une importante figure publique noire qui a apporté une contribution extraordinaire à la culture; les autres exigent que la loi fasse son travail, alors que d’autres proposent un musellement de la star avec le mouvement #MuteRKelly qui s’amplifie.

L'icône mondiale du R&B, Robert Sylvester Kelly (52 ans) mieux connu sous le nom de R. Kelly, s'est vue lapidée publiquement par une série documentaire américaine Surviving R. Kelly

Le service de diffusion de musique en continu Spotify a annoncé le 10 mai 2018 qu’il cesserait de promouvoir ou de recommander la musique de R. Kelly. Spotify a déclaré: « Nous ne censurons pas le contenu en raison du comportement d’un artiste ou d’un créateur, mais nous voulons que nos décisions éditoriales – ce que nous choisissons de programmer — reflètent nos valeurs ». Deux jours plus tard, Apple Music et Pandora ont également annoncé qu’ils ne représenteront plus ni ne feront la promotion de la musique de R. Kelly.

Déjà en 2008, après avoir réglé plusieurs cas hors cours, un verdict dramatique (qui a semblé étonner ses propres avocats grassement payés), la star de R&B, âgée alors de 41 ans, a été blanchie de quatorze chefs d’accusation de pornographie infantile. Une vidéo d’ébats sexuels entre prétendument R. Kelly et une jeune ado de quatorze ans était au centre de l’histoire.  Quinze témoins (parmi eux d’autres jeunes maîtresses de Kelly qui ont participé à ces ébats sexuels embarrassants avec la jeune victime ainsi que des membres de la famille de celle-ci) ont identifié la victime présumée comme étant la jeune fille sur la fameuse sextape de 27 minutes, et une douzaine d’entre eux ont identifié R. Kelly comme étant le pédophile dans la vidéo. Mais le jury en a décidé autrement, il ne pouvait en être certain. Robert Kelly a déclaré que ce n’était pas lui.

En se fiant au documentaire Surviving R. Kelly, les victimes de R. Kelly sont exclusivement des femmes noires. Certaines jeunes femmes de 17 ans, battues, séquestrées, affamées si elles n’obéissent pas aux doigts et à l’oeil du chanteur R & B, n’ont pas revu leurs parents depuis plusieurs  années. D’ailleurs, en mai 2017, le docu a filmé en live la libération d’une de ces jeunes captives d’un hôtel de Beverly Hills par une mère obstinée. D’autres de ces parents afro-américains, au cœur tout aussi démoli, n’ont pas eu cette « chance » et attendent toujours des nouvelles de leurs filles après des années de silence.

On ne peut que se poser l’inévitable question : « Quelle justice pour ces jeunes femmes noires? Si elles avaient été de jeunes blanches, la Justice aurait-elle eu des dents plus aiguisées? Cette perceptible double justice existe-t-elle vraiment? Peut-être bien. Alors qu’il avait seulement 16 ans, pour avoir agressé sexuellement entre 2005 et 2006, neuf femmes et adolescentes exclusivement blanches,  en 2009 un jeune Noir de Montréal-Nord a reçu une peine extraordinaire pour adultes de huit ans de pénitencier. De plus pour ajouter à la lourde sentence, ce fut la première et unique fois qu’un mineur s’est vu mettre le chapeau de délinquant à contrôler par la Justice canadienne. Aux États-Unis, ces cas sont légions.

L’histoire de R. Kelly n’a pas fini de faire couler de l’encre. Suite à la diffusion de la série documentaire Surviving R. Kelly de nouvelles victimes ont contacté les services policiers et une investigation criminelle est nouvellement en cours dans l’état de la Géorgie. Même la fille de Robert Kelly, Johann Lee Kelly (Buku Abi) qualifie maintenant ouvertement son père de monstre et laisse tomber « ça va encore plus loin que ça« .

Maintenant que la vie excessive de R. Kelly est portée à la loupe, celle du défunt roi de la pop, Michael Jackson suivra obligatoirement avec la docusérie à venir Leaving Neverland. Cette série de deux documentaires, totalisant quatre heures de visionnement, dresse un portrait d’expériences de deux jeunes garçons, James Safechuck, âgé de dix ans, et Wade Robson, âgé de sept ans, avec Michael Jackson. Le docu démontre l’intérêt de rompre le silence, même lorsqu’il implique une figure puissante et vénérée. Leaving Neverland sera diffusé en première sur HBO et Channel 4 ce printemps. Une autre importante icône noire sera plausiblement immolée publiquement.

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