Patrice Lumumba fut très regretté après sa mort par toute la communauté des pays non-alignés, y compris par un de ses bourreaux, le général Mobutu qui le consacra héros national en 1966.

Patrice Lumumba, le verbe

Patrice Lumumba fut très regretté après sa mort par toute la communauté des pays non-alignés, y compris par un de ses bourreaux, le général Mobutu qui le consacra héros national en 1966.

Patrice Lumumba fut très regretté après sa mort par toute la communauté des pays non-alignés, y compris par un de ses bourreaux, le général Mobutu qui le consacra héros national en 1966.

Patrice Émery Lumumba (né le 2 juillet 1925 à Onalua, Congo belge – assassiné le 17 janvier 1961 au Katanga) est le premier Premier ministre de la République démocratique du Congo de juin à septembre 1960. Il est, avec Joseph Kasa-Vubu, l’une des principales figures de l’indépendance du Congo.

Patrice Émery Lumumba est considéré au Congo comme le premier « héros national ». Il a en effet été assassiné par des responsables katangais avec l’assentiment de la sureté de l’État belge, puissance coloniale du Congo.

Patrice Lumumba est né à Onalua (territoire de Katako-Kombe au Sankuru, Congo belge, dans l’actuelle République démocratique du Congo). Il fréquente l’école catholique des missionnaires puis élève brillant, une école protestante tenue par des Suédois. Jusqu’en 1954 (année de la fondation d’un réseau d’enseignement laïque et de la première université) la Belgique coloniale n’a que peu développé le système d’éducation, entièrement confié aux missions religieuses, l’école ne donne qu’une éducation rudimentaire et vise plus à former des ouvriers ou des clercs, mais Lumumba autodidacte, se plongera dans des manuels d’histoire pour étudier plus en profondeur la Révolution française, l’histoire d’Haïti, des États-Unis et de la Russie.

Il travailla comme employé de bureau dans une société minière de la province du Sud-Kivu jusqu’en 1945, puis comme journaliste à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) et Stanleyville (Kisangani), période pendant laquelle il écrivit dans divers journaux.

En septembre 1954, il reçoit sa carte d’«immatriculé», réservée par l’administration belge à quelques éléments remarqués du pays (200 immatriculations sur les 13 millions d’habitants de l’époque).

Il découvre en travaillant pour la société minière que les matières premières de son pays jouent un rôle capital dans l’économie mondiale, mais aussi que l’administration coloniale cache aux Congolais ce potentiel présent dans les frontières – par ailleurs arbitraires – du pays. Il milite alors pour un Congo uni, se distinguant en cela des autres leaders indépendantistes.

En 1955, il crée une association « APIC » (Association du personnel indigène de la colonie) et aura l’occasion de s’entretenir avec le roi Baudouin en voyage au Congo, sur la situation des Congolais.

Le ministre du Congo de l’époque, Auguste Buisseret veut faire évoluer le Congo et notamment mettre en place un enseignement public. Lumumba adhère au parti libéral avec d’autres notables Congolais. Avec plusieurs d’entre eux, il se rend en Belgique sur invitation du premier ministre.

En 1956, il est emprisonné un an. Libéré par anticipation, il reprend ses activités politiques et devient directeur des ventes d’une brasserie.

Le gouvernement belge prend quelques mesures de libéralisation : syndicats et partis politiques vont être autorisés en vue des élections municipales qui doivent avoir lieu en 1957. Les partis politiques congolais sont parrainés par ceux de Belgique et Lumumba est d’abord inclus dans l’amicale libérale.

En 1958, à l’occasion de l’exposition universelle, des Congolais sont invités en Belgique. Mécontents de l’image peu flatteuse du peuple congolais véhiculée par l’exposition, Lumumba et quelques compagnons politiques nouent des contacts avec les cercles anticolonialistes. Dès son retour au Congo, il crée le Mouvement national congolais (MNC), à Léopoldville le 5 octobre 1958 et, à ce titre, participe à la conférence panafricaine d’Accra. Il peut organiser une réunion pour rendre compte de cette conférence au cours de laquelle il revendique l’indépendance devant plus de 10 000 personnes.

Premiers démêlés politiques en octobre 1959 : le MNC et d’autres partis indépendantistes organisent une réunion à Stanleyville. Malgré un fort soutien populaire, les autorités belges tentent de s’emparer de Lumumba – ce qui provoque une émeute qui fait une trentaine de morts. Lumumba est arrêté quelques jours plus tard, est jugé en janvier 1960 et condamné à 6 mois de prison le 21 janvier.

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En même temps les autorités belges organisaient des réunions avec les indépendantistes auxquelles participe finalement Lumumba, qui est donc libéré de facto le 26 janvier. À la surprise générale, la Belgique accorde au Congo l’indépendance qui est fixée au 30 juin 1960. Lors de la cérémonie d’accession à l’indépendance du pays, le 30 juin 1960, il prononce un discours virulent dénonçant les abus de la politique coloniale belge depuis 1885. Au lieu de s’adresser au roi des Belges présents à la cérémonie, et qui venait de prononcer un discours convenu et paternaliste, Lumumba commença son allocution par une salutation « aux Congolais et Congolaises, aux combattants de l’indépendance… » Son discours proclamait vivement que l’indépendance marquait la fin de l’exploitation et de la discrimination, le début d’une ère nouvelle de paix, de justice sociale et de libertés.

Le MNC et ses alliés remportent les élections organisées en mai et, le 23 juin 1960, Patrice Émery Lumumba devient le premier ministre du Congo indépendant. Néanmoins, en attendant la formation des premières promotions d’officiers congolais, une grande partie des cadres de l’armée restent belges et les soldats noirs se révoltent, tuant les officiers blancs et violant les femmes belges. Pratiquement tous les cadres belges prendront alors la fuite.

Lumumba décrète l’africanisation de l’armée et double la solde des soldats. La Belgique répond par l’envoi de troupes pour protéger ses ressortissants au Katanga (riche région minière, dominée par la puissante entreprise qu’était l’Union minière du Haut Katanga) et soutient la sécession de cette région menée par Moïse Kapenda Tshombé. En septembre 1960, le président Joseph Kasa-Vubu révoque Lumumba ainsi que les ministres nationalistes. Lumumba déclare alors qu’il restera en fonction. À sa demande, le parlement acquis à sa cause révoque le président Kasa-Vubu.

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