L'ancien président tchadien Hissène Habré lève le poing en signe de victoire alors qu'il quitte un tribunal de Dakar, escorté par un policier sénégalais le 18 novembre 2005

Le Sénégal empêche le procès de Hissène Habré pour crimes contre l’humanité

L'ancien président tchadien Hissène Habré lève le poing en signe de victoire alors qu'il quitte un tribunal de Dakar, escorté par un policier sénégalais le 18 novembre 2005

L'ancien président tchadien Hissène Habré (droite) lève le poing en signe de victoire alors qu'il quitte un tribunal de Dakar, escorté par un policier sénégalais le 18 novembre 2005

Certains groupes de droits de l’homme ont accusé, le jeudi 9 juin 2011, le Sénégal de retarder que la justice soit rendue au Tchad dans l’affaire de l’ex-président Hissène Habré et ont demandé qu’il soit extradé vers la Belgique afin de subir son procès pour les présumées atrocités qu’il aurait commis sous son règne.

Selon une coalition de ses présumées victimes et des groupes de droits, aujourd’hui, est la dernière chance d’obtenir justice pour les crimes dont Hissène Habré est accusé avec son extradition vers la Belgique.

Hissène Habré vit au Sénégal depuis son renversement du pouvoir après  avoir fuit son propre pays en 1990 après huit années au pouvoir.

Hissène Habré, chef des Forces armées du Nord (FAN) renversa Goukouni Oueddei le 7 juin 1982 pour occuper le poste de président de la République. Le poste de Premier ministre fut supprimé le 19 juin et plusieurs opposants politiques furent exécutés. Habré transforma les FAN en armée régulière (FANT), puis créa une police politique, la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS ) responsable de milliers d’enlèvements et d’assassinats politiques. Des milliers de ses opposants politiques, membres de leur famille, et les membres de certains groupes ethniques auraient été torturés et tués au cours de son temps au pouvoir.

Le Gouvernement d’union nationale de transition (GUNT), animé par Goukouni Oueddei, chassé du pouvoir par les forces d’Hissène Habré, se retire dans le nord du Tchad. Il est aidé par la Libye qui annexe depuis 1973 la bande d’Aozou.

La guerre s’aggrave en 1983 et les forces libyennes de Mouammar Kadhafi occupent le nord du Tchad jusqu’à la contre-offensive des forces d’Habré qui aboutit en mars 1987 à la reconquête du Nord avec le soutien de l’armée française (Opération Manta (Tchad)) et État.

Hissène Habré (né en 1942 à Faya-Largeau) est actuellement réfugié au Sénégal et inculpé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture

Hissène Habré (né en 1942 à Faya-Largeau) est actuellement réfugié au Sénégal et inculpé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture

L’aide de la France et des États-Unis a été décisive. L’occupation libyenne de Mouammar Kadhafi pris fin en mars 1987. Un cessez-le-feu a été signé en septembre 1987, consacrant la victoire d’Habré. Les relations diplomatiques furent rétablies en octobre 1988.

Un rapport officiel de la commission-vérité en 1992 a accusé le régime de M. Habré d’avoir commis quelque 40 000 assassinats politiques.

Des ONG ont dénoncé le retrait du Sénégal des négociations de l’Union Africaine le mois dernier qui devait aboutir à la création d’un tribunal afin de juger Hissène  Habré. «Nous aurions aimé voir M. Habré jugé en Afrique, a déclaré Jacqueline Moudeina de l’Association pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme. Mais après 11 années de retards et de déceptions, c’est la dernière paille que nous tirons. Nous devons nous mettre à l’idée que l’intention du  Sénégal de juger M. Habré n’était qu’une illusion. »

Les ONG accusent le président du Sénégal, Abdoulaye Wade d’ingérence politique.

«Avec cette dernière manoeuvre inattendue et honteuse, le Président Wade a finalement laissé tomber son masque», a déclaré Alioune Tine de l’Assemblée Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme.

M. Habré a été inculpé au Sénégal en février 2000, mais l’acte d’accusation a été rejeté par une cour d’appel de Dakar sur les bases que les crimes contre l’humanité, dont il était accusé, ne faisaient pas partie du droit pénal sénégalais. Le Sénégal a, depuis, modifié son code pénal, mais aucun procès n’a encore commencé.

En septembre 2005, la Belgique a délivré un mandat d’arrêt international contre M. Habré après que plusieurs victimes présumées de son régime ont déposé des plaintes devant les tribunaux belges, mais le Sénégal a refusé de l’extrader.

Le 15 août 2008, il est condamné à mort par contumace pour crimes contre l’humanité par un tribunal de N’ Djaména.

Bruxelles a alors introduit l’affaire à la Cour internationale de Justice à La Haye en 2009, cherchant à contraindre le Sénégal de juger l’ancien président ou de l’extrader vers la Belgique pour entamer le procès. La décision devrait être rendue l’année prochaine.

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