Rafael Leónidas Trujillo Molina (San Cristóbal, 24 octobre 1891- Ciudad Trujillo, 30 mai 1961) est un militaire et homme politique dominicain qui fut à deux reprises le président de la République dominicaine, mais de 1930 à sa mort en 1961, il exerce un pouvoir sans partage sur le pays, même sans titre officiel, il était El Jefe (Le Chef).

Le Festin du Bouc: l’histoire du dictateur dominicain, Rafael Trujillo

En termes de dénonciation d’une dictature sanguinaire, c’est une oeuvre à la fois instructive et agréable, véridique mais sans lourdeur ni violences gratuites.

Rafael Leónidas Trujillo Molina (San Cristóbal, 24 octobre 1891- Ciudad Trujillo, 30 mai 1961) est un militaire et homme politique dominicain qui fut à deux reprises le président de la République dominicaine, mais de 1930 à sa mort en 1961, il exerce un pouvoir sans partage sur le pays, même sans titre officiel, il était El Jefe (Le Chef).

Rafael Leónidas Trujillo Molina (San Cristóbal, 24 octobre 1891- Ciudad Trujillo, 30 mai 1961) est un militaire et homme politique dominicain qui fut à deux reprises le président de la République dominicaine, mais de 1930 à sa mort en 1961, il exerce un pouvoir sans partage sur le pays, même sans titre officiel, il était El Jefe (Le Chef).

Il s’agit d’un nouveau film. ‘La fiesta del chivo’ (traduisez ‘Le festin du bouc’). Il est tiré d’un best seller, le roman de Mario Vargas Llosa, sur le dictateur dominicain, Rafael Trujillo.

Le film suit le cours général du roman, comme si le romancier avait déjà écrit lui-même le scénario.

Les faits rapportés sont vérifiables historiquement. Beaucoup tirés d’un livre-reportage du journaliste investigateur Bernard Diederich (qui a vécu personnellement cette période historique à cheval entre Haïti et la République dominicaine). Et qui avait protesté lors de la sortie du roman de Vargas Llosa que celui-ci n’ait point reconnu les emprunts faits à son ‘Trujillo, la mort du dictateur’.

Cependant aux faits historiques connus, le romancier ajoute sa touche personnelle, spécialement en imaginant entre le dictateur et une fille de 14 ans un rendez vous raté parce que celui qui réclame comme les seigneurs d’autrefois sur leurs sujets le droit de cuissage, et qui se prétend l’égal de Dieu (‘Dios y Trujillo’) n’a pu satisfaire ce jour-là son désir de vieillard lubrique, pervers et impuissant. Ecumant de rage, il finit par enfoncer tout son bras dans le corps de la petite etc.

Bien que ce ne soit pas totalement fictif, Trujillo comptant parmi ses pires forfaits l’assassinat de trois sœurs (‘les sœurs Mirabal’) parce que l’une d’entre elles avait su résister à ses avances.

C’est le dernier d’une série d’actes provocateurs qui l’un après l’autre vont alimenter la haine qui finira par faire tomber la tête du dictateur le plus affreux du continent, Rafael Leonidas Trujillo y Molina, trente ans de règne absolu et sanguinaire, sous la protection de Washington, mais finalement abattu le 30 mai 1961 par un petit groupe de comploteurs sans aucune appartenance politique ni idéologique, mais tous des anciens serviteurs du dictateur qu’il avait contribué à monter contre lui par ses manières de brute bourrée de complexes.

De naissance modeste, il ne pardonna jamais à la bourgeoisie du pays ce qu’il appelle lui-même son ‘pedigree’. Prenant sa revanche en volant leur femme aux officiers de sa garde présidentielle ou aux officiels de haut rang. La petite de 14 ans est la fille d’un puissant sénateur que le dictateur avait viré en l’espace d’une seconde pour avoir osé seulement lui dire la vérité. Et que les sanctions que menaçaient de prendre les Etats-Unis pouvaient faire capoter le régime.

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Mais Trujillo ne voulait rien savoir. Oui, parce que finalement les Etats-Unis ainsi que l’église catholique avaient fini par prendre leur distance.

Pour la simple raison que le dictateur avait fini par dépasser les bornes. C’est l’affaire Galindez, l’écrivain espagnol vivant aux Etats-Unis, Jesus de Galindez, que Trujillo n’hésita pas à faire enlever pour l’amener à lui en son palais de Santo Domingo. Et après l’avoir abreuvé d’injures, il l’abandonna à ses bourreaux.

Le New York Times se saisit de l’affaire Galindez et ne lâcha plus le morceau. L’investigation mit à nu la main du dictateur. Washington ne put rester indifférent puisque l’assassinat avait été pratiquement perpétré dans la cour même des Etats-Unis.

Des sanctions furent brandies. Mais Trujillo répondit qu’il s’en moque. Et que les Américains peuvent envoyer les Marines, l’aviation, la Navy, et même la bombe atomique si ça leur chante, mais qu’il faudra tuer Trujillo pour se débarrasser de lui.

Il se moqua tout autant des sanctions de l’OEA (Organisation des Etats Américains) après que sa main fut découverte également dans une tentative d’assassinat ratée contre le président du Venezuela Rómulo Betancourt.

La mégalomanie de Trujillo est bien connue (ainsi que sa cruauté: 10 mille immigrants haïtiens assassinés par ses ordres en 1937 dans les localités frontalières, voir le roman de Jacques Stephen Alexis, ‘Compère Général Soleil’) mais la particularité de ce film c’est de nous faire vivre aussi la progression de la paranoïa qui s’empare également du personnage au fur et à mesure qu’il se dirige lui-même vers sa fin. A force de provocations insultantes envers son entourage. A force de haine aussi vis à vis de collaborateurs mais qu’ils considèrent socialement au-dessus de lui. Et qu’il pousse indirectement lui-même vers la conjuration qui l’emportera. Conjuration et non complot. Comme l’assassinat de Jules César.

Car la police politique de Trujillo était si bien organisée qu’aucun complot politique, ni idéologique (l’accusation de communiste, vraie ou fausse, correspondait à un arrêt de mort exécuté sur le champ), n’aurait pu l’emporter.

Seul une conjuration avec la complicité du palais, de l’entourage du dictateur, qui pouvait avoir raison de lui.

Ce fut le cas. Au point que le commando qui lui a tendu l’embuscade fatale, se retrouva brusquement devant une situation inattendue: que faire du cadavre? Celui-ci resta plusieurs heures dans le coffre arrière d’une voiture.

Car sans attache avec aucun groupe politique organisé, il n’y avait pas de plan B, comme on dit.

Ces braves qui ont libéré leur pays du plus affreux des tyrans, n’avaient pas pensé non plus à un endroit où se cacher. Il fallait pour réussir, être sans peur et sans reproche. Ils furent donc retrouvés presque tous et liquidés.

On remarquera en passant que ce sont des fils de la bourgeoisie dominicaine qui ont débarrassé eux-mêmes leur pays du monstre.

Est-ce pourquoi aussi on dit que chez nos voisins il existe bien une bourgeoisie nationale!

‘La fiesta del chivo’ (‘Le festin du bouc’). Malheureusement le film n’existe pas encore en version française. Espérons que c’est pour bientôt.

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