Malam Shehu NNPC Ladan (à droite) serre la main de la China State Construction Engineering Corporation Yu Zhende en mai (photo AFP)

Nouvel investissement agressif de la Chine en Afrique, cette fois au Nigeria pour 8 milliards de dollars

Malam Shehu NNPC Ladan (à droite) serre la main de la China State Construction Engineering Corporation Yu Zhende en mai (photo AFP)

Malam Shehu NNPC Ladan (à droite) serre la main de la China State Construction Engineering Corporation Yu Zhende en mai (photo AFP)

LAGOS – La Chine a signé un accord pour construire une raffinerie de huit milliards de dollars au Nigeria, a déclaré mardi un fonctionnaire du gouvernement, dans un nouvel exemple de l’investissement agressif de Pékin en Afrique.

Un accord pour établir une raffinerie capable de produire 300.000 barils de pétrole brut par jour a été scellé entre le gouvernement l’État de Lagos au Nigéria, la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) et un consortium d’investisseurs chinois connu sous le nom de China State Construction Engineering Corporation Limited.

L’accord a été révélé hier lors de la visite conjointe de la NNPC, des sociétés chinoises, des agents du gouvernement l’État de Lagos au bureau du gouverneur à Ikeja.
Il a été indiqué que la raffinerie coûterait 8 milliards de dollars et sera cofinancé par le gouvernement l’État de Lagos, le NNPC et des sociétés chinoises, en vertu d’une entente de partenariat public-privé (PPP). La raffinerie sera située dans la zone de libre-échange de Lekki (Lekki Free Trade Zone – LFTZ ).

Le consortium d’investisseurs chinois assumera 80 pour cent du financement de laissera le 20 pour cent restants à la  NNPC. L’État de Lagos fournira l’infrastructure nécessaire telle que le réseau routier, électricité et bien sur la terre.

Dans son allocution, M. Billy Agha le chef de la direction (Ingénierie et Technologie), du NNPC, a déclaré la discussion entre le gouvernement et l’État de Lagos et le NNPC a commencé il y a deux ans. Il visait un partenariat avec le gouvernement de l’État dans le but d’établir le projet qui porte le nom de: Lekki Greenfield Refinery and Hydrocarbon Industrial Park.

Selon lui, la China State, une grande entreprise du génie civil et de la construction, qui est actuellement au sixième rang mondial, a promis de ne pas seulement aider à obtenir un financement à des conditions compétitives, mais aussi veiller à ce que les investisseurs chinois occupent au moins, 25 pour cent du capital de holding du projet.

Il a ajouté que la raffinerie devrait produire environ 500.000 tonnes métriques de gaz de pétrole liquéfié (GPL) par an. La disponibilité d’un tel volume de GPL déclenchera l’utilisation de ce carburant dans les ménages domestiques à Lagos. Du bois, du charbon et du kérosène sont présentement utilisés dans cette province.

Le projet offrira de nouvelles possibilités d’emplois, soit environ 5.000 travailleurs pour la construction, et environ 2.000 manutentionnaires.

Le gouverneur Babatunde Fashola a déclaré qu’il ne prévoit pas d’obstacle dans la réalisation du projet avec la participation des investisseurs chinois parce que l’État était déjà un partenariat avec un autre groupe d’investisseurs chinois dans le développement de la première phase de l’LFTZ.

M. Fashola a déclaré: « Ceci arrive à un moment  opportun. Il faut utiliser la capacité du  secteur privé pour faire évoluer les choses. Nous avons déjà un partenariat avec les Chinois dans la Zone de libre-échange de Lekki donc parlons le même langage.”

La NNPC a été créée le 1er avril 1977 faisant suite à la fusion de la Nigerian National Oil Corporation et du ministère fédéral des Mines et de l’Energie. Les statuts légaux de la NNPC la mettent en charge de la gestion des coentreprises entre le gouvernement fédéral et les multinationales étrangères, incluant la Royal Dutch Shell, ExxonMobil, Agip, TotalFinaElf et Chevron qui réalisent l’exploration et la production pétrolière.

La NNPC couvre l’ensemble des activités pétrolières et a aussi pour mission de réguler et superviser l’industrie pétrolière nigérianne qui réprésente 40% du PNB nigérian.

La République populaire de Chine s’intéresse depuis quelques années au potentiel économique du continent africain. Le premier pays ayant reçu des investissements chinois est le Soudan : pétrole en 1994, banque en 2000. En 2005, on comptait officiellement 820 entreprises chinoises installées en Afrique. Les investissements chinois ont fortement augmenté au point de dépasser ceux consacrés à l’Asie du Sud-Est. Les échanges commerciaux se montent à 29 milliards d’euros. La compagnie chinoise Sinopec cherche du pétrole au Gabon. Le 3 novembre 2006 a lieu le Forum sino-africain de Pékin qui réunit les chefs d’État du continent noir. La Chine est devenue le deuxième partenaire commercial de l’Afrique, avec 39,7 milliards de dollars en 2005. Le continent africain compte officiellement 130 000 Chinois installés (2006) et représente pour la Chine une immense source de matières premières et d’énergie, ainsi qu’un marché pour ses produits.

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