L'analyse développée par Wells dans The Red Records se présente plus largement comme une critique de la masculinité des hommes blancs du Sud. Wells conçoit en effet leur focalisation sur la question du viol des Blanches comme une manifestation de leur insécurité face à l'union consentante des Noirs et des Blanches. Cette obsession est à la fois le produit de leur volonté de contrôler les femmes blanches, dans tous les domaines et plus particulièrement celui de la sexualité, et de leur impuissance à exercer ce contrôle. Mais ses pamphlets s'en prennent également aux femmes blanches, qui préfèrent laisser leurs amants noirs être accusés de viol, et même parfois tués, plutôt que de révéler leur désir pour un homme noir

Ida B. Wells (1862-1931) une journaliste militante des droits civils

Grande militante des droits civils, Ida B. Wells-Barnett est une journaliste afro-américaine qui s’est battue avec courage contre le lynchage des Noirs dans les années 1890. Elle a consacré toute sa vie au progrès des Noirs, à l’égalité raciale, aux droits des femmes et au suffrage des femmes. Wells gagne en célébrité par son franc-parler dans des articles qu’elle écrit et dans des conférences antilynchage.

Ida B. Wells-Barnett est née esclave le 16 juillet 1862 à Holly Springs en Mississippi. Elle est l’aînée de huit enfants. La famille Wells obtient sa libération six mois après la naissance d’Ida grâce à la Proclamation d’Émancipation (décret d’Abraham Lincoln déclarant la libération de tous les esclaves noirs sur le territoire de la Confédération Sudiste). Malgré leur libération, les Wells subissent des préjugés raciaux et sont limités par des règlements discriminatoires.  À l’âge de 16 ans, ses parents ainsi que son plus jeune frère décèdent lors d’une épidémie de la fièvre jaune. Cette tragédie oblige Wells à abandonner ses études  pour s’occuper de ses frères et sœurs. Afin de faire vivre sa famille, elle obtient un poste d’enseignante dans une école locale en  convainquant l’administrateur qu’elle est plus âgée qu’elle ne l’est vraiment.

En 1882, Wells déménage à Memphis avec ses sœurs pour vivre avec sa tante alors que ses frères trouvent des emplois comme apprentis charpentiers. Wells obtient à nouveau du boulot comme professeure et continue ses études à l’université Fisk à Nashville.

L’évènement qui détermine le cours de sa vie est semblable à l’affaire Rosa Parks en 1955. Le 4 mai 1884, Ida B. Wells achète un billet de train en première classe. L’équipe du train lui ordonne d’abandonner sa place pour se déplacer dans la voiture réservée aux Noirs. Outrée, elle refuse, mais elle est chassée de force du train. Wells poursuit la compagnie ferroviaire et remporte 500 $ en dommages et intérêts, mais la compagnie fait appel à la cour suprême du Tennessee et annule la décision  en condamnant Wells à payer les frais de justice. Cette injustice est dénoncée  dans plusieurs journaux et Wells gagne en réputation par son courage.

L'analyse développée par Wells dans The Red Records se présente plus largement comme une critique de la masculinité des hommes blancs du Sud. Wells conçoit en effet leur focalisation sur la question du viol des Blanches comme une manifestation de leur insécurité face à l'union consentante des Noirs et des Blanches. Cette obsession est à la fois le produit de leur volonté de contrôler les femmes blanches, dans tous les domaines et plus particulièrement celui de la sexualité, et de leur impuissance à exercer ce contrôle. Mais ses pamphlets s'en prennent également aux femmes blanches, qui préfèrent laisser leurs amants noirs être accusés de viol, et même parfois tués, plutôt que de révéler leur désir pour un homme noir

L’analyse développée par Wells dans The Red Records se présente plus largement comme une critique de la masculinité des hommes blancs du Sud. Wells conçoit en effet leur focalisation sur la question du viol des Blanches comme une manifestation de leur insécurité face à l’union consentante des Noirs et des Blanches. Cette obsession est à la fois le produit de leur volonté de contrôler les femmes blanches, dans tous les domaines et plus particulièrement celui de la sexualité, et de leur impuissance à exercer ce contrôle. Mais ses pamphlets s’en prennent également aux femmes blanches, qui préfèrent laisser leurs amants noirs être accusés de viol, et même parfois tués, plutôt que de révéler leur désir pour un homme noir

Par la suite, Wells écrit des articles au journal  en utilisant le surnom de «Iola». La majorité de ses articles sont basés sur des questions de discrimination raciale et de  politique du  sud des États-Unis. Sa carrière de journaliste grandit tout comme son militantisme. Wells continue d’être professeure  dans une école publique à Memphis. En 1889, elle devient copropriétaire et éditrice de la Free Speech and Headlight (un journal antiségrégationniste) et plus tard de  Free Speech. En 1891, Wells est congédiée de son poste d’enseignante  pour ses critiques contre les conditions des Noirs dans les écoles de la ville.

En 1892, un évènement marque la vie de Wells. Trois de ses amis; Thomas Moss, Calvin McDowell et Will Stewart ouvrent une épicerie à Memphis. Leur magasin prospère fait de l’ombre à celui d’en face, une autre épicerie appartenant à des Blancs. Le propriétaire du magasin blanc et ses partisans, tous en colère, attaquent l’épicerie de leur concurrent. Une confrontation éclate entre les propriétaires. Les trois propriétaires sont arrêtés et menés en prison. Dans la nuit, une foule de Blancs attaquent la prison, s’emparent des trois propriétaires et les pendent. 

Apprenant la nouvelle, Wells exprime son indignation dans le journal  Free Speech, incitant la communauté noire à quitter la ville. Beaucoup de gens fuient la ville, alors que d’autres organisent un boycottage d’une ligne de tramway, menant la compagnie au bord de la faillite. Son bureau de presse est détruit à la suite de ses articles dénonçant le lynchage. Ida B. Wells est à New York quand ses amis lui conseillent de ne pas retourner à Memphis (suite à des menaces de mort). Wells reste à New York et écrit des rapports détaillés sur le lynchage aux États-Unis dans le journal New York Age, un hebdomadaire administré par un ancien esclave, T. Thomas Fortune.

En 1893, Ida B. Wells donne des conférences à l’étranger et contribue au développement de plusieurs femmes noires. De plus, elle publie une étude personnelle sur le lynchage en Amérique : The Red Record.

Ida B. Wells a refusé de céder son siège, 71 ans avant que l’activiste Rosa Parks ait fait la même action dans un autobus.

En 1896, elle forme l’association nationale des femmes de couleur. En 1908, une agression brutale contre la communauté afro-américaine à Springfield (Illinois) pousse Wells à agir contre ces actes de barbarie faits aux Noirs. En 1909, elle assiste à une conférence où tous les leaders noirs et blancs sont convoqués, pour la création d’une organisation populaire nommée «l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur» (NAACP). Plus tard elle devient l’une des fondateurs de cette association qui, jusqu’à présent, continue son combat pour la justice sociale aux États-Unis. Ida B. Wells-Barnett crée le premier jardin d’enfants dans sa communauté et continue sa lutte pour le suffrage des femmes.

Ida B. Wells-Barnett, décède d’une maladie du rein le 25 mars 1931, à l’âge de 69 ans, à Chicago. Elle laisse comme héritage ses écrits, discours et manifestations qui montrent  son héroïsme social et politique. S’étant battue contre le lynchage, les préjugés et l’injustice subie par les Noirs,  Ida B. Wells-Barnett est reconnue pour être une battante des mouvements des droits civils aux États-Unis.

« Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien pour ce projet »

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