55 ans des relations Russo-Congolaises (Congo Brazzaville) sous le signe de l’Amitié et de Coopération politico-économique

Du 16 mars 1964 au 16 mars 2019, cela fait 55 ans qu’ont été établies les relations bilatérales entre la République du Congo, jeune république nouvellement indépendante au moment de ce début de coopération et la Fédération de Russie, qui à cette époque, faisait encore partie de l’URSS.

La République du Congo, indépendante le 15 août 1960, pays francophone d’Afrique Centrale, de 242.000 km2 avec une population d’environ 5 millions d’habitants, a connu depuis son indépendance jusqu’au 15 août 1963, le chemin de l’idéologie capitaliste avec son premier président de la République, l’abbé Fulbert Youlou, un homme grandeur nature, qui a posé les prémices démocratiques et du développement du Congo devançant beaucoup les autres pays d’Afrique Noire à cette époque, comme le témoigne par exemple la chaine publique de télévision Congolaise, la toute première dans toute l’Afrique Noire francophone, inaugurée le 28 novembre 1962 par l’abbé Youlou.

En rappel, c’est le 16 mars 1964 que l’ex-URSS et le Congo ont établi leurs relations diplomatiques et signé les premiers accords bilatéraux. En 2018, dans le domaine de la formation des cadres congolais dans les universités civiles et militaires russes ainsi que de l’octroi de bourses d’études aux jeunes congolais, deux domaines qui demeurent « la locomotive de la coopération bilatérale », plus de trois cents étudiants ont bénéficié de la bourse russe pour une formation dans diverses filières.

Après le 15 août 1963, après la démission forcée ou le coup d’État du palais, le destin idéologique du Congo a basculé vers la gauche ou le socialisme. Le 15 août 1963, fait partie des trois journées symboliques, le 13, 14 et le 15 août 1963, appelées dans l’histoire politique du Congo, « Les Trois Glorieuses », du fait de la Révolution socialiste déclenchée par les Syndicats et les militaires socialistes pendant ces trois jours, pour renverser l’abbé Youlou.

La même année de 1963, voit arriver au pouvoir sur proposition des militaires putschistes ou révolutionnaires, Alphonse Massamba-Debat, qui jusqu’à là, était président de l’Assemblée Nationale du pays.

Massamba-Debat socialiste dans l’âme, instaure un régime politique socialiste. Mais son socialisme n’est pas le socialisme dit scientifique ou marxiste léniniste de l’URSS. Son socialisme est dénommé « Le Socialisme Bantu». Un Socialisme qui s’inspire des us et coutumes bantous, des traditions africaines, qui puise son identité dans la solidarité, la communauté africaine bantu, tout en coopérant avec les pays socialistes ayant réussi dans cette idéologie, comme l’URSS, la Chine de Mao Tse Toung, le Cuba de Fidel Castro, etc. pour doter le pays d’industries et d’infrastructures nécessaires.

C’est dans cette perspective que le 16 mars 1964, le président Massamba-Debat établit officiellement les relations bilatérales de coopération multiforme avec l’URSS. Cette coopération était initialement basée sur la formation des futurs cadres congolais dans divers domaines comme l’agriculture, l’élevage, la santé, l’enseignement et la formation militaire.

Ainsi à l’issue de cette coopération, plusieurs Congolais, étudiants, fonctionnaires civils et militaires ont été envoyés en URSS pour se perfectionner. De même, plusieurs cadres russes sont arrivés au Congo, pour justement encadrer et accompagner le personnel congolais travaillant avec les domaines des connaissances et l’expertise soviétique.

En 1965, suite aux nombreuses dérives du pouvoir dont plusieurs militaires en souffriront le martyre, Massamba-Debat est renversé du pouvoir par un groupe d’officiers militaires parachutistes socialistes, se revendiquant du socialisme scientifique ou marxiste léniniste, dont le chef du groupe, était Marien Ngouabi, le futur troisième président du Congo, victime aussi de ces dérives. Et parmi d’autres figures de ce groupe, il y’avait aussi l’officier Denis Sassou Nguesso (actuel président du Congo), Joachim Yombi (ancien président du Congo).

Marien Ngouabi et certains de ses proches prônaient la révolution populaire, sur toutes ses tendances. Selon lui, l’Union des Républiques Socialistes Sovietiques(URSS), Karl Marx, Lénine, Staline, étaient des modèles de la révolution qu’il fallait suivre du doigt et à l’oeil. Cette idéologie sera son leitmotiv.

Sous sa présidence, Marien Ngouabi applique le Socialisme marxiste-léniniste à la lettre. C’est ainsi, il rebaptise le pays « République Populaire du Congo » change l’hymne national par « Les Trois Glorieuses » et le drapeau national devient rouge avec un marteau et une faucette croisés à sa gauche et une étoile jaune en haut. Au niveau d’éducation, les pionniers font leur apparition avec des matières d’éducation civique populaire enseignant les vertus socialistes et du patriotisme.

Marien Ngouabi renforce de même sa coopération avec l’URSS, notamment dans la formation militaire et des cadres administratifs congolais, dont plusieurs cadres politiques de son parti politique le PCT (Parti Congolais du travail). À cet effet, plusieurs contingents militaires sont envoyés en URSS pour aller se former. Sa présidence a été marquée entre autres faits, dans cette coopération soviétique congolaise, par l’appui de l’URSS au Congo pour la libération de l’Angola du joug colonial portugais, avec l’hébergement, la logistique et la protection des membres du MPLA (parti au pouvoir en Angola)

À la mort de Marien Ngouabi, le 18 mars 1977, du à un assassinat, il y eu un bref passage à la présidence de Joachim Yombi sous le même régime socialiste.

En 1979, sous la même idéologie socialiste, Denis Sassou Nguesso prend le pouvoir pendant 13 ans (1979-1991) et même lui continue et renforce la coopération bilatérale avec l’URSS. Après la chute de celle-ci, il continue la coopération avec la Russie, jusqu’à la fin du socialisme d’État en 1992. Par exemple parmi les faits marquants de cette coopération sous la présidence du président Sassou, le Congo et la Russie ont oeuvré pour la fin de l’apartheid en Afrique du Sud avec la libération de Nelson Mandela en 1990.

Lorsque le Congo fait un retour à la démocratie libérale occidentale, il garde ses relations privilégiées avec Moscou, qui jusqu’à de nos jours, elles sont toujours au beau fixe, tant dans le domaine d’éducation ou militaire, comme en témoignent de nombreuses bourses d’études de la Russie et du Congo offertes aux étudiants et militaires congolais formés en Russie. Ou encore la coopération économique avec les commissions mixtes entre les deux pays, notamment pour le commerce, les infrastructures, le gaz, le pétrole.

Pour ces 55 ans, le président Sassou Nguesso a effectué en mai de cette année, une visite officielle d’une semaine en Russie, où il est attendu pour des entretiens en tête à tête avec son homologue russe Vladmir Poutine, une adresse devant la Douma (le parlement russe) et la signature de plusieurs accords de coopération entre le Congo et la Russie.

55 ans de coopération bilatérale, est sans doute, l’âge de maturité, de raison, d’histoire commune partagé, de partenariats et d’intérêts mutuels. C’est aussi une relation renforcée qui certainement profitera aux « deux pays camarades », s’il le faut le dire ainsi.

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