Montréal, le 6 juillet 2026 — Alors que la Coupe du Monde FIFA 2026 bat son plein, une signature montréalaise se trouve au cœur de sa bande sonore : Alexander (A.C) Castillo Vasquez. Ce producteur et auteur-compositeur du quartier Saint-Michel a coécrit et coproduit « Dai Dai », la chanson officielle du tournoi interprétée par Shakira et Burna Boy. Le duo l’a lancée sur scène à la cérémonie d’ouverture, le 11 juin à Mexico, et la ramènera le 19 juillet au tout premier spectacle de mi-temps de l’histoire d’une finale de Coupe du Monde — un moment déjà très attendu.
Mais « Dai Dai » n’est que le jalon le plus récent d’une décennie qu’A.C a passée, dans l’ombre, à façonner quelques-uns des plus grands moments de la pop mondiale.
Le producteur derrière une décennie de succès
Sa complicité avec Shakira s’étend sur dix ans. A.C a assuré la direction musicale de l’intégralité de sa prestation à la mi-temps du Super Bowl LIV (2020), en covedette avec Jennifer Lopez ; il a produit « Soltera », devenue un hymne de revanche et d’indépendance et finaliste aux 26e Latin Grammy ; il a coproduit « Zoo », la chanson thème du film d’animation Zootopia 2 de Disney ; et il signe la direction musicale de sa tournée Las Mujeres Ya No Lloran (2025-2026), entrée au record Guinness comme la tournée la plus lucrative de l’histoire pour un artiste latino, et la tournée latine la plus lucrative jamais réalisée par une femme.
En studio, son empreinte est tout aussi rare : A.C a contribué, à la production ou à l’écriture, à seize enregistrements nommés aux Grammy et aux Latin Grammy, dont quatre victoires — parmi elles El Dorado de Shakira, Mis Manos de Camilo et ¿Y Ahora Qué+? d’Alejandro Sanz —, ainsi qu’à une cinquantaine de titres certifiés or ou platine.

La chanson a été écrite par Shakira et Burna Boy avec Benny Adam, Jon Bellion, Ed Sheeran et Alexander Castillo, et ce dernier a produit la chanson avec Shakira.
Comment est née la chanson
« Dai Dai » n’est pourtant pas un coup de chance. A.C avait esquissé le riff afro avec sa sœur Vanesa Castillo Vasquez, puis laissé la maquette dormir dans son ordinateur. Tout bascule dans une voiture en route vers un stade : Shakira cherchait depuis des semaines la chanson officielle du tournoi sans rien trouver qui accroche, A.C lui fait écouter le beat, et la réaction est immédiate — elle veut écrire avant même de descendre de voiture. Suivront plus de quarante versions, une journée d’enregistrement à Miami au bord de la piscine puis sur un quai au coucher du soleil, des mélodies d’Ed Sheeran et de Jon Bellion, une topline d’un autre Montréalais, Benny Adam, et la voix de Burna Boy qui accompagne celle de Shakira.
Saint-Michel, le point de départ
A.C est né à Montréal dans une famille de musiciens d’origine dominicaine : sa mère fait partie d’un groupe de musique salsa, son père en assure la gérance, et l’enfant assiste aux répétitions dès son plus jeune âge. À treize ans, il s’empare de l’ordinateur de sa mère et fabrique ses premiers beats, seul, dans sa chambre. À seize ans, il se fait remarquer dans une compétition de beatmaking à Phoenix, en Arizona — gagnée, la même année, par un autre Montréalais et complice de longue date, le compositeur Billboard (Mathieu Jomphe-Lépine) —, et décroche son premier contrat. À dix-huit ans, il signe avec l’éditeur Prescription Songs et enchaîne les collaborations avec Nicki Minaj, Britney Spears, Pitbull et Justin Bieber.
Le tournant, c’est un retour aux sources : pour s’extraire de la frénésie de Los Angeles, A.C ressent le besoin de s’installer en République dominicaine pour renouer avec ses racines latines. Là s’ouvrent les portes qui définiront la dernière décennie — Shakira, Ricky Martin, Maluma, Anitta, Beéle, entre autres. Il coécrit « Mayores » de Becky G — certifiée disque de diamant, classée par Rolling Stone parmi les plus grandes chansons reggaeton de tous les temps —, un titre qui propulse au passage Bad Bunny vers sa toute première entrée au Billboard Hot 100. Autant de jalons qui le confirment comme l’un des artisans du nouveau son pop latino.
Un succès guidé par l’humilité et la famille
Et pourtant, c’est à Montréal qu’il a choisi de revenir s’établir, tout près des siens, dans ce même Saint-Michel qui l’a vu grandir. C’est d’ici, désormais, qu’il fait voler le plafond de verre en éclats — en veillant à s’entourer de complices montréalais autant que possible : Ruffsound sur « Bésame » d’Alejandro Sanz et Shakira (sacrée Chanson internationale au Gala SOCAN 2026, sur un album primé au Latin GRAMMY), King Alex et Realmind sur « Soltera », Benny Adam et sa sœur Vanesa Castillo Vásquez sur « Dai Dai ». Chaque réussite internationale devient une passerelle pour les talents de sa ville, car derrière les crédits internationaux, il y a une conviction constante : ouvrir des portes.
« Je viens de Saint-Michel. J’ai toujours eu conscience de ce que ça voulait dire de regarder l’industrie mondiale de loin, puis de réussir à entrer dans ces pièces-là. Aujourd’hui, quand j’y suis, je veux que d’autres créateurs de chez nous puissent y entrer aussi. Ce n’est pas seulement une question de crédits. C’est une question de transmission, de confiance et d’accès », affirme Alex (A.C) Castillo Vasquez.
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