Barack Obama remet en février 2011 la Médaille présidentielle de la liberté à Maya Angelou. Créée en 1963 par le président John F. Kennedy, c'est la plus haute décoration civile des États-Unis

Une époque s’éteint avec Maya Angelou

L’auteure, poète et activiste Maya Angelou, a été retrouvée morte mercredi matin à l’intérieur de son domicile en Caroline du Nord. L’icône de 86 ans, qui a déjà perdu la voix à cause d’un viol dans son enfance a su faire entendre sa parole dans le monde entier.

Fragilisée par le temps Mme Angelou, Marguerite Johnson de son vrai nom, luttait contre des problèmes cardiaques, et a récemment annulé son apparition pour un événement prévu ce vendredi en son honneur ou elle devait recevoir le Beacon of Life Award dans le cadre de Jeux annuels droits civils de ligue majeure de baseball. Le Civil Rights Game est un match annuel de baseball organisé par la Ligue majeure de baseball pour honorer l’histoire de la conquête des droits civiques en matière d’égalité aux États-Unis. À partir de 2009, le Civil Rights Game est intégré à la saison régulière comme Match interligue.

Barack Obama remet en février 2011 la Médaille présidentielle de la liberté à Maya Angelou. Créée en 1963 par le président John F. Kennedy, c'est la plus haute décoration civile des États-Unis

Barack Obama remet en février 2011 la Médaille présidentielle de la liberté à Maya Angelou. Créée en 1963 par le président John F. Kennedy, c’est la plus haute décoration civile des États-Unis

Maya Angelou fut candidate au prix Pulitzer et répétitivement invitée à la Maison Blanche. Elle a lu son poème On the Pulse of the Morning (Sur le pouls du Matin) en 1993 l’investiture du président Bill Clinton. Ce qui a fait d’elle la seconde poète de l’histoire américaine à lire un poème a une inauguration présidentielle, après Robert Frost pour Kennedy en 1961.

Le premier et toujours unique président Noir des États-Unis, Barack Obama, lui a rendu hommage en février 2011 par une médaille de la Liberté sans oublier de lui planter un baiser sur sa joue à la Maison Blanche.

Un 4 avril 1928, Marguerite Johnson naît d’un marin/portier et d’une infirmière/croupière dans l’état ségrégationniste du Missouri. Dans une enfance traumatisée par un viol, elle perd la parole pour la retrouver que cinq ans plus tard. C’est durant cette période de silence qu’elle avoue avoir développé sa mémoire et son amour des livres et de la littérature. Avant sa graduation de l’école secondaire, elle devient la première conductrice Noire de tramway dans la ville de San Francisco.

En 1951, Angelou marie un électricien grec, ancien marin, et musicien en herbe Tosh Angelos malgré la condamnation de relations interraciales à l’époque et la désapprobation de sa mère. Cette relation lui donnera un enfant qu’elle eut à 17 ans et un divorce trois ans plus tard.

Par sa rencontre avec l’activiste sud-africain Vusumzi Make, Maya Angelou se rend au Caire en Égypte ou elle travailla de 1962 à 1963 au The Arab Observer, un magazine hebdomadaire de langue anglaise publié au Caire, en Égypte entre les années 1960 à 1966. Ensuite, Angelou se rend à Accra au Ghana jusqu’en 1965, en pleine époque des décolonisations africaines. Elle se fait valoir dans le milieu artistique, pédagogique et médiatique avec son apport au Ghanaian Times. C’est à cette époque qu’elle rencontre et développe une profonde amitié avec Malcolm X qui visita le pays au début des années 60. Elle décida de retourner aux États unis pour supporter son organisation : « Organization of Afro-American Unity (OAAU) ». Le but de la OAAU était de se battre pour les droits des Afro-Américains et promouvoir la coopération entre les Africains et les personnes d’ascendance africaine dans les Amériques. Malcolm X fut assassiné peu de temps après.

En 1968 c’est son autre proche collaborateur Martin Luther King Jr. qui est abattu le jour même de ses 40 ans. Elle cessait dès lors de fêter son anniversaire pour envoyer à chaque année à cette date des fleurs à la veuve de Martin Luther King. D’ailleurs jusqu’à sa mort en 2006, elle aussi lui retourna la politesse.

En 1969, elle publie sa première autobiographie Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage (I Know Why the Caged Bird Sings). Premier d’une série de six volumes, ce roman initiatique illustre combien force de caractère et amour de la littérature peuvent aider à affronter le racisme et les traumatismes. Le livre raconte comment Maya, victime de la xénophobie, de l’abus de pouvoir et souffrante d’un complexe d’infériorité, se transforme petit à petit en une femme digne, sûre d’elle, capable d’affronter le racisme. C’est l’une des premières fois que l’on écrit sur « la  négritude, de l’intérieur, sans excuses ou pardon ».

Bien qu’Angelou soit surtout connu pour ses sept autobiographies, elle a également été une poète prolifique, couronnée de succès. Ses poèmes ont été reconnus comme des hymnes de l’Afro-Américain. Son recueil de poèmes Just Give Me a Cool Drink of Water ‘fore I Diiie écrit en 1971 fûts en nomination pour le prix Pulitzer, considéré parmi les plus prestigieux du monde.

Son talent ne s’arrête pas là. Elle dirige au cinéma, joue les actrices, écrit des pièces de théâtre… Elle fut honorée par des Universités, des organisations littéraires et des groupes d’intérêts divers. Plus de trente centres hospitaliers portent son nom.

Dans son dernier message via Twitter, Angelou a offert un peu de sa sagesse : « Écoutez-vous et c’est dans cette quiétude que vous pourriez entendre la voix de Dieu. »

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