La garde côtière italienne a déclaré que 151 personnes avaient été secourues à Lampedusa.

Une centaine de migrants africains meurent aux portes de l’Europe

Le quai de Lampedusa s’est transformé jeudi en une morgue. Plus de 100 corps de migrants africains sont jonchés sur le sol. C’est le plus grand désastre maritime qu’ait connu la ville située entre l’île de Malte et la Tunisie. Des corps se sont même retrouvés sur les plages de la Sicile. Trois enfants et deux femmes enceintes étaient parmi les victimes.

La garde côtière italienne a déclaré que 151 personnes avaient été secourues à Lampedusa.

La garde côtière italienne a déclaré que 151 personnes avaient été secourues à Lampedusa.

Certains baigneurs se sont improvisés sauveteur, d’autres se promènent entre les corps morts sans leur porter une attention particulière.

Le navire de 20 mètres, que l’on croit être garni d’environ 500 personnes, a coulé plus de 1 km de la côte. La catastrophe s’est produite lorsque le moteur du bateau a cessé de fonctionner et que le navire a commencé à prendre l’eau  selon le ministre de l’Intérieur et ancien ministre de la Justice italienne Angelino Alfano. Les personnes à bord du bateau ont fait un feu pour attirer l’attention des sauveteurs. Une erreur qui a coûté cher, puisque le feu a pris le rafiot.

« Lorsque le feu a pris de l’ampleur, le naufrage du bateau devenait imminent et tout le monde s’est installé sur un côté, ce qui a coulé le bateau » continue le ministre dans une conférence de presse. Il ajoute que s’ils avaient été en mesure d’utiliser un téléphone, ils auraient pu être sauvés.

Les corps tirés de l’eau ont été aménagés le long des quais. On ne pouvait que constater avec le nombre de corps qui s’alignaient que ce malheur était l’une des pires catastrophes qui a frappé la voie périlleuse des migrants qui cherchant à rejoindre l’Europe à partir de l’Afrique.

« C’est horrible, comme un cimetière. On les repêche encore », s’est confié le maire de Lampedusa Giusi Nicolini aux journalistes.

Après que 94 corps furent récupérés des eaux, les plongeurs ont inspecté l’épave fatale, coulée dans 40 mètres d’eau. On y a retrouvé des dizaines de corps, portant à plus de 100 le nombre total des cadavres avec plus de 200 migrants porté disparu selon la garde côtière officielle Floriana Segreto.

Le désastre est arrivé quatre jours après que treize autres migrants se sont noyés au large de la Sicile. Le président italien Giorgio Napolitano a déclaré qu’il fallait agir et a même sollicité l’aide de l’Union européenne pour enrayer « une succession de massacres d’innocents. »

L’an dernier, près de 500 personnes ont trouvé la mort ou ont disparu dans le passage de la Tunisie vers l’Italie, d’après Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les Syriens fuyant la guerre civile ont alourdi le chiffre.

Les 450 à 500 passagers étaient pour la plupart des Érythréens ou des Somaliens, ont embarqué à bord du bateau à partir de Misrata, troisième ville libyenne et capitale économique du pays d’Afrique du Nord.

La recherche de survivants et de corps a continué dans un rayon de quatre miles nautiques, dans une eau de 30-45 mètres de profondeur. Les sauveteurs prévoient d’élargir l’opération plus tard dans la journée, au cas où les corps seraient transportés par les marées.

Les Migrants africains prennent souvent pour destination Lampedusa  qui est seulement à 113 kilomètres des côtes tunisiennes, et sont souvent ramassés en mer dans des embarcations dangereusement surchargées par les garde-côtes italiens.

Ce phénomène a commencé en 1992 et n’a cessé de s’amplifier ; il constitue un levier de pression politique des autorités libyennes sur l’Italie et l’Union européenne. 31 700 migrants sans papiers sont arrivés sur l’île en 2007, 23 000 en 2005, 13 000 en 2004 et 8 000 en 2003.

Le Pape Francois, qui a fait de cette île sa première visite officielle le 8 juillet 2013, a déclaré qu’il sentait une grande douleur pour les nombreuses victimes du dernier naufrage au large de Lampedusa.

Les migrants qui arrivent en Italie sont autorisés à demander l’asile. Beaucoup sont refoulés vers leur pays, mais quelques-uns se dérobent pour devenir des immigrants clandestins en Italie ou ailleurs dans l’Union européenne.

« Ce n’est pas un drame italien , c’est un drame européen », a déclaré Angelino Alfano. « Lampedusa doit être considéré comme la frontière de l’Europe, non pas la frontière de l’Italie. »

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