De gauche à droite, haut en bas: Simon Leclerc, Kim Richardson, Dorian Sherwood, Élizabeth Blouin-Brathwaite, Gardy Fury et Normand Brathwaite

Un premier concert Black pour l’Orchestre symphonique de Montréal

Signe des temps, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a choisi d’honorer son mandat de desservir un public aussi large que possible. Fondée en 1934, l’OSM a opté pour la première fois de son histoire de proposer un spectacle soul avec uniquement cinq artistes Noirs pour vocaliser la musique à l’accent afro-américain des années 1950-60.

Le grand manitou de ce show soul, celui qui a écrit tous ces arrangements inusités, l’indéfinissable chef d’orchestre Simon Leclerc nous confie d’entrée de jeu: « J’avais envie de faire un concert symphonique avec des chanteurs Blacks. » L’orchestrateur précise sa pensée: » Il y a chez les chanteurs Blacks une essence qu’il n’y a pas ailleurs. Et c’est cette essence-là qui est mon drive pour toute la conception de ce concert.  » Cette démarche se veut plutôt artistique pour l’ex-choriste, natif de la ville de Québec qui en est à sa première expérience du genre avec orchestre.

De gauche à droite, haut en bas: Simon Leclerc, Kim Richardson, Dorian Sherwood, Élizabeth Blouin-Brathwaite, Gardy Fury et Normand Brathwaite

De gauche à droite, de haut en bas: Simon Leclerc, Kim Richardson, Dorian Sherwood, Élizabeth Blouin-Brathwaite, Gardy Fury et Normand Brathwaite

Pour ces voix « chaudes et prenantes », le spécialiste de la pop symphonique qui pendant six années, a dirigé l’orchestre des studios de cinéma de Paramount Pictures, à Los Angeles, emprunte les meilleurs organes du Québec que sont pour lui : Élizabeth Blouin-Brathwaite, Gardy Fury, Kim Richardson, Dorian Sherwood et Normand Brathwaite. Tous des gens de métier, solides et fiables fut les qualités particulièrement importantes dans la sélection de Simon Leclerc.

Peut-être limité par la voix, mais doué d’un fort charisme Normand Brathwaite, natif du quartier Cote-des-Neiges à Montréal, est l’un des premiers Noirs qui s’est hissé au niveau de star québécoise. Il s’est glissé bon an, mal an dans la courte liste de Simon Leclerc pour l’icone qu’il représente dans cet univers artistique. « Expérience de vie » qualifiera cette aventure l’homme qui compte des dizaines d’années d’expérience les plus diverses à travers la télé et radio québécoise.

Native de la province ontarienne, Kim Richardson, qui a elle-même commencé sa carrière au Québec avec ce Normand, exprime qu’elle trouve extraordinaire de faire un concert avec l’OSM, une organisation qui jouit d’une excellente réputation à travers le monde. « Une occasion qui n’arrive pas souvent dans la carrière d’une chanteuse. » explique-t-elle. De plus, Kim Richardson, une triple minorité artistique du milieu québécois est à la fois Noire, Femme et Anglophone, cette grande chanteuse double récipiendaire de Juno Awards supporte maintenant d’autres talents en tant que choriste, en profitera pour se mettre de nouveau à l’avant-scène.

Dorian Sherwood avoue que cette expérience sera unique pour lui. « Chanter avec 90 musiciens est très spécial« . Dorian qui a performé avec le chanteur Corey Hart lui aussi en tant que choriste a « tout chanté pendant de nombreuses années. » spécifie-t-il.

Kim Richardson a connu un début de carrière remarquable. En 1986, elle remporte le Juno Award, un prix remis aux artistes canadiens œuvrant dans le monde musical, de la chanteuse la plus prometteuse pour son single "Here's My Lover".

Kim Richardson a connu un début de carrière remarquable. En 1986, elle remporte le Juno Award, un prix remis aux artistes canadiens œuvrant dans le monde musical, de la chanteuse la plus prometteuse pour son single « Here’s My Lover ».

Le chanteur/acteur Gardy Fury ne pouvait refuser une telle occasion « de se joindre à une création d’arrangement orchestral qui supporte ce niveau d’émotion » selon ses dires. Un moment qu’il affirme avoir rêvé sinon visualisé, lui qui alors tout-petit a remarqué Normand, comme étant artiste « qui nous ressemblait« .

Plus fraiche dans le milieu artistique, la fille aux cheveux de feu et yeux d’émeraude, Élizabeth Blouin-Brathwaite, se définit comme une artiste pop/funk. Elle se joint agréablement au groupe puisque ses inspirations sont du même ton: Prince, Rick James, Sheila E. et plus récemment Chromeo. La fille de Normand Brathwaite et de la chanteuse Johanne Blouin ne se laisse pas impressionner par l’expérience du groupe qu’elle conçoit plutôt comme une famille. Effectivement tous se connaissent depuis de nombreuses années et ont performé ensemble de temps à autre, à la grande surprise de Simon Leclerc d’ailleurs. Normand laissera même tomber que Kim Richardson est la mère spirituelle de son Elizabeth.

Tous se réuniront comme les cinq doigts d’une seule main les 3 et 4 novembre 2015 à la Maison symphonique de Montréal pour apporter quelque chose de nouveau, quelque chose qui leur est propre à un public qui a besoin d’être bousculé dans ses bases ou se voir célébrer selon le cas. Un concert Black de l’OSM ou un « métissage musical » selon Gardy qui devrait en surprendre, épater, émouvoir plus d’un.

Interview réalisé par Pascale Gabriel

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  1. Nadia Victoria Charles
    Oct 16, 2015 - 01:03

    Intéressant!

    Répondre

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