Ce roman dont le titre est inspiré d’une citation du latin raconte l’histoire de Tama, jeune fille vendue par son père à une femme pour qu'elle ait une vie meilleure en France. Dépaysée, la petite Tama sera asservie, humiliée et vivra des années de souffrance avant de rencontrer Izri avec lequel elle aura quelques moments de bonheur...

Toutes blessent, la dernière tue: un thriller aux dimensions réalistes

Des thèmes qui nous interpellent

*La servitude du temps moderne
L’exploitation à toute échelle de l’être humain. Actuellement cela semble étonnant et relève de l’invraisemblable. Pourtant cela est bel et bien réel et existe dans un pays qui proclame pourtant la liberté et l’égalité!

Profitant de la pauvreté d’une famille dans un village au Maroc, Mejda, une émigrée psychopathe qui souffre de l’alcoolisme de son conjoint et de sa violence à l’égard de son fils, se livre à un commerce particulier : c’est celui des jeunes filles. Un trafic illégal… inhumain. Elle avait fait venir Tama, une fillette de huit ans en payant son père avec un peu d’argent beaucoup de promesses d’une meilleure éducation pour sa fille. Elle la livre comme bonniche à ses clients en s’arrangeant avec la famille d’accueil de ne jamais la laisser franchir la porte de la maison.

Ce roman dont le titre est inspiré d’une citation du latin raconte l’histoire de Tama, jeune fille vendue par son père à une femme pour qu'elle ait une vie meilleure en France. Dépaysée, la petite Tama sera asservie, humiliée et vivra des années de souffrance avant de rencontrer Izri avec lequel elle aura quelques moments de bonheur...

Ce roman dont le titre est inspiré d’une citation latine raconte l’histoire de Tama, jeune fille vendue par son père à une femme pour qu’elle ait une vie meilleure en France. Dépaysée, la petite Tama sera asservie, humiliée et vivra des années de souffrance avant de rencontrer Izri avec lequel elle aura quelques moments de bonheur…

Le non-respect de la dignité de la personne se concrétise en Tama. Humiliée, battue et torturée; elle est le souffre-douleur de toute la famille qui la méprisait. Souvent affamée, mal logée et mal habillée, la petite Tama doit répondre à toutes les exigences et à tout moment. Elle travaille plus de 18 h sur 24, tous les jours de la semaine et tous les mois de l’année. Elle est cuisinière, femme de ménage, baby-sitter et doit payer pour la mauvaise humeur de chaque membre de la famille qui vient décharger sur elle sa colère voire sa violence. Toujours c’est elle le bouc émissaire qui doit subir la vengeance de la petite société et payer les frais de son ébullition jusqu’à ce qu’elle se calme.

Toutes blessent, la dernière tue vient pour nous rappeler que l’esclavage, phénomène des temps révolus, est encore d’actualité. Un roman qui tire la sonnette d’alarme contre l’esclavage : le pire des phénomènes que l’humanité n’ait jamais connu.

** Le viol
Dans Toutes blessent, la dernière tue, la féminité de la plume ne passe pas inaperçue. L’attention particulière accordée à certains sujets en témoigne. Si Tama échappe de justesse aux nombreuses tentatives de viol de son employé alors qu’elle est à peine en âge de puberté, elle n’échappera pas à celles de Greg, et pendant de longues semaines. Habituée aux coups, la violence physique n’est rien par rapport aux séquelles psychiques laissées par cet acte de barbarie. Sur elle comme sur toutes les femmes, le viol a laissé ses traces.

Des traces de viol on en trouvera après des années encore. Cette fois chez un personnage masculin. Gabriel, dont la fille a été tuée après un viol collectif sous le regard de tout le monde n’arrive pas à oublier ce terrible souvenir qui pèse encore sur son cœur meurtri. Le père décide de venger sa fille. Il se transforme à un tueur en série des assassins, mais aussi des témoins passifs du meurtre qui sont des complices à ses yeux. Voilà comment la violence engendre la violence!

Ce roman attrayant a la particularité critiquer la lâcheté et la passivité des personnes devant des situations qui demandent tout sauf l’indifférence; et d’alerter sur le danger auquel sont exposées des femmes sans protection devant des loups humains affamés.

UN ROMAN NOIR ; UN RÉCIT POLYPHONIQUE :
La polyphonie fait de l’histoire de Tama un roman pessimiste assez particulier. Les voix multiples du récit offrent au lecteur le plaisir de connaître de plus près plusieurs échantillons de l’humanité et l’occasion de saisir la variété de leurs points de vue.
Il est vrai que Tama, personnage principal de cet ouvrage, s’empare de la quasi-totalité du récit pour mieux exposer les souffrances d’une fillette réduite à l’esclavage domestique, or cela n’empêche pas d’autres narrateurs d’en prendre part pour y exposer les misères de leurs existences. Même pour Mejda, incarnation du mal dans le roman, esclavagiste et corsaire à petite échelle ou sur commande, il y aura une marge pour remonter sur son passé et essayer de comprendre son détraquement.

C’est ainsi qu’on pourrait comprendre la cause de l’agressivité et de la brutalité. Victime de la violence de son père, le jeune dealer aura une enfance troublée et finit par commettre un parricide. Ce crime dissimulé va peser lourdement sur lui. De l’argent sale et facile, Iz en a, mais de la tranquillité et de la quiétude il n’en aura jamais; c’est pour dire que l’argent ne fait pas le bonheur. Avec lui, le lecteur est plongé dans le monde de drogue, de violence et de règlement de comptes entre bandes au sud de la France.

Les flashbacks de Tama nous éclairent comment une petite élève au sud du Maroc se retrouve esclave à la merci de ses employés et avec la complicité de Mejda, de son père, du destin…de tout le monde. Avec elle, le lecteur est aussi emprisonné toute la journée dans la cuisine, avec toute sorte de corvée, pour aller dormir trois ou quatre heures à la buanderie. Toutes blessent, la dernière tue n’est pas un roman carcéral. Il l’est en quelque sorte.

Les moments de bonheur de l’héroïne sont éphémères. Le lecteur en a le pressentiment. L’histoire se poursuit et le malheur de Tama aussi. Elle demeure dans l’esclavage. Elle change seulement de maître dont la tyrannie la malhonnêteté et l’oppression varient d’intensité. Si son attachement pour Iz était la seule chose qui la retient dans ce monde, elle finit par avoir cette liberté tant recherchée pour le rejoindre. Une liberté d’une triste existence. Une liberté à tout jamais.

Exposant des sujets gênants et inquiétants qui interpellent chacun de nous à prendre ses responsabilités, ce roman noir, pathétique et attrayant, a le privilège de nous rappeler cet égoïsme de l’individu de l’ère actuelle qui se détache de toutes les valeurs de l’humanité si son intérêt s’y oppose. Un roman où Karine GIEBEL atteint la plénitude et consolide ainsi sa place de leader du polar en France.

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  1. kelien
    Juil 27, 2018 - 10:21

    j’ai eu l’occasion de lire cette merveille. Il est très fort…
    Eh oui l’esclavage existe encoreb

    Répondre
  2. Henry
    Juil 29, 2018 - 07:02

    très envie de lire ce livre et découvrir cette forme d’esclavage

    Répondre
  3. GEO
    Juil 29, 2018 - 03:15

    très bon… je Karine GIEBELune auteur qui ira loin

    Répondre
  4. Petit
    Août 05, 2018 - 06:13

    C’est arrivé en France si j’ai bien lu et il est inspiré d’une histoire vraie. Quelle honte de parler encore d’esclavage dans ce pays

    Répondre

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