Sankara wetu

Sankara wetu

15 octobre 1987 – 15 octobre 2017, 30 ans déjà que l’homme intègre, Thomas Sankara, est disparu. Si l’ancien jeune président nous a quittés, son nom est resté dans la mémoire collective africaine, comme si son esprit gardait jalousement le siège du Burkinabe le plus célèbre dans le salon des révolutionnaires d’Afrique.

Sankara wetu

Sankara wetu

30 ans, c’est peut-être le temps qu’il fallait pour comprendre la pensée complexe de Thomas Sankara. Son génie est frappant quand on constate qu’au milieu des années 1980, dans une Afrique de tous les maux, il avait déjà élaboré des concepts bien précis sur l’écologie, l’égalité hommes-femmes, et autre sujet visionnaires pour cette époque.

Mais, s’il y a quelque chose que Sankara avait bien compris de son vivant, c’est la force des symboles. Là encore, il était en avance sur son temps. Même aujourd’hui où certains trouvent anecdotique de faire battre sa monnaie à l’extérieur de son continent, où une certaine capitale africaine est toujours nommée à l’honneur de Pierre de Brazza… Sankara avait saisi que Haute-Volta ne sonnait pas très africain, d’où la nécessité de rebaptiser le pays Burkina Faso. Même chose pour l’impérialisme, il savait pertinemment que ce n’était pas forcement une armée américaine de 3 000 hommes, c’était, comme il le vulgarisait si bien : « le t-shirt que vous portez ».

Le vieux (il aurait 67 ans aujourd’hui) doit tout de même sourire de là où il est. Car même mort, son rêve panafricain a fait sa petite route de chemin : son patronyme n’a pas de frontières en Afrique, ses concepts n’ont pas besoins de visas, son caractère a fait des petits partout sur la terre mère, bref, tout le monde s’est approprié la figure Sankara.

Au point que même dans le village de mon père, chez les Bakwa Ndaba du Kasaï en RDC, le nom Sankara ne passerait pas inaperçu. Ils l’appelleraient « notre Sankara », bien entendu dans la langue locale, en ciluba, « Sankara wetu ».

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  1. SAMBA TOMBA Justes Axel
    Oct 22, 2017 - 12:10

    Mayamba Luboya, tu es de la RDC et vous peuples de ce pays aimez preter attention à tout ce qui se passe en Republique du Congo avec pour capitale Brazzaville que tu as mentionné ci dessus.
    Écoute, qu’on veut écrire sur un aspect historique d’un pays quelconque, il faut en premier lieu connaitre une grande partie de l’histoire de ce pays, car cest le passé qui reflete le present et projete le futur, c’est cela la demarche de celui qui rêve de se faire au moins la carriere d’un chroniqueur d’articles historiques. Car pour se faire la carriere de l’historien demande plus une formation specifique et rigoureuse.
    La Republique du Congo a connu la vague
    d’africanisation des noms des lieux, des
    villes à partir de 1970 quand Marien Ngouabi,jeune parachutiste d’ideologie marxiste leniniste, troisieme president du Congo est aux affaires depuis 1965. Cela montre que la vague d’africanisation en Republique du Congo a commencé avant même que Mobutu pense à cela et avant Sankara.
    Ngouabi debaptise les noms des lieux au Congo, des villes, des avenues, etc…. Il garde le nom de Brazzaville, pour une exception historique qui est: Brazzaville était la capitale de l’Afrique Equatoriale Française(A.E.F), moteur,siege centrale de cette époque historique, puisque tout se decidait à Brazzaville, et on appliquait dans d’autres colonies. Et Brazzaville a été la capitale de la France Libre, d’ou est partit la resistance française contre Hilter en Afrique; elle se faisait à Brazzaville, avant que Dakar s’allie aussi à la cause de De Gaulle. Donc c’est tout un symbole, c’est un lieu tant historique qui regorge l’histoire des deux continents.
    Ce n’etait pas le cas de Leopoldville qui etait la capitale de l’unique colonie belge en Afrique, tout se decidait en Belgique et on appliquait chez vous, au Congo belge.
    Et ce nom «Brazzaville» est devenu reference de la liberation contre le Nazisme en Afrique, Brazzaville symbole de la lutte des droits de l’homme non pas seulement pour les français mais aussi pour les Africains en général, car il faut que tu saches que si Hilter avait gagné la bataille contre la France, il prenait toutes les colonies françaises en Afrique, et comme pour le cas du Congo Brazzaville, étant voisin du Congo Belge, la Belgique étant deja tres faible en Europe, Hilter envahissait le Congo Belge et ça devrait être encore pire chez vous, puisque deja Leopold II etait responsable du genocide, du massacre des milliers de vos parents à cause de la recolte du caoutchouc. Donc Brazzaville est devenu ce grand defenseur des peuples africains et européens. Du coup Ngouabi avait laissé ce nom.
    Et aujourd’hui cette tendance de debaptisation des noms des lieux n’a plus de sens en Histoire, car l’histoire c’est le vecu quotidien de ce qui s’est fait tant par les colons, tant par les colonisés, l’histoire c’est le bon et le mauvais coté, on apprend avec tout ce qui est y, c’est ça l’histoire pour mieux apprendre et tirer les leçons. On apprend avec les symboles, les noms de tout le monde pour comprendre le passé dans son integralité sans cacher, effacer une partie des faits. Sois encore plus reflechi, plus solide dans tes arguments, quand tu veux écrire sur un aspect historique d’un pays en lisant beaucoup l’histoire de ce pays quelconque, et même la politique de ce pays.

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