D'année en année, le FIFBM présente une programmation plus colorée, en contrepoids à l'omniprésence de la communauté blanche dite "de souche " dans les médias de la belle province.

Ouverture du Festival International du Film Black de Montréal 2016

Le 28 septembre 2016, le Festival International du Film Black de Montréal (FIFBM) annonçait en grande pompe la programmation de sa 12e édition au cinéma Impérial, situé dans le centre-ville montréalais. Pour lancer les festivités qui ont pour thème « Exprime-toi », l’organisation de Fabienne Colas a choisi cette année de présenter l’émouvant documentaire Maya Angelou And Still I Rise. Bonus pour les participants, la codirectrice de l’oeuvre, Rita Coburn Whack était présente pour répondre aux questions des spectateurs.

D'année en année, le FIFBM présente une programmation plus colorée, en contrepoids à l'omniprésence de la communauté blanche dite "de souche " dans les médias de la belle province.

D’année en année, le FIFBM présente une programmation plus colorée, en contrepoids à l’omniprésence de la communauté blanche dite « de souche  » dans les médias de la belle province.

Démarrant devant une salle comble, Manuel Tadros, père du prodige Xavier Dolan et porte-parole de cette édition du festival Black supporté par la Fondation Bronfman pour une seconde année, annonce la présidente d’honneur de l’événement culturel, Mme Monique Jérôme-Forget, ancienne ministre des Finances du Québec et docteure en psychologie. « Ce festival Black, ce festival International, c’est très important.» dira celle qui occupe aussi le poste de présidente du CA du Musée McCord. Elle précise :  « C’est encore très important de nous assurer que cette culture, qui a toute une histoire, soit vue par tout le monde. »

Si cela est bien l’avis de Mme Jérôme-Forget, les médias québécois suggèrent toute autre chose. Le manque de couverture ou d’ouverture  est flagrant. Les télévisions, médias, radios généralistes brillaient, encore une fois, par leur absence prônant toujours cette vision caduque de la société québécoise.

Malgré cela, le success-story du Festival ne bronche pas. Comblée de qualités par Manuel Tadros qui d’ailleurs soutient parler créole, Fabienne Colas se présentait toujours souriante, animée par les applaudissements de la foule. « Cette plateforme pour les cinéastes qui prennent un risque pour un choix de sujet non commercial. » comme exprimera l’Haïtienne de naissance, permet aussi d’apprécier le travail de réalisateurs renommés.  Cette année, le Prix d’Excellence en Carrière 2016 du FIFBM fut remis à Clement Virgo. Immigré à 11 ans au Canada de la Jamaïque, il a dirigé la série de 2015 The Book of Negroes en plus de produire des films avec nulle autre qu’Oprah Winfrey.

Après une inexplicable vidéo de présentation qui manquait certainement d’amour,  médusant la foule, l’ovationné Clement Virgo fut enchanté de réclamer son prix, même si, âgé aujourd’hui de 50 ans, il se prétend trop jeune pour cette attention.

Le directeur de la programmation cofondateur du festival, et conjoint de Fabienne Colas,  M. Émile Castonguay n’a pas manqué de remercier et faire applaudir les réalisateurs présents dans la salle avant de présenter le clou de la soirée, le documentaire Maya Angelou And Still I Rise.

Durant les deux heures qu’on duré le film, les spectateurs ont pu découvrir, le parcours hors du commun de la poétesse, chanteuse, danseuse et surtout humaine de Mme Maya Angelou. Traversée par des époques insensées, inégales,  Rita Coburn Whack nous rend spectateurs de moments historiques, inédites, tragiques, de moments de la vie de Maya Angelou. L’influence de cette grande femme de six pieds a marqué au plus haut niveau la culture américaine en passant par Oprah, par Bill Clinton, Quincy Jones et même le défunt chanteur Tupac Shakur pour son usage outrancier du « n-word». Au Québec, on est loin de la montagne pour paraphraser le  Dr. King, alors que le Noir chérit des médias, un certain Normand Brathwaite, louange ce mot et ne se gêne pas pour le dire en prime à la télévision. Peut-être est-ce là le secret de son succès « grand-public » québécois?

Suite au visionnement, Rita Coburn Whack s’est prêtée patiemment  pendant 45 minutes aux questions des réalisateurs, militants, étudiants, curieux présents dans la salle, détaillant le travail colossal, qui a duré cinq années, pour boucler une telle production. Près de 4000 photographies ont été écumées pour en choisir 314 et plus de 200 heures de film ont été visionnées afin d’en sélectionner 29 minutes pour les inclure dans cet exceptionnel documentaire sur Maya Angelou.

Le 12e Festival International du Film Black (FIFBM) se tient du 28 septembre au 2 octobre 2016.

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