Le tableau "Tutu" (1973) par Ben Enwonwu représente la sublime beauté de la Princesse Ife Adetutu Ademiluyi.

La Mona Lisa Africaine vendue pour 1 million d’euros à Londres

L’art noir atteint de nouveaux sommets comme indique la vente, hier, du portrait de la Princesse nigériane Ife, Adetutu (Tutu) Ademiluyi immortalisée par le peintre nigérian Ben Enwonwu pour un peu plus d’un million d’euros dans une enchère londonienne.

Le tableau "Tutu" (1973) par Ben Enwonwu représente la sublime beauté de la Princesse Ife Adetutu Ademiluyi.

Le tableau « Tutu » (1973) par Ben Enwonwu représente la sublime beauté de la Princesse Ife Adetutu Ademiluyi.

On pensait tirer que 300.000 euros de la célèbre toile originale de la Princesse Tutu par Ben Enwonwu dont les reproductions habillent la plupart des foyers nigérians. Le contexte actuel a fait plus que triplé la mise à la galerie Bonhams, le 28 février 2018, puisque cette toile avait disparu en 1975 avant d’être retrouvée dans un appartement londonien en 2017, hérité par un individu qui désire rester dans l’anonymat.

Dans l’ère du temps, le mouvement mondial qu’a créé la sortie, la semaine dernière, du film Black Panther qui auréole la royauté africaine, y est peut-être aussi pour quelque chose dans le prix majoré de la toile où se pose une authentique reine africaine. Ce film de superhéros à gros budget de Marvel a exacerbé la fierté noire sur les cinq continents, du simple individu à la mégastar.

Un autre tableau de Ben Enwonwu intitulé « Négritude » a trouvé preneur cette même journée pour 100.000 euros.

Le peintre africain, auteur du chef-d’œuvre Tutu, est né à Onitsha, une ville portuaire nigériane en 1917. Né dans une famille aisée, Ben Enwonwu étudie l’art et l’anthropologie en Angleterre et aux États-Unis avant d’enseigner lui-même. Il fut mondialement reconnu lorsqu’il fit un bronze de la reine Elizabeth II alors qu’elle rendra visite au Nigeria en 1956. Mais c’est sa toile Tutu qui le propulse dans la sphère réduite des Maitres. Le père du modernisme nigérian meurt dans son pays en 1994 après avoir reçu l’Ordre de l’Empire britannique, l’Ordre National du Mérite au Nigeria et fait Officier de l’Ordre National de la République au Sénégal.

Ben Enwonwu dans son atelier d'art à Ikoyi, banlieue de Lagos, Nigeria

Ben Enwonwu dans son atelier d’art à Ikoyi, banlieue de Lagos, Nigeria

L’art noir compte aujourd’hui de plus en plus d’aficionados parmi les salons les plus huppés du globe. L’artiste afro-américain Marck Bradford  a vendu sa toile « Constitution IV » pour 5.8 M$ US, l’Éthiopienne Julie Mehretu cède « Retopistics: A Renegade Excavation » pour 4.6 M$ US et en 1996 Chris Ofili se défait de The Holy Virgin Mary, une peinture qui représente une Vierge noire peinte de façon abstraite pour 4.5 M$ US.

C’est un artiste Noir, un Haïtien, qui tient le record de la plus chère brocante par un artiste américain et celui d’un artiste noir également. 110.4 M$ ont été déboursés pour acquérir une œuvre sans titre, fait à l’aérosol par Jean-Michel Basquiat (1960-1988). C’est l’une des dix œuvres de l’histoire à avoir dépassé le cap des 100 M$ US.

Cet art noir est en émergence partout et surtout à la grandeur d’un continent noir qui est en pleine mutation et en expansion.

Par contre, il ne faut pas oublier que cet art millénaire, reconquis par des artistes contemporains, a perdu un pan important de son patrimoine puisqu’il fut volé, pillé, truandé pendant des centaines d’années de colonisation. Actuellement, la France refuse toujours de restituer des trônes et bijoux pillés à l’État béninois.

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  1. Anonyme
    Mar 02, 2018 - 06:38

    Pourquoi la référence ??

    Répondre
  2. Anonyme
    Mar 03, 2018 - 12:52

    Ce n’est pas la « Mona Lisa africaine », c’est  » Tutu » de l’artiste-peintre nigérian Ben Enwonwu. Une oeuvre réalisée en 1973, en l’honneur de la beauté sublime d’une princesse Ifé, du nom de Tutu. Ce tableau a été longtemps dérobé puis retrouvé dans un appartement londonien vpar ceux-là qui ne supportent pas de voir le « beau » sortir d’Afrique. Voilà pourquoi au lieu de l’identifier par son vrai nom, « Tutu », on préfère lui coller le sobriquet de la  » Mona Lisa africaine « , en référence à leur « Joconde ». Indignons-nous!!! Tutu c’est  » Tutu ».

    Répondre
    • Anonyme
      Mar 03, 2018 - 03:54

      Merci. J’ai toujours détesté les références

      Répondre
    • Francine
      Mar 03, 2018 - 06:50

      Merci! Je déteste quand ils font ça….

      Répondre
    • Anonyme
      Mar 04, 2018 - 08:20

      Nous n’avons que faire des princesses Ifé, des Mona Lisa aristocratiques. La négritude néocoloniale a pénétré l’art capitaliste.

      Répondre
    • Anonyme
      Mar 04, 2018 - 10:13

      Alain Bou, vous êtes hors-sujet. On ne fait pas ici une critique de l’art. Nous essayons de revendiquer l’authenticité d’une oeuvre. Pour la critique, chacun est libre d’en faire.

      Répondre
  3. LencreNoir.com
    Mar 03, 2018 - 03:45

    Je suis votre logique.

    Répondre

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