Dévoilement du programme 2017-18 de l'OSM à la maison symphonique de Montréal le mercredi 22 mars 2017

L’OSM: un programme 2017-18 qui souffre de xénophobie

C’est en toute arrogance que l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM) dévoilait son programme 2017-18 devant une assistance conquise d’avance. Dans le calendrier de l’orchestre qui se doit d’être représentatif des Montréalais, rien pour les communautés noires.

Invité à la maison symphonique de Montréal le mercredi 22 mars 2017, on se rend inévitablement compte que la diversité culturelle n’est pas vantée dans cette enceinte. Parmi les dizaines d’employé(e)s qui m’ont aimablement dirigé vers ma place, tous étaient blancs. Surprenant, puisqu’à l’extérieur de ces murs, vous ne pourrez faire dix mètres sans croiser un non-blanc. Pareillement pour les gens présents au dévoilement du programme 2017-18 de l’OSM. L’homogénéité y est saisissante.

Marianne Perron et Kent Nagano

Marianne Perron et Kent Nagano

Dans la conférence de presse, où était présent le maestro Kent Nagano, la diversité fut abordée, puis présentée comme un page blanche. Rien. Jamais je n’ai entendu le mot « diversité » autant galvaudé. On a parlé de diversité de voix et même poussé la note avec la diversité d’instruments de musique.

Même vision sectaire avec la série OSM Pop qui ose se donner comme mandat de rejoindre un public plus diversifié. Résultat cette année:  absence totale de Noirs. Pourtant, il y a un an, le maestro Simon Leclerc, par curiosité faut-il le mentionner, s’était imposé le mandat d’amener des Noirs à l’avant-scène.

Peut-être que le Directeur général, Opérations et Adjoint exécutif au Président, BMO Groupe financier, Québec, M. Claude Gagnon représentant la Banque de Montréal qui supporte depuis 36 ans l’OSM n’était pas au courant du programme avant qu’il lança ces mots: « Nous souhaitons que ces festivités (350e de Montréal , 150e du Canada, 200e de BMO) viennent toucher le coeur de TOUS les Montréalais, et voici ce que l’OSM réussie de faire chaque année.» et poursuivra «Comme on dit, il y en a pour tout le monde dans ce que nous propose l’OSM dans sa prochaine saison. »

C’est drôle, en feuilletant les 36 pages du programme 2017-18 de l’OSM je n’y ai vu aucune figure noire, des visages qui représentent environ 10% de la population montréalaise. Ni dans les photos de l’orchestre, ni comme musicien, dans aucun groupe musical participant, ni dans les images de choeurs, même pas comme rappeur, nulle part.  Questionnée sur l’impressionnante manque de représentativité dans la saison régulière de l’OSM,  Marianne Perron directrice, programmation musicale, nous répondait: « Il y aura des choses cet été. Vraiment. Une programmation dans le cadre de la virée classique qui fait une grande place aux différentes communautés culturelles. Je ne peux pas vous en dire plus. » Mme. Perron n’a pu nous indiquer quels artistes noirs en feraient partie, même après quelques secondes de réflexion. Puis, tout en se justifiant : « Notre tradition musicale est principalement issue de l’Europe de l’Ouest. Les compositeurs qui ont écrit pour notre formation  sont souvent, principalement français, allemands, italiens, à partir du début du 18e siècle. C’est un peu cela notre répertoire. » La directrice à quand même voulu préciser que l’OSM s’ouvrira culturellement en interprétant des compositeurs Suédois et Islandais… Personnellement, je n’y vois aucune différence!

De plus, le vieux continent n’est certainement pas un exemple d’inclusivité. L’auteure et scénariste Candace Allen a déclenché un tollé après avoir dénoncé que le monde de la musique classique britannique est raciste. En début d’année 2017, le Ballet de l’Opéra de Paris a été dépeint de manière identique par nul autre que son ex-directeur artistique, Benjamin Millepied: raciste, caduque.

Madeleine Careau, chef de la direction de l’OSM, après avoir remercié les indispensables partenaires gouvernementaux et autres (son discours était principalement un remerciement aux bailleurs de fonds), affirma que le public s’agrandit et se rajeunit.  Une affirmation en contradiction avec l’étude mené par Le National Endowment for the Arts (NEA), une agence indépendante culturelle fédérale des États-Unis et la League of American Orchestras qui démontre une diminution de l’auditoire de 30 % depuis 1982.

On pourrait alors se demander si, avec cette prétendue hausse, l’OSM tente réellement de sympathiser avec tous les Montréalais ou se concentre sur sa population blanche? Une question qui peut paraitre ridicule, mais l’exercice s’impose.

En janvier 2017, Simon Brault, directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada, écrivait ces lignes :  « Dans la sphère publique, les Canadiens célèbrent la diversité. Toutefois, on ne peut passer sous silence la discrimination systémique et les barrières encore présentes dans la société canadienne. Malheureusement, le secteur des arts et les institutions publiques n’y échappent pas.»

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  1. Émile Dubois
    Mar 25, 2017 - 05:21

    Hey… get a life !

    Répondre

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