Le capitaine Pansau N'Tchama en 2009

L’instable Guinée-Bissau fait face à un autre coup d’État

La dernière tentative de coup d’État en Guinée-Bissau semble avoir été fomentée au Portugal et conduit par un soldat exilé dans le pays européen selon les déclarations d’un porte-parole du gouvernement lundi.

Le capitaine Pansau N'Tchama en 2009

Le capitaine Pansau N’Tchama en 2009

Le principal suspect du coup d’État manqué de dimanche est Pansau N’Tchama, un ancien garde du corps du chef de l’armée Bisssau-Guinéenne, selon les dires du porte-parole du gouvernement Fernando Vaz. Au Portugal, le capitaine N’Tchama, ex-membre des « Bérets rouges », la garde présidentielle, était en formation militaire depuis juillet 2009.

« C’est un homme aux ambitions politiques qui vit au Portugal », a déclaré Vaz « M. Ntchama est venu ici afin de mener à bien cette tentative de coup… Il est arrivé par la Gambie, puis s’est dirigé en Angola afin de prendre des armes…. Il a fui dans la brousse, mais nous sommes sûrs que nous allons l’attraper. »

La tentative de coup d’État a débuté dimanche à 4 heures du matin quand des hommes armés menés par N’Tchama ont ouvert le feu sur une base militaire de bérets rouges près de l’aéroport international de la capitale, Bissau. L’armée a riposté et les putschistes ont fui, selon M. Vaz.  Au moins six soldats ont été tués. Quatre ont été capturés.

Un propriétaire de taxi qui se trouvait près du lieu de l’attaque a déclaré que la fusillade l’a réveillé.

« Nous avons entendu des tirs violents venant du camp militaire de Basere, situé près de l’aéroport », a déclaré Ahmadou Bah. « Nous avons appris plus tard que c’était des soldats rebelles qui avaient attaqué le camp et il y avait au moins six morts dans leurs rangs », rapporte-t-il.

Le calme est revenu à Bissau, selon le témoin, mais la population est toujours dans la peur, peur qu’il pourrait y avoir d’autres dissensions.

Au moins quatre des six victimes étaient des assaillants qui travaillent avec N’Tchama. Ils étaient du groupe ethnique Diolas, qui est le groupe ethnique dominant à la fois en Gambie et dans la région de la Casamance au sud du Sénégal, deux pays voisins de la Guinée-Bissau.

L’instable Guinée-Bissau a eu tant de coups d’État qu’aucun dirigeant élu n’a été en mesure de terminer son mandat dans les 38 années écoulées depuis que la Guinée-Bissau a obtenu son indépendance du Portugal. Le coup le plus récent a eu lieu en avril, quelques semaines avant l’élection présidentielle.

Le Portugal s’est contenté d’appeler au calme dans un communiqué publié dimanche, mais le gouvernement n’a pas répondu aux accusations selon lesquelles les putschistes étaient en mesure de planifier leur attaque à partir du sol portugais.

« Le gouvernement portugais se déclare préoccupé par la situation en Guinée-Bissau après une nouvelle instance d’action militaire », indique le communiqué. « Il n’y a pas de solution militaire pour les problèmes auxquelles la Guinée-Bissau est confrontée. »

M. Vaz qualifie la tentative de putsch d’« inadmissible » et déclare que « le seul but est de compliquer notre transition (vers la démocratie) et de jeter le doute sur la stabilité de notre nation. »

M. N’Tchama serait également été impliqué dans la mort de l’ancien président João Bernardo Vieira dit « Nino Vieira », selon M. Vaz. Nino fut assassiné par des hommes en armes, le 2 mars 2009 après avoir fait un retour en politique en 2005, six ans après avoir été évincé du pouvoir à la suite d’une guerre civile. Nino fut lui-même arrivé au pouvoir par un coup d’État sur Luís Cabral, demi-frère du mythique Amilcar Cabral.

La petite nation de la Guinée-Bissau, environ 18 plus petite que la France, est également devenue l’un des principaux points de transit de la cocaïne pour l’Europe, expédié en provenance d’Amérique latine. Les factions au sein de l’armée sont connues pour être impliquées dans le trafic et les analystes estiment que la plupart des récentes turbulences du pays résultent des guerres intestines pour le contrôle du trafic de cocaïne un trafic lucratif dans lequel des militaires de haut rang sont soupçonnés d’être impliqués.

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