Fils d'enseignants, Leslie Manigat est issu de l'élite progressiste du Nord d'Haïti. Il a suivi des études universitaires à la Sorbonne où il obtint un doctorat en philosophie.

L’ex-président haïtien Leslie Manigat meurt à 83 ans

Leslie François Maniga est une figure politique de premier plan en Haïti. Il a servi comme président en 1988 puis renversé par un coup d’État militaire, sans effusion de sang, quatre mois et treize jours plus tard. Il est décédé vendredi 27 juin, à son domicile de Port-au-Prince en Haïti.

M. Manigat était malade depuis un certain temps. Son état a été compliqué par un récent épisode du chikungunya, la « maladie de l’homme courbé », un virus transmit par les moustiques qui s’est propagé en Haïti.

Fils d'enseignants, Leslie Manigat est issu de l'élite progressiste du Nord d'Haïti. Il a suivi des études universitaires à la Sorbonne où il obtint un doctorat en philosophie.

Fils d’enseignants, Leslie Manigat est issu de l’élite progressiste du Nord d’Haïti. Il a suivi des études universitaires à la Sorbonne où il obtint un doctorat en philosophie.

Manigat venait d’une famille d’enseignants et de politiciens ayant des racines dans la côte conservatrice du nord d’Haïti, où la plupart des combats qui ont conduit à l’indépendance de la France en 1804 ont été combattus. Son grand-père, François Manigat, était un général et un candidat pour la présidence à la fin du 20e siècle.

Leslie François Manigat Saint Roc est né le 16 août 1930, à Port-au-Prince. Il était l’un des quatre enfants de François Saint-Surin Manigat, un professeur de mathématiques et Haydée Augustin également enseignante. Il poursuit son doctorat à la Sorbonne sans pourtant écrire de thèse.

En 1958, François Duvalier lui a demandé d’établir une école d’études supérieures à l’Université d’Haïti. En 1960, Papa Doc accuse M. Manigat d’aider l’instigateur d’une grève étudiante. Il est emprisonné pendant deux mois, puis fui le pays. Il est resté en exil 23 ans. Enseignant en France, aux États-Unis et en Amérique latine, ses discours encouragent l’éviction de la famille Duvalier. (Jean-Claude Duvalier, à 19 ans, succède à son père à sa mort en 1971.)

Au Venezuela, il se politise et forme un parti politique, le Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) dont l’aile armée s’entrainait dans l’espoir d’envahir Haïti au début des années 1980.

De retour en Haïti, après le départ de Jean-Claude Duvalier, candidat, il a été élu le 17 janvier 1988. Un vote considéré déloyal, organisé par le bras de l’armée et boycotté par les principaux partis d’opposition et de l’électorat. L’opposition avait déclaré que le militaire avait ruiné les premières élections libres en Haïti, trois décennies après les années dictatoriales de Jean-Claude Duvalier, connu comme «Baby Doc», et son père, François Duvalier, «Papa Doc».

M. Manigat couronné, le pouvoir du lieutenant-général Henri Namphy se dissout. Non élu, Henry Namphy surnommé « Ti-blan » avait maintenu la dictature du pays deux ans après l’exil de Jean-Claude Duvalier. Homme de tête, Leslie Manigat s’entoure d’intellectuelles lors de son court mandat sous l’œil nerveux des militaires haïtiens.

À la mi-juin, M. Manigat et le général Namphy sont enlisés dans une lutte de pouvoir. Le 17 juin M. Manigat licencie et enferme audacieusement le commandant général des forces armées, l’accusant d’insubordination. Deux jours plus tard, il proclame une réorganisation de l’armée haïtienne.

Le Général Namphy réplique rapidement à l’aide de troupes qui lui sont fidèles pour se saisir du palais national. M. Manigat fut contraint en garde à vue à son domicile. Le Général Namphy reprit le pouvoir et ce re-proclama président et mis en place un nouveau gouvernement militaire.

Le pétrin haïtien alla de plus belle. En septembre, le général Namphy se fut renversé par un coup d’État par des sous-officiers. Le lieutenant-général Prosper Avril, le chef de la garde présidentielle et ancien conseiller Duvalier, se propulsa lui-même à la présidence. Celui-ci partit en exil en mars 1990 sous la pression des opposants politiques appuyés par les gouvernements français et américain.

M. Manigat est l’auteur de plusieurs livres. Il avait une façon de parler d’esprit qui allait bien avec les étudiants haïtiens. Ses admirateurs disent qu’il avait un esprit d’analyse pointu. Ses détracteurs penchent sur ambition, sa volatilité voire un homme orienté vers les intrigues.

M. Manigat reçut un prix littéraire en 2004 offert à la Miami Book Fair International. Il fut de nouveau candidat à la présidence haïtienne en 2006, terminant deuxième derrière René Préval, lui-même un ancien président.

Son épouse, Mirlande Manigat, a été candidate à l’élection présidentielle de 2010. Elle aussi subit la défaite devant le musicien, chanteur populaire et actuel président, Joseph Michel Martelly.

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