Les OGM testés au Ghana

Depuis quelques mois, le gouvernement ghanéen souhaite, brisé avec la tradition pour introduire du maïs génétiquement modifié sur ses terres. Beaucoup d’agriculteurs refusent un tel bouleversement de leurs cultures.

Tettey Nartey, un agriculteur : «  Il faut promouvoir améliorer notre propre semence. Elles sont nutritives et leur durée de vie est longue. Par ailleurs, nous n’avons aucun problème avec nos graines », il ajoute « Tout ce qui n’est pas naturel. Ce n’est pas bon. Alors, il faut être très prudent. »

Au nom du principe de précaution de nombreux pays, on interdit jusqu’ici les OGM. Le Ghana souhaite ici imiter l’Afrique du Sud, le premier pays à avoir donné le feu vert en 2008 aux vendeurs de semences tel que Monsanto sur son territoire. Aujourd’hui seulement l’Égypte, le Burkina Faso et le Soudan acceptent cette biotechnologie en Afrique.

L’an dernier le Ghana a autorisé les premiers tests de cultures OGM, non sans rencontrer de résistance. En janvier la Coalition des Droits des Agriculteurs s’est réunie à Accra pour protester contre cette production. Une page Facebook a même vu le jour « No GMO GHANA ».

On voit présentement apparaître des cultures OGM de patate douce, niébé et coton, dans le but avoué de rendre ces plantes plus résistantes et augmenter leur rendement. Une solution miracle contre la famine et les changements climatiques.

Et pour « bénéficier » de ces graines de laboratoire, chaque année les fermiers devront acheter la semence brevetée à leurs propriétaires. Une atteinte a la souveraineté alimentaire selon les associations qui dénoncent la tentative de main mise sur un moteur économique vital du continent par des multinationales au profil néocolonial.

Les ressources des vendeurs de semences sont énormes et leurs lobbys puissants.  Actuellement une délégation de représentant de biotechnologie sillonne les marchés africains pour déverser leur marchandise qui pourtant est bannie de plusieurs marchés européens.

En janvier 2007, la société Monsanto fut condamnée par le tribunal correctionnel de Lyon pour publicité mensongère relativement au produit Roundup. Quelques années auparavant, la firme avait déjà fait l’objet d’une condamnation aux États-Unis pour le même motif. Depuis, il n’est plus possible pour Monsanto d’indiquer que le Roundup est un produit sans risques pour l’environnement.

Le 15 mars 2014, le ministère de l’Agriculture français interdisait pour une seconde fois l’usage du MON810, s’alignant sur des décisions similaires de la Pologne et l’Allemagne. Ce maïs de la firme Monsanto, auquel on a ajouté, le gène d’une bactérie fut le seul maïs OGM cultivé dans l’Union européenne. Le gouvernement français atteste que le MON810 sans mesures de gestion adéquates présenterait des risques graves pour l’environnement ainsi qu’un danger de propagation d’organismes nuisibles devenus résistants.

Aussi, dans un virage brusque et surprenant, le Sri Lanka a interdit le glyphosate, l’ingrédient actif dans la plus vendue herbicide de Monsanto, le Roundup, en raison des préoccupations que le produit chimique peut être lié à une maladie rénale mystérieuse qui a tué des dizaines de travailleurs agricoles.

Mais ceci n’arrête en rien les efforts mercantiles du géant multimilliardaire Monsanto. Pas plus loin que la semaine dernière (20 mars 2014) le Advertising Standards Authority of South Africa, (ASA) une entité indépendante organisée et financée par les membres de l’industrie des communications marketing de l’Afrique du Sud, tapait sur les doigts du vendeur de semences transgéniques en lui demandant de retiré une publicité radio.

Dans le message radio, Monsanto affirme que sa biotechnologie  « permet de produire plus de nourriture, tout en utilisant moins de ressources, de fournir un environnement plus sain en économisant sur les pesticides; diminuer les émissions de gaz à effet de serre et d’accroître sensiblement les rendements des cultures », mais selon l’ASA, ces revendications sont « sans fondement ».

Pour sa défense Monsanto a offert «des liens vers des documents sur son site Web », mais a été incapable de fournir des éléments requis en accord avec la loi sud-africaine. Ceux-ci incluent: des commentaires d’experts indépendants et crédibles confirmant les différentes études que Monsanto invoquée montrant les avantages apparents des OGM.

« Nous sommes ravis de cette décision. Monsanto a déjà été averti par l’ASA dès 2007 qu’il a besoin pour étayer ses allégations d’un expert indépendant et crédible en matière d’aliments génétiquement modifié en ce qui concerne ses allégations desdits avantages des cultures. Cependant, il semble que Monsanto n’a pas beaucoup de respect pour la loi sud-africaine, il s’est acharné sur la diffusion de fausses informations au public sud-africain », a déclaré Mariam Mayet, chef de la direction de l’African Centre for Biosafety.

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