Les communautés noires se soudent avec l’AFPRO

Samedi 5 avril 2014, la communauté Noire montréalaise des affaires se donnait rendez-vous à l’AFPRO. Une première qui tentait de regrouper sous une bannière unique, l’ensemble des Noirs habituellement divisé soit par la langue (anglais, français), soit par leurs affiliations respectives.

C’est avec la collaboration de l’Ujamaa Initiave for Black Entrepreneurship (U.I.B.E), le Réseau des Entrepreneurs et Professionnels Africains et la Jeune Chambre de Commerce Haïtienne (JCCH) que cette journée a pu exister.

Intriguée par ce nouvel élan, l’Encre Noir a contacté Karine Joizil, cofondatrice et vice-présidente de la JCCH. L’avocate nous avoue que ce contexte novateur offre plus d’opportunités et est une mise en commun des efforts de chacune des associations. Elle se défend bien de vouloir scinder son groupe avec un autre, la JCCH stimule l’entreprenariat dans un groupe précis et contribue à donner naissance à une nouvelle génération d’entrepreneurs. Mais selon Me Joizil, le poids de la JCCH ne se borne pas seulement à être une ressource pour ceux qui veulent bien l’exploiter, c’est le symbole d’une force économique vive et d’un poids politique actif.

La journée fut concoctée en deux volets. Un pour les entrepreneurs qui désirent être plus efficients dans leurs affaires, et celui des professionnels qui aspirent à une carrière à la mesure de leurs ambitions. Les séances de formations bilingues (français, anglais) se déroulaient de façons concurrentes, d’un coté les businessmen en herbe et de l’autre, les femmes et hommes de carrière.

En aparté, Nancy Falaise du salon de coiffure « Nana et les Girls » a sensibilisé sur l’importance des cheveux au naturel. Un cheveu non défrisé, non texturé. Forte d’une rémission d’un cancer du sein, elle a banni tout défrisant de son salon. Plusieurs conseils ont été offerts aux jeunes dames qui voulaient toujours en savoir plus, puisque très concernées. Elle a su expliquer de façon très convaincante la toxicité des défrisant qui pénètrent les pores du cuir chevelu et affectent gravement la santé. Elle y fait un parallèle entre l’utilisation abusive des défrisant par la communauté noire et la surprévalence des fibromes dans cette même communauté.

En aparté, Nancy Falaise du salon de coiffure « Nana et les Girls » a sensibilisé sur l’importance des cheveux au naturel. Un cheveu non défrisé, non texturé. Forte d’une rémission d’un cancer du sein, elle a banni tous défrisants de son salon. Plusieurs conseils ont été offerts aux jeunes dames qui voulaient toujours en savoir plus, puisque très concernées. Elle a su expliquer de façon très convaincante la toxicité des défrisants qui pénètrent les pores du cuir chevelu et affectent gravement la santé. Elle y fait un parallèle entre l’utilisation abusive de défrisants par la communauté noire et la surprévalence des fibromes dans cette même communauté.

Du bord entrepreneur devant une salle pleine Meinna Gwet démarre en abordant le financement, le crédit, les investisseurs, les anges investisseurs tout en offrant une pléthore de ressources. Et pendant ce temps, Nathalie Carrénard qui exerce la profession mythique de chasseur de têtes propose aux carriéristes d’être visible et surtout de postuler le plus rapidement possible, avant que l’emploi ne trouve son employé ou « avant que la messe ne soit dite » pour la citer. Ses propos furent renforcés par Alexandre Doire, un recruteur avec un background en philosophie. Tout est possible…

2e Round. Karine Joizil, très à l’aise au micro parle de ce qu’elle connaît le mieux, la loi. Elle éduque sur la forme juridique de l’entreprise, les ententes de non-divulgations, droit d’auteur et brevets. Son opposée dans l’autre salle, Elizenda Jean-Claude sensibilisait sur comment retrouver la route de l’emploi et informe que 70% de postes ne sont pas affichés.

Pour le diner, alors là, les convives ont eu droit à leur propre débat politique, tout en savourant le repas couvert par le prix du billet. Les quatre principaux partis politiques du Québec que sont le Parti Libéral du Québec (PLQ) représentés par Carlos Leitao, le Parti Québécois (PQ) par Alain Therrien, la Coalition Avenir Québec (CAQ) par Carlie Dejoie, et le Québec Solidaire (QS) par Claude Généreux se sont présentés pour une des dernières joutes modérées par l’animatrice de Global-TV Elysia Bryan-Baynes, tout juste avant l’élection provinciale prévue pour le  lundi 7 avril.

Après présentations et questions d’usages préparées d’avance la foule a eu droit de poser leurs propres questions. La fameuse charte de laïcité proposée par le PQ ne fut abordée par nul autre que Karine Joizil en questionnant si l’impact économique de cette loi a été pris en compte.

Le député péquiste élu allègue qu’en balisant les pratiques « mystérieuses » d’un immigrant, il aura plus de chance de se faire engager tout en promettant une application en douceur de cette loi. Le PLQ accuse le PQ de n’avoir fait aucune étude et d’avoir inventé un problème puisqu’aucune femme drapée n’exerce au gouvernement. QS lui répond avec une citation-choc pour la circonstance: « Visa le Noir, tua le Blanc » stipulant que la charte divise et l’égalité homme-femme est assurée par les différentes chartes auxquelles les Québécois sont déjà assujettis. D’après les chiffres de Claude Généreux, qui brigue la circonscription de Montréal-Nord, seulement 10 000 personnes sur 64 000 personnes y sont « de souche », donc Blanches et le français est la langue la plus parlée, aborde le racisme et les problèmes d’intégrations qui sont plus authentiques et criants que la charte du PQ.

Une autre question représentative de cette audience particulière questionnait sur le fait qu’au Québec les Noirs sont sous-représentés dans les séries télévisés tandis que dans la province voisine, l’Ontario, le gouvernement a pris des mesures solides afin que les Noirs puissent jouir d’une télévision représentative. PLQ : évite le sujet par « Création d’emploi et richesse ». QS : avoue le problème en mentionnant la série 19-2… Version ontarienne avec des personnages principaux noirs vs version québécoise décolorée. CAQ : faut regarder de près. PQ : je cite « je n’avais jamais pensé à ça, jamais remarqué […] Je vais en parler à Maka*! Aux États-Unis ça se fait beaucoup… hein? » Toujours ce glissement traditionnel du PQ envers les communautés culturelles.

L’après-midi fut la continuité de ce happening. Maudelaine Myrthil focalisait sur les outils numériques pour augmenter ses ventes en passant beaucoup de temps sur les services de Google. Pour sa part, Madeleine Champagne tentait de convaincre les chercheurs d’emplois de convaincre. Elle propose cheveux courts et fixés, habits clairs, le noir boit la lumière, donc à éviter… Un modèle homogène de présentation selon certains. De quoi parlait-on ici,  convaincre ou séduire? L’auditoire réfractaire questionnait ses techniques allant jusqu’à laisser entendre que ce visuel ne s’appliquait pas aux Noirs.

Pour conclure, la radieuse Earlyn Sharpe rassemblait enfin les deux foules, entrepreneurs et salariés sur le thème l’art de se vendre. Sur un ton quasi maternel, elle se présentait souriante, cheveux courts, fixés, habits majoritairement clairs. L’auditoire fut hautement séduit.

*Maka Kotto est un Camerounais, acteur et humoriste et ministre de la Culture et des Communications sous le Parti Québécois

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