En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

Le Noir face au christianisme: un schisme socioculturel

C’est au XIX ème  siècle, pendant le déferlement colonial que le christianisme s’est largement implanté en Afrique noire. Asseoir cette nouvelle religion ne se faisait pas sans impacts psychologiques, voire une crise identitaire pour le Nègre converti.

La religion est un trait principal du peuple africain. Elle constitue le creuset où s’entremêlent son patrimoine idéologique et ses manifestations sentimentales. Avec l’avènement du christianisme, des apports occidentaux rattachés à cette religion apparaissent pour envahir cet apanage socioculturel. La diffusion du christianisme, tel qu’elle a été faite par des méthodes souvent imprégnées d’occidentalisme, était un élément de déstabilisation des structures sociales traditionnelles.

En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

Les préjugés avec lesquels arrivaient les missionnaires, leurs pratiques souvent loin de compatibilité avec la mentalité indigène provoquèrent des problèmes d’adaptation des Noirs avec la nouvelle religion. De là résulte le problème d’une crise identitaire du nègre chrétien. Intolérant à l’égard de l’héritage animiste ancestral qui fait partie intégrante de la culture africaine, la nouvelle religion plonge les nouveaux convertis  dans la crise identitaire. L’Africain  ne cesse de se demander comment devenir chrétien et rester soi-même :

« Le vrai problème paraît être le suivant : comment l’Africain peut-il, et est-ce possible, se sentir à la fois authentiquement africain, c’est-à-dire assumant pleinement l’héritage culturel du négro-africain dans ce qu’il a d’essentiel, et authentiquement chrétien ou musulman c’est-à-dire en vivant réellement le message évangélique ou coranique? N’est-ce pas là le vrai dilemme existentiel de nous autres, négro-africain, et le drame que d’aucuns intellectuels convertis au Christianisme ou à l’Islam vivent par moment, en ces heures, des crises de conscience, où l’on se sent mal à l’aise, voire quelque peu honteux sinon coupable de renier le patrimoine ancestral en changeant de mentalité pour épouser une culture autre. »
– Maurice Ahanhazo. Religion, Cultures et Politique en Afrique noire, Paris, Ed. ECONOMICA, 1981

Pour maintenir un équilibre culturel et religieux, il existait des cas où des Noirs convertis pratiquaient une duplicité, autrement dit, avoir la foi chrétienne et garder les croyances et les pratiques animistes. On se permet de dire ici que bon nombre de chrétiens africains sont, en vérité, des animistes chrétiens. Nous pouvons avancer que les missionnaires avaient en quelque sorte leur part de responsabilité dans l’ébauche de la crise identitaire du Nègre. En effet, pour implanter la nouvelle religion dans le continent noir, l’Église avait contribué, volontairement ou involontairement, à la destruction des traditions et coutumes indigènes : polygamie, pratiques magiques, rites funéraires, rites d’initiation ou excision; tout est considéré comme primitif ou satanique et, par conséquent, il est condamné à l’anéantissement.

Si, toutefois elle trouve son compte dans certains usages et mœurs, l’Église en profite pour se montrer tolérante vis-à-vis de la tradition indigène : en somme, pour qu’une civilisation païenne devienne chrétienne, il faut déceler ce qui en elle doit vivre et ce qui s’achèvera dans l’Évangile.

L’appréciation des missionnaires décide donc du sort des mœurs et des usages indigènes. C’est une véritable illusion de penser que les Occidentaux, et en particulier les missionnaires, pouvaient imposer intégralement leur civilisation. Une civilisation ne se transfère pas.

C’est un ensemble de composants cognitifs, intellectuels, organisationnels et même techniques qui ont besoin d’une longue gestation pour se concrétiser et non seulement d’un heurt intermittent comme c’est le cas de la colonisation. Certes, la culture indigène était masquée ou plutôt asphyxiée par des contraintes politiques, économiques ainsi que par le modernisme; cependant, elle persistait, mais de quelle façon : Elle était agonisante. Favorisés par la protection coloniale et l’appui financier et logistique de son administration, les missionnaires exerçaient dans un contexte dichotomique : coopérer avec les dominants et évangéliser les dominés.

La sclérose de la culture du peuple asservi laisse l’indigène dans un vide culturel et devient ainsi un déraciné à la recherche de son identité culturelle telle une épave à la merci des vagues et des courants. Appréciant la métaphore de G. MOSMANS :

« Devant l’effondrement de toutes les valeurs traditionnelles qui donnaient un sens à la vie, qu’allait devenir l’Africain? – Un désespéré errant à la recherche de son âme perdue, une épave que le hasard des vagues et des courants allait ballotter à son gré. Ces courants avaient noms : religion, politique, civilisation. La religion chrétienne fut une désillusion, la politique, une imposture. »
– MOSMANS,  Guy. L’Eglise à l’heure de l’Afrique, Tournai, Ed. Casterman, 1961.  p.95

Des fables comme « mission civilisatrice» et de « sauvagerie des noirs » n’étaient qu’alibis pour justifier le colonialisme. En réalité, l’administration coloniale œuvrait pour mettre le Nègre en situation de dépendance. Cette dépendance saisit tellement le Nègre jusqu’à créer chez lui des conflits psychologiques ou ce que Mosmans appelle le complexe de dépendance. À lui encore la parole :

« La colonisation n’a été possible que parce que le « sauvage » à coloniser était affecté d’un complexe de dépendance /…/ Si complexe de dépendance il y a, il est conséquent et non antécédent à la colonisation. A leurs yeux, l’aspect le plus tragique de la colonisation c’est précisément la blessure profonde qu’elle cause dans la spontanéité de la liberté humaine, la mutilation qu’elle fait subir à l’auto détermination, à l’esprit d’initiative qui caractérise l’homme, en faisant de lui un acquiescement inconditionné à une autorité qui le brime. »
– MOSMANS,  Guy. L’Eglise à l’heure de l’Afrique, p. 91

Ici, il est légitime de se demander où sont passés les mécanismes organisant la civilisation ancestrale avant l’arrivée des missionnaires. La réponse à cette question passe d’abord par admettre la supériorité de la civilisation occidentale avec son système organisationnel, intellectuelle et technique. Les mécanismes de la civilisation indigènes, autrefois dynamiques, se trouvaient, dans la situation coloniale, broyée par la mise en place des organismes coloniaux. Cette agonie, cette inertie, était caractéristique de toutes les sociétés colonisées qu’elles soient en Afrique noire, en Afrique du Nord ou en Asie. Le déchirement identitaire des Noirs  servait à merveille la cause missionnaire. Sous un voile bienveillant, l’église recueille à bras ouverts un être déchiré et en discorde avec soi-même.

Entre un malaise ressenti par le Noir devant les instructions de la nouvelle religion et l’hégémonie de certains missionnaires, la non-compréhension régnait entre les deux côtés. La distance était grande entre les bergers missionnaires et leurs brebis.

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  1. Merantier Francois
    Juin 20, 2017 - 09:59

    Il ya tjours un faux chez le malin , la croix est le symbole du sacrifice vivant,que Dieu à consenti pour donner la vie au pecheur repentant.
    pourquoi une croix chez le malin si ce n’est pour nous troubler

    Répondre
  2. daniel
    Juin 20, 2017 - 06:31

    c’est un tres bon travail, fruit d’observations et de recherches
    Toutefois, il ne faut pas oublier HAITI qui un prolongement de l’Afrique noire en Amerique. Tout ce qui est dit dans ce travail concerne egalement ce pays unique en Amerique

    Répondre
    • Mery
      Juin 26, 2017 - 06:27

      Je confirme … c est un travail issu de profonde recherche et d’une longue gestation

      Répondre
  3. Guetson Alexandre
    Juin 20, 2017 - 11:03

    Qu’est ce que vs appelez le malin? C’est trop facile qd même.qui vs a dit que le malin n’est pas de l’autre côté, qd c’est l’esclavage qui vous a fait chrétien?
    Qui vs a dit que le malin n’est pas de l’autre côté,quand c’est le conflit d’argent qui a donné naissance à ces multiples religions?
    Arretez de juger les autres,eux ils ne vs voient même pas.

    Répondre
    • albert
      Juin 21, 2017 - 07:17

      le malin venait souvent pour piller…il arrive à des missionnaires d’endosser l’uniforme militaire pour aider l’administration coloniale à appréhender les indépendantistes.
      l’Église était avec la colonisation….avec l’avènement de l’indépendance elle a changé de côté…QUELLE RELIGION!!!!

      Répondre
    • Christiandave Dorval
      Juin 21, 2017 - 10:38
  4. Larosiliere Rachelle
    Juin 21, 2017 - 02:05

    Estivenns Zima Poz Kfé Ledna Laure Adras Roselande Jeanty

    Répondre
  5. Christiandave Dorval
    Juin 21, 2017 - 08:55

    Le christianisme etait en afrique avant LA colonisation; pourquoi est CE que vous ne parlez jamais de LA traitre oriental dans les annees 800 par les musulman arabes

    Répondre
    • Guetson Alexandre
      Juin 21, 2017 - 09:24

      Oui,j’ai parlé de ça dans d’autres commentaires et j’ai dit que c ‘est la colonisation qui fait des noirs d’Afrique des chrétiens(bl du PAPe Nicolas ) ou des musulmans tout en mettant l’accent sur l’invasion arabe de l Afrique.

      Répondre
    • Christiandave Dorval
      Juin 21, 2017 - 09:27

      C est votre opinion; l ethiopie est devenu chretienne avant l Europe ; le christianisme et l Islam etait deja en afrique avant LA colonisation ; l afrique du nord etait chretienne avant l arrivé des musulman par les arabes

      Répondre
    • Guetson Alexandre
      Juin 21, 2017 - 10:11

      l’Éthiopie,la Libye.oui il y avait des missionnaires chrétiens qui ont atteint ces pays ds le but de les évangéliser,en référence l’histoire de Philippe.
      Si on se réfère à l’histoire du christianisme en Afrique on peut dire que c’était un échec surtout après les 7premiers siècles.Il y a l’expension des arabes qui conduit à l’islamisation de l’Afrique.
      Surtout ce qui m’intéresse,c’est l’année 1400, 1492 jusqu’à la période de l’abolition de l’esclavage ns avons tous appris le rôle de l’église dans l’esclavagisation du peuple noir et surtout l’église catholique,vs le savez mieux que moi peut être. les prêtre s ou je ne sais pas, qui contestaient cette pratique n’étaient pas nombreux.
      L’église dans les années 1400 était devenue une arme puissante facilitant la colonisation.la bible en une main et l’épée dans l’autre pour massacrer,tuer les infidèles,les hérésies ce sont des termes propres à l’église pour s’imposer.
      S’il y a autres choses vs pouvez bien me l’apprendre et je serai heureux.
      Je suis aussi catholique.

      Répondre
    • Christiandave Dorval
      Juin 21, 2017 - 10:32

      Je ne vous apprend rien; m jis te vle di ke te gen plizye relijyon an afrik avan colonisation an ; epi tou menm si pat gen colonisation kretyen t ap toujou toupatou paske se yon relijyon missionnaire; epi Pou kretyen ak legliz epok sa nan tet yo pat gen okin mal nan sa yo t ap fe a paske Pou yo moun sa yo sete infideles heretique moun ki kondane ak tout lot bagay moyen age men legliz LA rekonet ke l pat defann dwa moun ase pape françois mande eskiz Pou legliz deja ; si tout moun deside kite relijyon kretyen an Pou istwa sa se chwa pa yo nou lib kounye a; mwen m ap rete nan Christ

      Répondre
    • Christiandave Dorval
      Juin 21, 2017 - 10:35

      Afrique pa gen problem relijyon; valé pep ki konseve kilti yo malgre yo gen yon nouvo relijyon tankou Iran ak anpil peyi ewop de l est; epi jounen jodi a se evangelique americain k ap anvayi l afrique legliz katolik fin debaba se yon relijyon k ap disparet tipa tipa

      Répondre
    • L'oiseau Blanc du Ciel
      Juin 21, 2017 - 11:08

      Ke Li te katolik,ke Li te tout lot yo,yo pa gény Yon bon pase,ti prêt matin Luther te oblije antre nan masakre moun almagne pou Li te kanpe legliz pa l la,….
      Evangelis ameriken sa yo nap pâle la yo,gen y anpil istwa pou n ta konnen sou fonksyonman yo,
      Sin ta fe Yon ti voye je sou listwa la vi chak grenn fondate Pil relijyon yo nan le mond nap konprann anpil bagay.
      Mwen menm mte Jis vle reponn konpatriot la ki konprann ke l ka jije lot la kap fe sevis pa Li nan jan pa Li ,nan fason ke Li resevwa apel pa li.
      Ou pas anmède sa ki pa anmède w.regle pa w,kite l règle pa l.si w ka konvenk Li vin nan pa w la Fel,m’en siw pa kapab ou pa gény pou jije pa l la,menm sa w di de pa Li a, Li ka di sa
      Pou pa w la tou.an ayiti blanc legliz yo te debake âpre konkoda Damien yo vin fe rejeté ,tué ,boule vodouyizan.piye,kraze onfò,volé objet presye yo, Al lakay yo.
      Sou ti bout tè sa chak moun gen Plas yo,yo chak aple pou Yon sevis.

      Se te Yon plezi konpatriot.

      Répondre
    • Christiandave Dorval
      Juin 21, 2017 - 11:10

      Anpil vodouyizan pa panse konsa

      Répondre
    • Seydi Diallo Aliasrappa
      Juin 21, 2017 - 11:23

      Ce que vous dites n’a aucun rapport avec la publication. Ici on parle du noir et de l’église. L’islam n’y a pas sa place. Ne changez pas de sujet et parler de votre religion et taisez vous sur ce que vous ne maîtrisez pas.

      Répondre
    • Christiandave Dorval
      Juin 22, 2017 - 12:22

      Desolé je part

      Répondre
    • Mery
      Juin 26, 2017 - 06:30

      Deux sorte d’invasion sous le voile de Dieu..la seconde était plus flagrante.

      Répondre
  6. Christiandave Dorval
    Juin 21, 2017 - 10:40

    Poukisa nan relijyon animist ki an Ayiti a yo itilize senbol kretyen; peyi a endepandan yo lib kounye a; Jan moun sa yo pa vle we legliz katolik epi hounfort moun ranpli ak senbol kretyen

    Répondre
  7. Christiandave Dorval
    Juin 21, 2017 - 10:41

    Sispann ak syncretism nou an l ap pi bon konsa n a we nou gen yon bagay serye ke nou vle

    Répondre
  8. Christiandave Dorval
    Juin 21, 2017 - 10:42

    Vive LA race humaine et non noir ou blanc; il n y a pas de race noir ou blanc nous sommes tous humains ne faite pas les erreurs des colons

    Répondre
  9. Merantier Francois
    Juin 21, 2017 - 11:55

    La perdition est partout
    Que vous soyez grecs,Romains, africains
    vos ancêtres ont laissé la voie de Jéhovah.
    vous avez besoin de retourner à Jehovah pour retrouver la vraie vie en christ.

    Répondre
  10. dimenchrist
    Juin 23, 2017 - 07:12

    Apres la lecture de ceux texte je pence que si notre communautés suivait simplement une des parole du seigneur jésus christ de nazareth qui est d’aimer son prochain comme soi meme de lire et de pratiquer la parole de notre seigneur qui se trouve dans les écritures l’évangile de prendre exemple sur jésus christ non pas sur les rappeurs qui sème la haine ,les oeuvres des ténebres qui désunir plutot unie ,la cupidité , la convoitise, la drogue , le meurtre entre frère de la meme couleur de peau du meme style d habit peut etre du meme bateau pour une rue d un pays qui les accepte meme pas jésus christ nous apprend a nous aimer comme Dieu nous a fait et ensuite a aimer ses frère il est l exemple a suivre pour notre communautés lui qui aimer ses frère qui a donne sa vie pour eux qui était humble qui tender sa main pour relever ceux qui était malheureux ;charger qui aimer pas seulement en bouche mais avec les actes sans hypocrisie mais avec amour est fraternité

    Répondre
    • Mery
      Juin 26, 2017 - 06:32

      Oui à la parole du Christ…c’est cette hypocrisie que le texte dénonce chez les missionnaires de l’ère coloniale

      Répondre

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