L’hebdomadaire francophone basé à Casablanca, Maroc Hebdo réputé proche du ministère de l’Intérieur, a attisé les tensions chez les Noirs et les politiciens en ajoutent en les stigmatisant, les accusant de propager la prostitution, le sida ou de menacer la sécurité intérieure du royaume.

Le Maroc et l’abus des migrants Noirs

Khadija Ryadi dirige l’Association marocaine des droits humains (AMDH), une ONG fondée en 1979 et membre de la fédération internationale des droits de l’homme.

Née en 1960 dans la ville hospitalière de Taroudant, elle dénonce « C’est une chasse aux noirs pas aux migrants, fustige-t-elle. Cette violence à leur encontre est préméditée et encouragée par les autorités qui incitent les populations à leur rendre la vie difficile. Tout cela pour les dissuader de venir au Maroc ! D’ailleurs, des Marocains vont jusqu’à affirmer que ce sont les noirs qui développent le sida et la prostitution dans le pays. Pis, insiste-t-elle, parfois des épiciers refusent de leur vendre quoi que se soit ! »

L’hebdomadaire francophone basé à Casablanca, Maroc Hebdo réputé proche du ministère de l’Intérieur, a attisé les tensions chez les Noirs et les politiciens en ajoutent en les stigmatisant, les accusant de propager la prostitution, le sida ou de menacer la sécurité intérieure du royaume.

L’hebdomadaire francophone basé à Casablanca, Maroc Hebdo réputé proche du ministère de l’Intérieur, a attisé les tensions chez les Noirs et les politiciens en ajoutent en les stigmatisant, les accusant de propager la prostitution, le sida ou de menacer la sécurité intérieure du royaume.

Au mois d’aout 2012, pour exprimer leurs ras-le-bol, les migrants subsahariens vivant dans le quartier Takadoum à Rabat ont fait un sitting devant les ambassades à Rabat. Ils ont raconté leurs histoires d’horreur, recueillies par le Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM).

Au Royaume du Maroc, les Noirs sont arrêtés et humiliés fréquemment.  C’est ce qu’a vécu entre autres Bakayoko, aujourd’hui président du CMSM qui a fui les violences postélectorales ivoiriennes pour tenter une nouvelle vie au Maroc. Il raconte son enfer lorsqu’il fut obligé de vivre en forêt avec une dizaine de ses compatriotes dès son arrivée parce qu’on refusait de louer à des Noirs. Le calvaire continue. Il fut volé puis déshabillé. Il poursuit le récit en relatant des viols de femmes et… d’hommes.

Avec une population de 33 millions d’âmes où 56 % des adultes sont illettrés, ajoutant à ceci un taux de chômage de 30 % chez les jeunes adultes, une attention pernicieuse se porte sur le migrant.

Le mois dernier, Maroc Hebdo, l’un des premiers magazines marocains à être diffusé en France, Belgique, Italie, Canada et aux États-Unis publiait sur la couverture « Le péril Noir ». L’indignation fut soulevée et un débat fut ouvert sur ce que l’on appelle « Le racisme ordinaire ». L’article xénophobe pointait les Africains subsahariens d’activités criminelles et d’autres maux du royaume.

Le pourrissement de la vie des Noirs au Maroc est aussi lié au rêve européen. Le royaume chérifien se trouve sur la route vers l’Europe pour le migrant africain. Et le royaume agit comme chien de garde pour le vieux continent.

Souvent, les migrants tentent de traverser la Méditerranée dans de petites embarcations, et chaque mois plusieurs se noient, meurent dans une indifférence la plus totale. D’autres tentent de traverser par une forêt dans l’enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc. Il s’agit d’un parcours ou ils risquent de recevoir le traitement brutal de la police marocaine, selon les migrants eux-mêmes et des organisations des droits de l’homme.

Selon GADEM (Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants), le Maroc expulse 14.000 migrants. « Les arrestations de migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont fondées sur le profilage racial », a déclaré Camille Denis, coordonnatrice à GADEM. « Le temps qu’ils passent en prison n’est pas respecté, et les expulsions collectives, interdites par le droit international et le droit national, sont une pratique courante.»

En juillet, Médecins Sans Frontières, a indiqué qu’ils ont traité de nombreux migrants subsahariens au Maroc pour des blessures résultantes de violences corporelles. Les migrants ont affirmé avoir été battus par la police marocaine. Au cours d’incarcérations à Takadoum, de nombreux migrants ont déclaré qu’ils avaient été forcés à danser à la musique reggae devant des officiers qui se moquaient d’eux. Certains ont dit qu’ils avaient été victimes de sévices sexuels avec des objets et d’autres étaient obligés de faire une fellation.

« Nous rêvons tous de revenir dans nos pays », à lâcher une femme native du Niger qui a raconté avoir été agressée sexuellement par la police marocaine. « Je préfèrerais vivre l’enfer chez moi plutôt que de rester ici. »

Les immigrés de l’Afrique subsaharienne sont en effet souvent victimes d’agressions, parfois mortelles. En mars dernier, un étudiant guinéen a été tué à coups de couteau par un jeune marocain qui voulait lui dérober de l’argent et son téléphone portable. Le meurtre a eu lieu pendant la nuit. Au moins 29 immigrés sont descendus de chez eux pour défendre leur frère qui était déjà mort. Mais lorsque les policiers sont arrivés, ils les ont tous reconduits à la frontière, leur rappelant qu’ils n’étaient pas chez eux et qu’ils devaient accepter tout ce qui leur arrive. Quant au meurtrier, il n’a même pas été interpellé.

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