Au centre le designer Alphadi, de son vrai nom Seidnaly Sidhamed

Le Glamour du Black Expo Design 2016

Depuis déjà quelques années, le Black Expo Design invite les Montréalais à vivre une glorieuse expérience de mode, de haute couture. Une soirée distinguée, métissée de culture afro-caribéenne.

Au centre le designer Alphadi, de son vrai nom Seidnaly Sidhamed

Au centre le designer Alphadi, de son vrai nom Seidnaly Sidhamed

Pour l’itération 2016, la cinquième, l’organisation s’est surpassé en offrant aux aficionados de la mode, le faste du théâtre St-James, à deux pas de l’hôtel du même nom situé dans le Vieux Montréal. Deux journées allaient être offertes aux passionnés de mode et de culture Black. Une première, le samedi 21 mai: le Gala Glamour qui consiste en un élégant défile de mode, la seconde, le lendemain, le Social IBed qui proposait une vente privée, expositions, réseautage avant de clore par un défilé.

Ayant participé au Black Expo Design en 2014, c’est sans contredit qu’AMA Design, l’agence de design et d’événementiel,  a su innover, se réinventer, pousser plus loin  les charmes de la soirée plus suave où glamour s’accordait aussi avec  séduction.

La notion du vêtement unique n’étant pas bien ancrée dans la communauté noire de la métropole québécoise, c’est seulement quelque 150 personnes qui ont assisté à la luxueuse soirée du samedi où nous étions présents. Peut-être est-ce là la seule déficience de l’organisation, qui a failli à sensibiliser une collectivité noire de plus en plus aisée, en appétit pour l’extravagance unique de ce genre de happening.

Pour les présents, aucun remords. Ayden, l’agréable animatrice de la Guadeloupe, une femme aux multiples talents,  animait chaleureusement la soirée qui a amorcé vers 21h avec  Coiffure Bo-t. Ce défilé,  bien monté, donnait efficacement le ton avec du vinyle moulant, sexy, sous une musique empruntée à l’opéra de Carmen samplé à la techno-pop.

Puis, avec les créations de la designer haïtienne Malou Cadet, des enfants ont emprunté la catwalk sous les applaudissements continus de la foule. Le son africain se prêtait affectueusement à ses habits qui évoquaient le bien-être, la fraîcheur.

Changement de ton avec Glam Ethnik, une marque pensée par l’animatrice et productrice antillaise Ayden elle-même. Sa collection de prêt-à-porter féminin, inspirée du far-west, sort des sentiers battus. Chapeaux cowboy et beat reggae se sont marié à ces tenues originales.

Avant d’assister à un balai un peu trop en discordance avec le reste de la soirée à mon goût, née en 1980 la créatrice d’accessoires mode Lauriane Pernock présente une collection unique en son genre. Sa matière première est le tube, le bois, cuir, jeans peut-être, ce qui amène ses modèles à porter de lourds colliers mais combien éclatants. Un art qui gueule fort.

Deux par Deux a séduit avec une mode pour enfants, puis Patrick Asso de la Cote d’Ivoire a démontré l’étendue de son talent de désigner après un petit délais qui a permit à l’animatrice de tester les connaissances modestes de l’assistance concernant la mode Afro, pourtant bien vivante.  Asso en a mis plein la vue avec des assortiments rouge et or savamment cousus et paillettes complexes.

L’excellence se poursuivait avec Les Hommes de Fauvette. Des habits urbains, tape à l’œil, orgueilleux,  se hissant dans le chic avec des matériaux de soie. Originaire de la Guadeloupe, Fauvette formé en maroquinerie, nous présentait une collection gorgée de testostérone qui a su attirer l’attention du public décontenancé.

L’Haïtienne vivante à Montréal Mirmonde Phildor avait l’odieux d’être juste avant le grand maitre et dernier designer Alphadi. Tout de même, sa collection, dont certaines pièces furent confectionnées avec du jolie fil d’or, n’a pas laissé indifférente la foule, malgré la simplicité de certains morceaux.  La chorégraphie, géniale.

Alphadi a réussi le tour de force de monter le spectacle d’un niveau. Avec ces tenues traditionnelles, dont les tissues naturelles ont été ingénieusement remanier pour briller, dépayser et surtout éblouir,  on comprend mieux pourquoi ce malien d’origine est surnommé le « Magicien du Désert ». Les couleurs sont pures, les bustiers éclatants. D’ailleurs, Ayden, l’animatrice de la soirée qui allait se terminer à 10:47 précisément, avant la partie dansante du Black Expo Design 2016, portait une de ces créations.

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  1. Karine Adjoa Nuamah
    Mai 24, 2016 - 02:45

    Yves De Lima un bel article

    Répondre
  2. Natacha Odonnat
    Mai 24, 2016 - 06:25

    Lauriane Pernock « présente une collection unique en son genre. Sa matière première est le tube, le bois, cuir, jeans peut-être, ce qui amène ses modèles à porter de lourds colliers mais combien éclatants. Un art qui gueule fort. »

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  3. Miss Victorya
    Mai 27, 2016 - 07:04

    Le défilé semble très intéressant, cela m’aurait plus une petite vidéo pour bien voire toute la collection. Très originales aussi les matières premières et les couleurs choisies ne sont pas mal du tout. Je suis une grande fan du wax et j’aime beaucoup le style que je vois. Je suis une véritable fashion victime et je n’hésite pas à parcourir le net pour trouver mes articles.

    Répondre

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