On a beaucoup comparé Sarkozy à Bonaparte

Le Changement c’est maintenant? Alors tournons la page des années Napoléon!

L’élection de François Hollande ne marque pas seulement le terme d’un quinquennat. C’est le tournant d’une décennie. Que dis-je! C’est la fin de dix-sept ans de scandale. Que dis-je! C’est la borne que nous plantons après tant de siècles pour dire que ça suffit.

Pour ma part, sans jamais désespérer, mais avec de la tristesse parfois, je me suis suffisamment exprimé, toutes ces années au cours desquelles j’ai mené une lutte constante d’homme libre, sur ce système qui consistait à attiser les divisions à travers la promotion de tant d’imposteurs et de faux nez, plus inutiles, plus médiocres, plus vils les uns que les autres.

Ils ne traduisaient que l’expression du racisme exacerbé et du mépris colonial que les décideurs – politiques, économiques, médiatiques- avaient de cette histoire de France qu’on n’apprend pas dans les écoles et des séquelles qu’elle a laissées dans notre société fracturée et meurtrie.

On a beaucoup comparé Sarkozy à Bonaparte

On a beaucoup comparé Sarkozy à Bonaparte

La mise en place systématique de ces professionnels de la « diversité », de ces mercenaires de la négritude, de ces aventuriers de la mémoire, de ces racketteurs de l’antiracisme, dont le rôle était de parler à notre place, nous qu’on n’avait pas envie d’entendre, c’est fini.

Les copains et les coquins, les cabinets noirs, l’éloge de la nullité, le droit de cuissage systématisé au plus haut niveau, le vice, l’arrogance, l’impunité c’est fini.

Les kermesses coloniales du 10 mai- jour de reconnaissance officielle d’un crime par la République – les kermesses coloniales célébrées en catimini devant des monuments risibles, dans des jardins qui ne sont fermés que ce jour-là, c’est fini.

Les rejetons de négriers et de colons qui prétendent commémorer l’esclavage pour mieux humilier les vrais descendants d’esclaves, c’est fini.

Le népotisme, c’est fini.

 Les salauds qui se bousculent pour être en vue au Panthéon au nom de Césaire, c’est fini.

Les danseurs, les footballeurs et les chanteurs qu’on déguise en intellectuels parce qu’on méprise profondément la pensée, c’est fini.

Les «statistiques ethniques » et la « race », c’est fini.

La dénonciation de l’ «auto-flagellation », de la «repentance » et de la «concurrence des mémoires », c’est fini.

Les gens de droite qui se disent de gauche, c’est fini.

Les nègres de service, c’est fini.

Les procès diligentés avec l’argent de l’État, c’est fini.

Les journalistes à la botte qui invitent sur instructions ministérielles, c’est fini.

Les filles violées, insultées quand elles se plaignent, c’est fini.

Les magistrats aux ordres, c’est fini.

Les historiens révisionnistes, c’est fini.

Les plongeurs et les cuisiniers cachés au fond des restaurants parisiens où se goinfrent les soi-disant progressistes qui font semblant de ne rien voir, c’est fini.

Les caïds et les grandes prêtresses de la télévision qui décident, au nom de la redevance, que les nègres – sauf s’ils sont bêtes ou martyrisés – ce n’est pas intéressant ou tout juste bon pour être vu passé minuit, c’est fini.

Les années Napoléon, c’est fini. Fini! Fini!

Du moins, nous l’espérons.

Les décideurs qui nous ont imposé ces souffrances, ces outrages, viennent d’être balayés par nos suffrages qui sont universels, ne leur en déplaisent. De ceux-là, l’histoire ne retiendra rien.

Quant à ceux qu’ils ont mis en place pour exprimer leur mépris, les voici aujourd’hui réduits à ce qu’ils étaient avant de se vendre au plus offrant, réduits à leur néant.

Le problème n’est pas que tous ces charlatans aient accumulé tant de prébendes, décorations, sinécures et vaines gloires aux dépens de la République, ni qu’ils aient exhibé leur abyssale vacuité dans leurs carrosses de mamamouchis, c’est qu’ils aient eu les moyens de faire quelque chose, mais qu’ils n’aient jamais eu le courage ni l’intelligence de le faire. C’est qu’ils ne laissent rien derrière eux si ce n’est le souvenir de leur incapacité et de leur déshonneur.

Aujourd’hui, à la veille de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, et de la formation d’un nouveau gouvernement, il faut tourner la page.

Mais ceux qui nous représentent, nous les indigènes, les gueux, les proscrits, les indésirables, les suspects, les racailles , les caillasseurs, doivent désormais savoir que si le changement c’est maintenant, alors il va falloir, tout de suite, aujourd’hui même, en finir avec ces méthodes.

Parce que ceux qui, comme moi, avec moi, se sont battus tous les jours depuis toutes ces années qui étaient des siècles ne désarmeront jamais s’ils devaient s’apercevoir que ceux qui décident, ceux qui sont à présent sur le podium, ont toujours, auront toujours la même couleur.

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S’ils devaient s’apercevoir que la «diversité», ce ne serait bon que pour les figurants, ceux qui applaudissent, ceux qui courent à côté des voitures à gyrophares des VIP avant qu’elles ne prennent de la vitesse.

S’ils devaient s’apercevoir qu’on va, en fin de compte, reprendre les mêmes, ceux qui sont interchangeables, sous contrôle, pas dérangeants, toujours du côté du manche, ceux qui savent d’autant mieux se taire qu’ils n’ont jamais rien à dire.

Si c’était cela, le «changement», alors la lutte continuerait de plus belle, sans merci.

Et s’il ne restait que les mots pour se battre, ces mots-là, les miens en tout cas, on s’en souviendrait longtemps. Car parfois, grâce aux mots, à ces mots-là, les miens en tout cas, des monuments qu’on avait abattus ressurgissent de la terre.

Pendant toutes ces années, la seule chose que nous ayons obtenue, la seule chose qui restera, c’est d’avoir fait apparaître à Paris, sur la voie publique, des chaînes imposantes, incontournables, dérangeants. Pas les chaînettes mignonnettes du Luxembourg. Non ! Les chaînes, les vraies, celles qui font peur, celles qu’ils font semblant de ne pas voir depuis trois ans, place du général-Catroux.

L’une est déjà ouverte. L’autre, c’est à nous de la briser.

C’est donc là et pas ailleurs que nous devons nous rassembler pour tourner la page jeudi 10 mai 2012 à 18 heures devant le monument au général Dumas pour montrer qu’on ne nous paiera pas de mots, puisque les mots, c’est notre affaire et que nous saurons toujours nous en servir.

Pour montrer que nous ne sommes pas seulement une réserve de voix.

Pour faire savoir qu’on ne nous emprisonnera plus jamais derrière des grilles le 10 mai, à l’heure où les travailleurs sont à la peine, blancs-becs et petits marquis devant, nègres matraqués, expulsés, derrière.

Pour rappeler qu’on ne nous mènera plus jamais en bateau.

Jeudi 10 mai 2012 à 18 h, place du général-Catroux (Paris 17e). Rassemblement pour la commémoration officielle de l’abolition de l’esclavage et du 250e anniversaire de la naissance du général Dumas

avec François Hollande
Président de la République française

 

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