La Malédiction de Cham (ou Ham) - qui porte en réalité sur son fils Canaan - est un épisode biblique au cours duquel Canaan est maudit par Noé, son grand-père, pour une faute commise par Cham son père.

La malédiction de Cham, la Bible a-t-elle maudit l’homme Noir ?

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La Malédiction de Cham (ou Ham) - qui porte en réalité sur son fils Canaan - est un épisode biblique au cours duquel Canaan est maudit par Noé, son grand-père, pour une faute commise par Cham son père.

La Malédiction de Cham (ou Ham) – qui porte en réalité sur son fils Canaan – est un épisode biblique au cours duquel Canaan est maudit par Noé, son grand-père, pour une faute commise par Cham son père.

La Malédiction de Cham (ou Ham) – qui porte en réalité sur son fils Canaan – est un épisode biblique au cours duquel Canaan est maudit par Noé, son grand-père, pour une faute commise par Cham son père.

Ce récit, qui évoque en quelques versets la personnalité des pères des 70 nations qui ont, selon la Bible, composé l’humanité, a connu diverses exégèses. Certaines ont eu des répercussions historiques, leurs auteurs ayant voulu y voir une caution religieuse à la dépréciation des peuples d’Afrique noire et à leur réduction en esclavage.

Le récit biblique de la malédiction se situe à la suite de la conclusion du Déluge. Après avoir été assuré par Dieu qu’il n’y aurait plus d’extermination de ce qui vit sur terre et par les eaux, Noé, sort de l’arche avec ses trois fils, Sem, Cham et Japhet.
Après quoi,

« 20. Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne.
21. Il but du vin, s’enivra, et se découvrit au milieu de sa tente.
22. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères.
23. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père.

24. Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet.
25. Et il dit : Maudit soit Canaan ! qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères !
26. Il dit encore : Béni soit l’Éternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave !
27. Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu’il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave ! »

Après cet épisode, le chapitre 10 de la Genèse – la Table des peuples ou la Table des nations dans la tradition juive – détaille la descendance des fils de Noé et le peuplement de la terre. Les trois premiers fils de Cham, Kush, Miçrayim et Put peuplent l’Éthiopie, l’Égypte et l’Arabie respectivement. Quant à Canaan, ses descendants occupent le « pays de Canaan », terre qui sera ultérieurement offerte par Dieu à Abraham, un Hébreu, donc un descendant de Sem.

L’une des interprétations les plus proches du texte avancées pour élucider la nature de l’acte de Cham, tant par la tradition rabbinique que par le Livre des Jubilés et Flavius Josèphe, est que ce dernier manqua non seulement de respect à son père en ne recouvrant pas sa nudité, mais rendit en outre publique sa déchéance, ajoutant l’insulte à l’injure.

Cham découvrant Noé

Cham découvrant Noé

Une autre ligne d’interprétation classique est que Cham ne se contenta pas de découvrir la nudité de son père, ce qui permettrait d’expliquer la sévérité de la malédiction et le fait que Noé sache ce que son fils lui avait fait dès son réveil. La perversion en question aurait pu être une relation sexuelle avec la femme de Noé, « découvrir la nudité de son père » signifiant, dans Lévitique 18:9, coucher avec la femme de son père. Dans un débat entre Rav et Shmouel sur la nature de la faute, l’un pense que Noé a été physiquement abusé par Cham, l’autre que Cham a castré son père. L’hypothèse de l’acte homosexuel apparaît également dans les traductions grecques postérieures à la Septante, d’Aquila, de Théodotion et de Symmaque, où le terme « voir » (Gen. 9:22) n’est pas traduit par γύμνωσιν (gumnôsin), mais par ασϰεμοσυνη (aschemosune), un mot désignant chez Paul les relations homosexuelles (encore que le terme ait pu n’être choisi que par rapport à la « nudité », sans autre connotation).

S’il est certain qu’aucun texte coranique ne traite la malédiction de Cham, il semblerait que l’idée d’une justification de l’esclavage des noirs fondée sur celle-ci soit le fait d’une exégèse de théologiens musulmans sur les textes de la Bible ; des références ont également été trouvées dans des apocryphes et des écrits orientaux chrétiens, n’ayant aucune valeur doctrinale, c’est-à-dire, n’ayant jamais été retenu par le Magistère de l’Église.

Pour les musulmans, Noé est un prophète : les prophètes dans l’islam sont généralement non seulement dépeints dans les Hadiths comme d’une moralité exemplaire, mais aussi comme suivant la loi islamique avant même que Mahomet ne reçoive le Coran, leur foi ayant été déformée par leurs successeurs ou n’ayant pas été retranscrite. L’islam interdisant la consommation d’alcool, Noé n’aurait de ce fait pu s’enivrer comme le stipule la Torah. En lieu et place, la nudité de Noé est parfois expliquée comme la conséquence d’un coup de vent sur son manteau. Par ailleurs, les textes musulmans ne présentent pas non plus de malédiction sur aucun de ses fils.

Cependant, les premiers savants musulmans discutèrent de l’occurrence d’une malédiction de Cham et certain l’acceptèrent, la considérant comme manifeste du fait de la noirceur de la peau. Selon David Goldenberg, « nous trouvons dans les sources musulmanes que ce n’est pas Canaan qui a reçu la malédiction de l’esclavage, mais Cham à sa place voir que Cham la reçoit en même temps que Canaan. Ainsi, par exemple, Tabari, citant Ibn Isaq, Masudi et Dimashqui : Cham apparait si régulièrement comme le récepteur de la malédiction que le seul auteur arabe limitant la malédiction à Canaan que put trouver Gerhard Rotter est Yaqubi. Pour tous les autres, les descendants de Cham ont été mis en esclavage. »

Dans les Mille et Une Nuits on trouve une dispute entre une concubine noire et une concubine blanche. La blanche conte l’histoire de la malédiction de Cham et affirme que Cham fut noirci pour avoir ridiculisé son père tandis que Sem fut blanchi pour n’avoir pas fait de même. La concubine noire réplique que la blancheur est associée à la lèpre et à la mort.

Enfin, La Caverne des trésors est un apocryphe syriaque chrétien du Ve ou VIe siècle également connu sous le titre de Livre de la descendance des tribus. Cet ouvrage, à l’instar de la Légende dorée, est un recueil de contes extraordinaires narrant les vicissitudes d’Adam et de ses descendants qui finissent par se réfugier dans une caverne voisine du Paradis puis au Golgotha. Si elle n’a pas de valeur doctrinale, et n’était vraisemblablement pas ou peu diffusée en Occident, La Caverne des trésors liait cependant assez explicitement esclavage et couleur de peau noire. : « Quand Noé se réveilla, il le maudit et dit : ‘Sois maudit Cham et puisses-tu être l’esclave de tes frères’ et il devint un esclave, lui et sa lignée, nommée Égyptiens, Abyssiniens et Indiens. Cham perdit tout sens de la décence et il devint noir et fut appelé impudique le reste de ses jours et pour toujours. »

D’une manière générale, on trouve très peu de traces sur l’utilisation de ce passage de la Genèse pour justifier l’esclavage ; toutefois, pendant le XVIIIe et XIXe siècles, les traces historiques deviennent plus persistantes, au fur et à mesure que la traite des noirs par les occidentaux se développe et qu’elle devient un phénomène de société polémique.

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