Agathe Habyarimana réclame le droit d’asile à la France qui l’a exfiltrée du Rwanda le 9 avril 1994 alors que débutait le génocide

La cour Francaise rejette l’extradition d’une présumée complice du génocide rwandais

Agathe Habyarimana réclame le droit d’asile à la France qui l’a exfiltrée du Rwanda le 9 avril 1994 alors que débutait le génocide

Agathe Habyarimana réclame le droit d’asile à la France qui l’a exfiltrée du Rwanda le 9 avril 1994 alors que débutait le génocide

Une juge d’une cour d’appel parisienne a statué mercredi qu’il n’y avait aucun motif d’extrader Mme Agathe Habyarimana au Rwanda.

Pourtant, Agathe Habyarimana, une femme influente, est souvent considérée par certains comme la véritable patronne de l’Akazu, accusation qu’elle nie.

L’Akazu (maisonnée en kinyarwanda) fut une organisation qui aurait été formée autour du président du Rwanda, Juvénal Habyarimana et son épouse Agathe Habyarimana. Ses membres auraient participé à la planification et à l’exécution du génocide de 1994.

L’Akazu serait formé des proches parents et de Habyarimana, qui détenaient les principaux postes ministériels et économiques du pays. En verrouillant strictement le pouvoir et grâce au contrôle étroit exercé à tous les échelons de l’administration, jusqu’au niveau communal, le régime mis en place par État aurait grandement facilité le génocide puisque tous les éléments susceptibles de s’opposer au pouvoir central auraient été systématiquement écartés.

On note pourtant que les seuls proches du président Habyarimana avaient un poste officiel tel que, Protais Zigiranyirazo, frère d’Agathe Habyarimana et ancien préfet de Ruhengeri jusqu’en 1998, condamné à 20 ans de prison pour avoir aidé et encouragé le génocide puis acquitté par un juge d’appel. Séraphin Rwabukumba, cousin de Mme Habyarimanat ainsi que Élie Sagatwa, un autre cousin d’Agathe Habyarimana et secrétaire particulier du président Habyarimana. Il a été assassiné en même temps que le président dans l’attentat du 6 avril 1994.

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Les responsabilités dans l’attentat du 6 avril 1994 sont, en 2010, mal établies. Le 6 avril 1994, en fin de journée, le Président rwandais Juvénal Habyarimana rentre à Kigali à bord de son avion personnel, un Mystère-Falcon fourni par la France et piloté par un équipage français. En phase d’atterrissage à Kigali, et selon les versions, des roquettes, depuis le camp militaire de Kanombe, ou des missiles, depuis la colline de Masaka, sont tirés sur l’avion. L’avion est touché et s’écrase non loin de l’aéroport, en partie sur le terrain de la résidence présidentielle. Il n’y a aucun survivant.

La provenance des missiles qui auraient détruit l’avion présidentiel est sujette à une controverse d’autant plus vive que cet événement met en cause, selon les hypothèses et leurs variantes, sept pays : la Belgique, le Burundi, les États-Unis, la France, l’Ouganda, le Rwanda (extrémistes Hutu ou FPR) ou le Zaïre. Plusieurs hypothèses ont été examinées par les parlements belges et français et par l’Organisation de l’unité africaine .

Accueillie en France après l’attentat contre son mari, elle y réside, sans être en situation régulière. Sa demande d’asile, déposée en janvier 2004, est rejetée par l’OFPRA le 4 janvier 2007. Après treize ans de séjour en France, son recours est rejeté le 15 février 2007 par la Commission des recours des réfugiés (CRR), qui souligne notamment son rôle présumé dans le génocide rwandais de 1994 (pour la CRR, il existe des raisons sérieuses de penser qu’elle aurait participé « en tant qu’instigatrice ou complice » au « crime de génocide », selon les termes de la décision).

Selon Colette Braekmann, Pascal Krop et Gérard Prunier, le président François Mitterrand entretint une relation particulière avec Habyarimana, de même que leurs fils respectifs Jean-Pierre Habyarimana et Jean-Christophe Mitterrand, responsable de la cellule africaine à l'Elysée, que les Rwandais, comme d'autres Africains, appelaient « papa m'a dit» .

Selon Colette Braekmann, Pascal Krop et Gérard Prunier, le président François Mitterrand entretint une relation particulière avec Habyarimana, de même que leurs fils respectifs Jean-Pierre Habyarimana et Jean-Christophe Mitterrand, responsable de la cellule africaine à l'Elysée, que les Rwandais, comme d'autres Africains, appelaient « papa m'a dit» .

Mercredi, le rejet de la demande d’extradition vers le Rwanda signifie également que la veuve du président assassiné n’a plus aucune « restriction légale », selon la juge Édith Boizette. Agathe Habyarimana, qui a assisté à l’audience avec les membres de sa famille, a dit qu’elle se sentait soulagée.« J’ai toujours eu foi en la justice française », ajoute-t-elle.

En décembre 2009, quinze ans après le génocide rwandais, le Rwanda avait demandé à la France d’extrader l’ex-Première Dame en raison de sept chefs d’accusation de génocide.

Dans une déclaration écrite, la cour d’appel a expliqué que la demande a été rejetée étant donné que les crimes allégués ont été commis avant que les lois spécifiques du génocide soient adoptées. Par ailleurs, « la juge a souligné que les faits allégués ont été décrits sans aucun détail précis incriminant », annonce l’avocat de la défense Philippe Meilhac à la presse après l’audience.

Auparavant, le 29 juin, un procureur français a déjà déclaré que la demande d’extradition était « approximative » et manquant de « faits précis » pour soutenir les accusations. Il a ajouté qu’il ne pouvait pas trouver un « terrain juridique pour justifier de telles charges au Rwanda » et, en conclusion, a donné un « avis défavorable » à la demande d’extradition.

« Ma cliente est maintenant âgée de 70 ans. Tout ce qu’elle veut, c’est vivre en paix avec ses enfants. Cette campagne de diabolisation doit stopper », renchérit l’avocat de la veuve.

Agathe Habyarimana est maintenant en attente d’une décision ultime de l’administration de Versailles, concernant sa demande d’un permis de séjour, qui a déjà été rejetée à deux reprises. La décision doit être entendue prochainement.

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