La plupart des terres vendues ou louées (land grab en anglais) se retrouvent dans les pays du Sud, avec 70% en Afrique sub-saharienne. Les autres principaux endroits se situent en Asie du Sud et en Amérique latine.

Ethiopie, terre à vendre

Depuis le début des années 2000, il y a eu un intérêt mondial croissant pour les terres agricoles, alimentées par la volatilité des prix des matières premières au niveau mondial, la pression croissante sur l’environnement par l’homme et les inquiétudes concernant la sécurité alimentaire en raison de la demande croissante de biocarburants.

La plupart des terres vendues ou louées (land grab en anglais) se retrouvent dans les pays du Sud, avec 70% en Afrique sub-saharienne. Les autres principaux endroits se situent en Asie du Sud et en Amérique latine.

La plupart des terres vendues ou louées (land grab en anglais) se retrouvent dans les pays du Sud, avec 70% en Afrique sub-saharienne. Les autres principaux endroits se situent en Asie du Sud et en Amérique latine.

Dès le début de l’année 2004, l’Éthiopie a connu une vague d’investissements provenant de toutes les régions du monde pour ses terres. Le taux de croissance moyen du deuxième pays le plus populeux d’Afrique entre 2002 et 2007 dépassait les 11%. En 2010 le secteur de l’agriculture représentait 42.9 % du PIB.

Par rapport à une expansion annuelle moyenne des terres agricoles mondiales de moins de quatre millions d’hectares avant 2008, environ 56 millions d’hectares de terres agricoles pour une exploitation à grande échelle ont été transigés avant même la fin de l’année 2009.

Plus de 70 pour cent de ces manoeuvres ont été faits en Afrique, dans des pays comme l’Éthiopie, le Mozambique et le Soudan, qui ont cédé des millions d’hectares aux investisseurs étranges ces dernières années.

Et pourquoi l’Afrique? Premièrement. La disponibilité de vastes étendues de terres fertiles contiguë à des prix modiques. Deuxièment, le prix. Le prix des terres en Afrique est beaucoup plus faible que ceux en l’Inde. Par exemple, le taux de location des terres à Doaba dans la région du Pendjab est d’au moins 850 $ pour un acre alors que les taux moyens de location des terres en Afrique s’élèvent à environ 15 $/acre.

Alors, un peut comprendre l’intérêt croissant pour l’agrobusiness, en particulier dans les économies en développement comme l’Inde où les préoccupations sur la sécurité alimentaire sont encore aggravées par la stagnation des rendements et une augmentation de la population.

Selon les estimations de la FAO, une organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 au Canada, la demande alimentaire mondiale augmentera de 70 pour cent en 2050, afin de nourrir une population mondiale estimée à 9,3 milliards.

Encouragées par un climat d’investissement favorable, les entreprises indiennes ont investi 4,4 milliards de dollars dont 40 pour cent dans le domaine de l’agrobusiness.

Les investisseurs allant de Karuturi et des conglomérats tels que Emami, Shapoorji Pallonji & Co. etc ont acquis d’énormes étendues de terres fertiles destinées à l’agriculture à grande échelle.

En 2011, ce sont des millions d’hectares que le gouvernement de l’Éthiopie a vendu à l’Inde, malgré la pénurie alimentaire réelle que connait le pays. Depuis la chute d’Hailé Sélassié en 1975, la terre appartient à l’État, qui ne reconnaît ni droits coutumiers ni droits d’usage.

[pullquote_right] Regardez cette terre, elle a tout ce qu’il faut, tout y pousse! Pourquoi les gens d’ici ont-ils faim? »
Muhammad Manzoor Khan

agronome pakistanais[/pullquote_right]En mai 2011 le gouvernement Ethiopien avait cédé une terre plus étendue que le Luxembourg à Karuturi, un leader mondial de l’agrobusiness. L’Éthiopie aurait réduit le lot au tiers. Rumeur que Karuturi dément.

Aussi pour s’accaparer d’une aussi grande étendue de terre fertile, se sont des forêts qui sont rasées, des Éthiopiens déplacés. La nature est ainsi dénaturée par des routes pour permettre aux camions lourds d’accéder aux territoires.

Les travailleurs des champs pour les diverses multinationales, quelques centaines, sont payés près de deux dollars par jours, à suer sous un soleil de plomb.

De nombreuses critiques affluent vers l’Inde qu’on accuse de vampiriser les terres du continent Noir. Karuturi rejette les prétentions que son investissement aggrave le problème de la sécurité alimentaire en Afrique, ce à quoi il répond en 2011: « L’Afrique est le plus grand marché du monde pour la nourriture. L’Afrique importe 16 milliards de dollars de nourriture chaque année. Sur les 25 millions de tonnes de riz qui se négocie au niveau mondial par an, 10 millions de tonnes sont importées par l’Afrique. Bien sûr, nous vendrons notre nourriture en Afrique, car l’Afrique est le meilleur endroit pour vendre de la nourriture […] les gens sont extrêmement besoin de nourriture ici.  »

Paradoxalement, un éthiopien sur trois reçoit une aide alimentaire du Programme Alimentaire Mondial (PAM) dans la région ou les terres extrêmement fertiles sont prisées.

Mais les relations entre l’Inde et l’Éthiopie n’ont jamais été aussi fructueuses. L’Éthiopie a la part du lion dans les investissements indiens. Le gouvernement indien s’est également engagé à construire une ligne de chemin de fer entre l’Éthiopie et Djibouti, ce qui fera de l’Éthiopie le plus grand bénéficiaire d’un projet de construction de l’Inde en Afrique.

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