Les deux chrétiens Salem Felak (D) et Hocine Hocini ont été innocentés de leurs charges " d'offense à l'Islam " pour avoir mangé durant le ramadan en Algérie

Deux chrétiens font face à la justice pour avoir mangé durant le ramadan en Algérie

Les deux chrétiens Salem Felak (D) et Hocine Hocini ont été innocentés de leurs charges " d'offense à l'Islam " pour avoir mangé durant le ramadan en Algérie

Les deux chrétiens Salem Felak (G) et Hocine Hocini ont été innocentés de leurs charges " d'offense à l'Islam " pour avoir mangé durant le ramadan en Algérie

AIN EL HAMMAM – Algérie – Deux hommes chrétiens ont eu droit à un procès en Algérie pour avoir mangé pendant le jour durant le mois de jeûne musulman du ramadan ont été acquittés mardi.  Un verdict que leurs partisans ont interprété comme étant un triomphe pour la liberté de religion.

Les deux hommes, membres de la  petite communauté protestante algérienne, ont été accusés d’offenser la moralité publique pour avoir mangé sur un chantier de construction où ils travaillaient avant que le jeûne du Ramadan ait été rompu pour la journée.

Après que le juge dans la petite ville d’Ain El-Hammam, à environ 150 km (93.21 miles) à l’est de la capitale algérienne, a jugé qu’ils étaient innocents, un groupe d’environ sept membres de la communauté protestante se sont mis debout sur les marches du palais de justice, pour  crier « Halleluiah! »

Salem Falek, l’un des deux hommes qui a subi le procès, a déclaré aux journalistes : « Je suis heureux, je n’ai rien fait de mal, je suis chrétien et je ne jeûne pas… »

L’Algérie est membre de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA) et de la Ligue des États arabes pratiquement depuis son indépendance, en 1962. Elle a intégré l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1969. En février 1989, l’Algérie a pris part, avec les autres États maghrébins, à la création de l’organisation de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Le pays a également rejoint l’Union pour la Méditerranée en 2008.

La Constitution algérienne définit « l’islam, l’arabité et l’amazighité » comme « composantes fondamentales » de l’identité du peuple algérien et le pays comme « terre d’Islam, partie intégrante du Grand Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain ».

La constitution garantit aussi à tous les citoyens une liberté du culte, et l’État en assure la protection. Les imams, les prêtres et les rabbins dépendent du ministère des Cultes et sont rémunérés par l’État.

Ancienne colonie française, l’Algérie est donc majoritairement musulmane (99 %) avec une petite minorité chrétienne.

La mosquée et université islamique de la ville de Constantine. L’islam sunnite  est la religion d'État et celle de 99 % des Algériens. Ceux-ci sont majoritairement de rite malékite, mais on trouve également des communautés ibadites comme dans le Mzab.

La mosquée et université islamique de la ville de Constantine. L’islam sunnite est la religion d'État et celle de 99 % des Algériens. Ceux-ci sont majoritairement de rite malékite, mais on trouve également des communautés ibadites comme dans le Mzab.

Les Églises protestantes d’Algérie avançant le chiffre de 50 000 fidèles en 2008, le ministère des Affaires religieuses reconnaît 11 000 chrétiens dans le pays, essentiellement catholiques.

Le gouvernement dit officiellement que toute personne a le droit de pratiquer leur religion, mais les critiques disent les religions minoritaires sont soumises à des pressions.

Pendant le ramadan, la plupart des musulmans s’abstiennent de manger, de boire ou de fumer pendant la journée.

La liberté de culte, pleinement applicable à l’islam, s’accompagne de restrictions pour les autres religions, comme la prohibition du prosélytisme ou encore l’obligation pour tout prêche d’être effectuée par une personne agréée par les autorités.

L’ordonnance no 06.03 du 28 février 2006 fixant les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulman, approuvées par la loi no 06.09 du 17 avril 2006, prévoit la condamnation à une peine de 2 à 5 ans de prison et d’une amende de 500 000 à 1 000 000 DA quiconque utilise des « moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion » ou « qui visent à ébranler la foi d’un musulman ».

Ces changements juridiques ont conduit à de nombreux procès et condamnations. Cette législation est en contradiction manifeste avec la constitution algérienne qui proclame la liberté d’expression, la liberté de conscience et la liberté de culte.

Il n’existe aucune exigence en Algérie que les non-musulmans doivent suivre ces règles, mais la poursuite a allégué que les deux hommes ont mangé dans un lieu public et ainsi offensé la morale publique.

« C’est une décision juste. La liberté de religion doit être respectée en Algérie », avance l’avocat représentant les deux chrétiens après la déclaration  d’innocence de ses clients.

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