Dan Philip

Dan Philip annonce son départ de la Ligue des Noirs du Québec lors du 50e de la Ligue

Au Québec lorsque l’on pense a une association de défense des droits des Noirs,  la Ligue des Noirs du Québec vous viendra sûrement  en tête accompagnée immanquablement d’une image mentale de son fondateur M. Dan Philip.

C’est lors du 50e  anniversaire (1969 – 2019) de la Ligue des Noirs du Québec, né dans les cendres d’une émeute d’étudiants noirs en 1969 à l’Université Concordia, que Dan Philip annonce d’une voix mesurée « je vais passer le flambeau et espérer que vous allez continuer » en parlant de la présidence de l’association phare de défense des droits des Noirs au Québec. Le temps est venu, fait-il comprendre, de céder la place qu’il occupe depuis cinq décennies.

La Ligue des Noirs du Québec est un organisme à but non lucratif qui est issue de la Ligue des Noirs du Canada en 1969 pour défendre les droits de la personne et la justice sociale.

If there is no struggle, there is no progress  (s’il n’y a pas de combat, il n’y a pas de progrès) cette phrase que M. Phillip emprunte à l’abolitionniste Frederick Douglass dans son discours d’une dizaine de minutes qu’il livra assis, résume bien l’homme. Ex-syndicaliste, Dan Philip fut dans d’importants combats pour la défense des droits des Noirs depuis un demi-siècle et ceci, surtout contre les services policiers qui, frénétiquement, privent encore injustement des Noirs de leur liberté.

Pour ce 50e de la Ligue des Noirs du Québec, célébré au Living Room, rue Paré, le samedi 5 octobre 2019, Dan Philip a tenu à remercier vigoureusement dans son allocution, ses amitiés qui ont survécu au temps : Louise Harel plusieurs fois ministre sous le Parti Québécois avant de perdre la mairie de Montréal en 2009 et Gérald Larose l’ex-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), une puissante formation syndicale québécoise. D’ailleurs, ces deux complices furent attablés aux tables centrales, deux tables très homogènes où malheureusement presque aucune personne racisée n’était visible. Autour d’elles, rayonnaient à leurs tables près de 400 invités largement issus des diverses communautés noires du pays, et d’ailleurs, très heureux, fier de participer à cette journée historique.

Dans cette soirée animée par Julienne Ngo Nyidi et Marcel Kaboré, les convives furent sapés de belle façon. Le Secrétaire de la Ligue des Noirs du Québec, M. Ryan Cox, prit le premier la parole, par contre, uniquement dans la langue de Shakespeare.  M. Cox évoqua que la Ligue a su, aux travers les décennies d’activités, faire des amis au lieu d’ennemis. « Dan a réussi à faire admettre à la Ville de Montréal que l’esclavage doit être reconnu comme un crime » terminera Cox en soulignant aussi la victoire de la Ligue dans la création d’un recours collectif contre les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour le profilage racial.

Après avoir franchement salué les 50 ans de la Ligue des Noirs du Québec à l’Assemblée Nationale quelques jours auparavant, le Montréalais David Birnbaum, un élu du Parti Libéral du Québec (PLQ), prit sans attendre la parole pour reconnaitre que « la discrimination systémique est toujours présente » et que « les actions et les paroles de Dan démontrent la dignité de toute une communauté ».

Orly Lokango de la jeune Ligue des Noirs du Québec, Mme Magda Popeanu pour remplacer l’absence de la mairesse de Montréal Valérie Plante, Marvin Rotrand un professeur d’histoire convertit en conseiller municipal (un opposant de Valérie Plante) puis finalement Mme Francine Esther Kouablan de Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie  (MRAX) venue expressément de la Belgique ont chacun porté un vibrant hommage au cinquantenaire de la Ligue.

Finalement, après un copieux repas qui validait le 100 $ nécessaire pour le couvert, la Remise de Prix Mathieu Da Costa eut lieu. Des groupes communautaires qui ont longtemps milité aux côtés de la Ligue se sont vus récompensés : Le Community Contact, M. Jean Isseri pour le Carrefour Jeunesse Emploi de Cote-des-Neige, Elisabeth Dembil pour le Carrefour de Liaison et d’aide Multiethnique (CLAM) et l’Union United Church qui est une conscience sociale d’Afro-canadiens depuis 112 ans, offrirent chacun de touchants témoignages à Dan Philip.

Pour les individus, l’ex-député Maka Kotto, Yves Manseau qui déclara Dan Philip comme étant un ami, un frère, l’influent Jean Michel alias Michel Studio, l’érudit Germain Amoni Nikoué, furent aussi récompensé du Prix Mathieu Da Costa.

Dan Philip quittera la présidence de la Ligue des Noirs du Québec par la grande porte. Un processus électoral devrait avoir lieu durant la prochaine année selon les confidences de Dan Philip. Un documentaire réalisé par Olivier Lassu sur ses activités est actuellement en production. Ce documentaire qui durera environ 60 minutes relatera la jadis (et peut-être actuelle) « indifférence du Québec en matière d’intégration » pour citer Mme Louise Harel lors de sa prise de parole.

Compliments à M. Dan Philip pour avoir, durant cinquante années, mené la barque de la Ligue des Noirs du Québec. Comme m’a confié Mme Thérèse Gaubert, épouse de M. Amoni Nikoué, au crépuscule de la soirée anniversaire : « Ce n’est pas tout d’avoir un objectif, encore, il faut le réaliser. »

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