Les Russes coûte que coûte désirent conserver leur relation stratégique avec Cuba. Dmitri Medvedev et Raul Castro à La Havane.

On serre la main et l’on efface la dette de Cuba

Cuba et la Russie ont discrètement signé un accord pour annuler 90 pour cent de la dette de 32 milliards de dollars envers la défunte Union soviétique. Un accord qui met fin à une querelle de 20 ans et ouvre la voie à davantage d’investissements sur l’île de Castro. C’est la plus importante annulation de dette de l’histoire russe.

Les deux parties ont annoncé un accord pour régler le différend de la dette plus tôt cette année et finalisé l’accord à Moscou en octobre 2013. Cuba payera 3,2 milliards $ sur 10 ans et la Russie en échange oubliera les 32 milliards restants. 320 M$ par année ce n’est tout de même pas une mince affaire pour le pays sous embargo économique des États-Unis depuis plusieurs décennies. Les revenus totaux annuels de Cuba totalisent environ 18 milliards de dollars, dont une bonne partie provient de l’industrie touristique.

Cuba a fait défaut sur sa dette à la fin des années 1980, mais a récemment essayé de restructurer les anciennes dettes pour améliorer sa crédibilité internationale.

Le premier ministre russe Dmitri Medvedev, lors d’une visite à Cuba en février 2013, a signé un accord pour élaborer une formule afin de régler l’ancienne dette en 2014. Ce mouvement russe a ulcéré les autres pays membres du Club de Paris, car il a rompu les rangs avec l’approche collective de l’organisation. Le Club de Paris est un groupe informel de gouvernements créanciers comprenant le Canada, la France, l’Allemagne, le Japon, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis ainsi que d’un certain nombre de petits pays européens. 19 pays sont des membres permanents de l’organisation formée en 1956 lorsque l’Argentine accepta de rencontrer ses créanciers à Paris.

Les Russes coûte que coûte désirent conserver leur relation stratégique avec Cuba. Dmitri Medvedev et Raul Castro à La Havane.

Les Russes coûte que coûte désirent conserver leur relation stratégique avec Cuba. Dmitri Medvedev et Raul Castro à La Havane.

En y ôtant l’emprunt russe, Cuba aurait une dette d’environ 5 à 6 milliards de $ envers ce club. L’organisation dispose d’un groupe de travail à Cuba qui ne comprend pas les États-Unis.

Les étoiles s’alignent pour Cuba. Récemment avec la poignée de main historique entre le président américain Barack Obama et son homologue cubain Raul Castro, on assiste au retour de l’île des caraïbes dans le concert des Nations. La Maison Blanche a affirmé que ce geste aux funérailles de Nelson Mandela n’était pas planifié, mais les incidents de ce genre n’arrivent pas.

Le 8 novembre 2013 lors d’une levée de fonds en dans l’état de la Floride, Barack Obama affirmait que l’île démontrait des signes d’efforts et que ses politiques avec celle-ci sont en évolution.  Les États-Unis et la Russie semblent être en lice pour l’influence de Cuba à nouveau, l’un avec une poignée de main et l’autre avec de l’argent.

Depuis la visite de Medvedev, le Club de Paris a tâté le terrain cubain. Il y a quelques mois, deux représentants ont voyagé à dans l’état insulaire. La première visite depuis plus d’une décennie.

Contrairement au Fonds monétaire international et la Banque mondiale, dont Cuba est officiellement exclue en vertu de l’embargo commercial de longue date des États-Unis, le Club de Paris ne délivre pas de prêts multilatéraux, donc sans exigence. Officiellement.

Il y a trois ans, Cuba a restructuré sa dette gouvernementale et commerciale active avec la Chine, estimée à environ 6 milliards de dollars. L’an dernier, Cuba a réglé un différend avec les créanciers commerciaux japonais datant des années 1980. Selon l’accord japonais, 80 pour cent de la dette de 130 milliards de yens (environ 1,4 milliard de dollars) a été pardonnée, et le reste devra être acquitté en 20 ans.

Le Mexique a récemment délesté 70 pour cent d’une dette de 478,000,000 $ accumulé par Cuba à la fin des années 1990, en échange d’un paiement de 146,000,000 $ sur 10 ans.

Les mesures d’austérité adoptées par Raul Castro en 2009, et ses accords pour réduire la dette extérieure aident à stabiliser les finances de l’île à un moment très importun.  Cuba a réformé radicalement son modèle économique ces dernières années : augmentation des emplois dans des secteurs non gouvernementaux, la séparation des fonctions de l’État et des entreprises,  accès a la propriété et liberté d’en faire le commerce, facilite le déplacement des cubains, possibilité d’être un entrepreneur avec la libération de 178 licences dans divers secteurs d’activité privés, l’élimination du système de la double monnaie  et enfin la dévaluation du peso convertible, la monnaie nationale.

Raul Castro a signé la loi 313 en septembre 2013 afin de créer une zone économique spéciale dans la ville portuaire de Mariel, la première dans le pays. Une zone économique spéciale (ZES) est une région géographique dans laquelle les lois économiques sont plus libérales, c’est-à-dire plus avantageuses pour les entreprises, que celles pratiquées dans le reste du pays. Lorsqu’un gouvernement crée de telles zones, c’est généralement dans le but d’attirer les investissements étrangers.

Toutes ces mesures économiques sont très semblables au programme d’ajustement structurel, un programme de réformes économiques que le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale mettent en place.

Raul Castro, qui a remplacé son frère Fidel malade en tant que président en 2008, a considérablement freiné les importations et de réduire la masse salariale de l’État et des subventions tout en insistant que le gouvernement mette de l’ordre dans ses finances. Cuba est en pleine mutation. La Revolucion est terminée.

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