L’immortel Bob Marley

Bob Marley

Bob Marley

Robert Nesta Marley, dit Bob Marley, né le 6 février 1945 à Nine Miles, paroisse de Saint Ann, en Jamaïque, décédé le 11 mai 1981 à Miami (Floride), aux États-Unis, était un chanteur et un auteur-compositeur-interprète de reggae jamaïcain.

Bob Marley a rencontré de son vivant un succès mondial, et reste à ce jour le musicien le plus connu et le plus révéré du reggae, tout en étant considéré comme celui qui a permis à la musique jamaïcaine et au mouvement rastafari de connaître une audience planétaire. Bob Marley a vendu plus de 200 million de disques à travers le monde (il est le plus gros vendeur de disques reggae de l’histoire).

Né Rhoden Hall près de Nine Miles, dans la paroisse de Saint Ann (Jamaïque). Il meurt le 11 Mai 1981 d’un cancer généralisé, suite à un mélanome dont l’hérédité est le premier facteur (on pense que la maladie lui a été transmise par son père), mais qui peut aussi être la cause d’une exposition prolongée au soleil.

Né d’une mère noire jamaïcaine âgée de 18 ans, Cedella Marley Booker, née Malcolm, et d’un père blanc d’origine anglaise, superviseur à cheval des travaux des champs et âgé d’une cinquantaine d’années, Norval Marley, qu’il n’a que très peu connu. Les parents de Norval Marley n’acceptaient apparemment pas sa liaison avec une femme noire, et Norval, décrit par Cedella comme un homme gentil, mais de faible caractère, aurait été rejeté par sa famille. Bob Marley souffre de l’absence de son père, qui le fait venir à la capitale pour étudier quand il a cinq ou six ans. Sans nouvelles, sa mère le retrouvera des mois plus tard dans une rue de Kingston : son fils avait été confié à une vieille dame, pour qui il faisait les courses. Cedella voit Norval une dernière fois et reprend son enfant.

À l’adolescence, Bob Marley quitte la misère de la campagne pour celle du ghetto de Trenchtown à Kingston. Il y rencontre Neville Livingston dit Bunny Wailer et Winston Hubert McIntosh dit Peter Tosh, avec qui il chante des cantiques et des succès de soul américaine qu’ils entendent sur les radios de Miami. Le chanteur Joe Higgs leur donne des cours de chant. Bob Marley enregistre sa première chanson Judge Not pour le producteur Leslie Kong du label Beverley’s en 1961 à l’age de 16 ans ainsi qu’une reprise d’un succès de country & western de Claude Gray : One Cup of Coffee en 1962. Ces titres ska n’ont aucun succès mais Bob continue à s’investir dans la musique.

En 1963, il forme avec Junior Braithwaite, Peter Tosh et Bunny Wailer le groupe The Wailing Wailers (les gémisseurs gémissants). Ils obtiennent un contrat avec Studio One en 1964 et leurs premiers morceaux de ska, gospel, rhythm and blues et soul sont produits par le grand producteur local Clement « Sir Coxsone » Dodd, qui a pour assistant en studio Lee « Scratch » Perry (Scratch assure aussi la promotion). Bob quitte son métier de soudeur. Après l’album The Wailin’ Wailers, le trio se sépare de Coxsone, qui ne leur a pas versé grand chose en contrepartie des dizaines de titres qu’ils ont enregistrés pour lui (dont plusieurs succès, comme Simmer Down et Put it On).

Bob Marley

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Bob Marley a fait découvrir au monde le reggae, un riche dérivé du blues qui a considérablement influencé la musique populaire occidentale, et ce bien plus qu’il est généralement admis (le remix, ou dub, et le rap sont directement issus du reggae). Sa musique a touché tous les publics, transcendant les genres, comme en témoigne un large culte, encore en pleine expansion dans le monde entier à la fin du vingtième siècle. La dimension de Bob est bien plus large que celle du simple chanteur capable de produire des succès populaires comme Is This Love ou Could You Be Loved. Exprimant à l’origine l’affirmation de la dignité et la valorisation d’une identité Noire pour son peuple bafoué par des siècles d’esclavage (Slave Driver, Redemption Song), de colonialisme (Music Lesson, Crazy Baldhead) et d’oppression économique (Revolution), il incarne avec le mouvement rastafari (Positive Vibration, War) l’éveil de son peuple à une révolution spirituelle contre un oppresseur qu’il décrit d’abord comme étant le fruit d’une imposture chrétienne (Get Up Stand Up), voire païenne (Heathen), capitaliste (Rat Race), corrompu, raciste et hypocrite (Who the Cap Fit) à la fois. Avec une authenticité et une force sans doute inégalées depuis, il a été la première (et dernière ?) véritable superstar venue d’un pays pauvre. Parolier remarquable capable de s’approprier avec naturel des formules du langage populaire, n’hésitant pas à aborder les thèmes les plus universels, Bob Marley reste d’abord un symbole d’émancipation et de liberté. Il est aussi devenu l’un des symboles universels de la contestation (Soul Rebel), voire de la légitime défense (I Shot the Sheriff), supplantant souvent dans l’inconscient collectif des politiciens comme Che Guevara (la proche révolution cubaine a marqué Bob Marley), le Jamaïcain Marcus Garvey, Malcolm X, Léon Trotsky, Nelson Mandela ou Thomas Sankara. Son message est d’abord d’ordre spirituel et culturel, et enrobé d’un prosélytisme à consommer du chanvre (la ganja), un rituel rasta (Kaya, Easy Skanking).

Miroir de l’esprit rebelle des peuples opprimés, héros, exemple et modèle à la fois, Bob Marley est considéré par plusieurs générations déjà comme le porte-parole défunt mais privilégié des défavorisés. Il est avant tout le premier musicien à incarner et assumer pleinement et naturellement cette identité de porte-parole contestataire, un statut que d’autres musiciens comme James Brown (dont il a enregistré plusieurs compositions), Bob Dylan ou John Lennon ont approché mais n’ont jamais totalement obtenu ou assumé pour diverses raisons. Bob Marley a porté jusqu’à son paroxysme, la dénonciation de la négation de la personne Noire, de la falsification des cultures africaine et afro-américaine par le pouvoir et les religions de l’Occident, du travail des historiens à la solde de ces régimes; (Zion Train, Music Lesson).Grâce au au mouvement Rasta (Forever Loving Jah, Rastaman Chant), Bob Marley a ouvert une voie qui ne se limite pas à la protestation d’ordre colonial et post-colonial.

Jeudi, 23 Mai ,1981, le peuple jamaicain offre des funérailles officielles à Robert Nesta Marley. Après les funérailles – assisté à la fois par le Premier Ministre et le chef de l’opposition – le corps de Bob est conduit à son village natal où il repose désormais dans un mausolée. Bob Marley avait 36 ans.

Bob Marley a souhaité montrer à l’humanité, la falsification de l’histoire des peuples Noirs. Il a aussi une approche de la bible jusque là essentiellement inédite, et de plus en plus largement étudiée et reprise depuis. Son approche théologique rastafarienne, relayée par sa célébrité, fait ainsi de Marley l’objet d’un certain nombre de réflexions de nature hagiographique.

Beaucoup voient en lui une sorte d’apôtre ou de « prophète » multimédia (Time Will Tell. Comme l’écrivait le New-York Times de façon peut-être aussi ironique que prophétique quinze ans après sa disparition, en 1996 : « En 2096, quand l’ancien tiers-monde occupera et colonisera les anciennes super-puissances, Bob Marley sera commémoré comme un Saint. »

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