Le Burundi annonce sa première alternance démocratique avec Évariste Ndayishimiye

« On ne peut pas labourer, semer, récolter et manger le même jour » laisse entendre un proverbe africain. Le Burundi, qui a connu l’emprise allemande, puis belge annonce enfin une première transition démocratique de son Histoire riche avec la déclaration du candidat Évariste Ndayishimiye comme vainqueur de l’élection présidentielle du pays d’Afrique de l’Est qui s’est tenue la semaine dernière, en faisant fit de la pandémie covidienne qui trembler les Institutions Occidentales.

Mercredi, il y a eu peu d’observateurs électoraux internationaux après que le gouvernement a déclaré qu’ils devraient passer 14 jours en quarantaine pour empêcher la propagation du coronavirus. Malgré cela, le vote du 20 mai 2020, qui a été contesté par sept candidats à la présidence, devrait inaugurer le premier transfert démocratique du pouvoir en 58 ans d’indépendance.

Lors d’un congrès organisé le 26 janvier 2020 à Gitega, dans le centre du pays, les délégués du Cndd-FDD choisissent Évariste Ndayishimiye pour candidat à l’élection présidentielle du 20 mai 20204. Son discours d’investiture reflète alors la tournure chrétienne évangélique prise par le parti depuis la crise de 2015.

Celui qui a gravi les échelons de l’armée, a remporté 68,72 % des voix, tandis qu’Agathon Rwasa, le principal chef de l’opposition, a obtenu 24,19 %, selon l’annonce d’aujourd’hui de la Commission électorale. Avec plus de 50 %, des voix en poche, M. Ndayishimiye  évite donc  un second tour.

La présence de ce nouveau visage présidentiel africain a été rendue possible par le choix du Président sortant Pierre Nkurunziza, seul candidat à l’élection de 2010 et « guide suprême éternel » de son parti le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie appelé communément CNDD-FDD,  de ne pas se représenter.

Évariste Ndayishimiye, un chrétien catholique affirmé dans un parti politique qui entreprend un tournage religieux a été choisi par le parti au pouvoir CNDD-FDD pour succéder au président sortant Pierre Nkurunziza, dont la décision controversée de briguer un troisième mandat lors des dernières élections de 2015 résulta une discorde populaire et un boycottage de l’opposition.

Le candidat défait de l’élection Agathon Rwasa prétend déjà au jeu déloyal en avançant que les premiers chiffres montrant que son parti, les Forces nationales de libération (FNL) ne sont que pure « fantaisie ». La FNL est également indignée par le cas de la commune de Musigati (ouest), où M. Ndayishimiye a recueilli 99,9% des voix. Le taux de participation y est estimé à plus de 102%, selon un calcul de l’AFP.

Agathon Rwasa  a déjà laissé entendre qu’il ne descendrait pas dans la rue pour protester, mais ferait appel à la Cour constitutionnelle, bien qu’il considère le processus imparfait. Le résultat final des élections sera annoncé par la Cour constitutionnelle le 4 juin.

Faut-il croire que tout allait à merveille entre le Burundi et la Belgique durant la période  administrative belge (1923) puisque la Belgique, ancienne puissance coloniale, a déjà montré une volonté d’apaisement, affirmant qu’elle considère ce processus électoral comme une opportunité de « renforcer » une relation qui s’est dégradée, selon elle, que depuis 2015.

Au Burundi, sous le bras belge, les futurs chefs sont formés aux écoles coloniales confiées à des missions catholiques. Cependant, l’évangélisation énergique menée par les pères blancs, en éradiquant les traditions religieuses, changeait aussi la structure sociale. En 1931, le Mwami (titre royal) Yuhi Musinga, qui refuse de se faire baptiser, est obligé de partir en exil dans l’actuelle République démocratique du Congo. La Belgique confie le pouvoir à son fils le Mwami Mutara Rudahigwa, converti au catholicisme. En 1956, Mutara Rudahigwa commence à revendiquer l’indépendance du pays auprès de l’Organisation des Nations unies.

Évariste Ndayishimiye devrait prêter serment pour son mandat de sept ans fin août, à la fin du mandat du Président actuel Pierre Nkurunziza. On ne sait pas si M. Ndayishimiye serait en mesure de gouverner sans ingérence de Pierre Nkurunziza, qui un peu à la Poutine, restera président du très influent Conseil des Anciens du Parti.

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