La lapidation, du latin lapis (pierre), donnant le verbe lapidare, littéralement « tuer à coups de pierres » est une forme d'exécution. Il s'agit de la seule méthode d'exécution par torture physique encore employée au XXIe siècle dans certains pays à majorité musulmane.

Lapidation à mort d’un couple au Mali

Lundi, des islamistes qui ont pris le contrôle dans une ville du nord du Mali ont lapidé à mort un couple après les avoir accusés d’avoir eu des enfants  hors mariage,devant plusieurs centaines de témoins.

Les autorités ont déclaré que des islamistes, armés de fusils d’assaut Kalachnikov, ont emmené le couple dans le centre de la commune d’Aguelhoc situé à 150 km au sud de la frontière algérienne. Le jeune homme et la femme ont été mis dans des trous d’environ quatre pieds de profondeur, avec leurs têtes en saillie, puis lapidés à mort à environ 5 heures du matin dimanche.

La lapidation, du latin lapis (pierre), donnant le verbe lapidare, littéralement « tuer à coups de pierres » est une forme d'exécution. Il s'agit de la seule méthode d'exécution par torture physique encore employée au XXIe siècle dans certains pays à majorité musulmane.

La lapidation, du latin lapis (pierre), donnant le verbe lapidare, littéralement « tuer à coups de pierres » est une forme d’exécution. Il s’agit de la seule méthode d’exécution par torture physique encore employée au XXIe siècle dans certains pays à majorité musulmane.

Dans un silence pénible, plus de 300 villageoises ont regardé l’affreuse scène. « Les gens ont protesté, qu’aucune loi ne pourrait prescrire une telle chose », selon le témoin qui requiert l’anonymat. « Sous le moindre prétexte, ils exécutent les gens. »

« Ils les ont mis dans les trous, et puis ils ont commencé à jeter de grosses pierres, jusqu’à leur mort respectif », a exposé l’officiel.

« C’était horrible », se confit-il, en notant que la femme avait gémi et crié et que son partenaire criait quelque chose d’impénétrable lors de l’agression. « Ils étaient inhumains. Ils les ont tués comme des animaux. »

Le fonctionnaire a insisté pour qu’il ne soit pas identifié parce qu’il avoue « nos vies sont en danger ici. » Le fonctionnaire affirme qu’une bonne partie de la population de Aguelhoc a déjà commencé de partir pour traverser la frontière en Algérie, résultat de la lapidation de dimanche.

La lapidation est l’acte le plus brutal de la répression islamiste signalée jusqu’à présent. Les réfugiés en provenance du nord ont donné de nombreux témoignages de coups de fouet publics pour des violations alléguées à la charia dans les importantes villes de Tombouctou et Gao.

Tout le nord du Mali, une vaste zone plus grande que la France, la plus grande partie désert, est dans les mains des islamistes liés à Al-Qaïda, après une rébellion contre le gouvernement malien qui a débuté en janvier. La rébellion a commencé comme une nouvelle itération d’une longue lutte qui s’étale sur plusieurs décennies par les Touaregs, qui désirent gagner plus d’autonomie d’un gouvernement central basé au sud.

Mais les Touaregs ont été dépassés par leurs alliés de facto, un mouvement islamiste local, le Ançar dine, ou les « défenseurs de la Foi », qui lui-même est allié avec Al-Qaïda. Ançar dine, mené par Iyad ag Ghali contrôle désormais la région, en alliance avec un autre groupe dissident islamiste radical, le Mujao, ou le Mouvement pour l’Unicité et du Jihad en Afrique de l’Ouest. Les groupes partagent l’objectif d’imposer une forme extrême de la charia sur les nord maliens.

La source d’Aguelhoc allègue que le couple qui vivait en milieu rural a protesté que le plus jeune enfant, un bébé de six mois, n’était même pas le leur. Mais les hommes qui les ont exécutés disent que le couple s’était rendu coupable d’un crime grave, et la punition était méritée.

« Tout ce qu’ils disaient était, c’était que c’est la loi de la charia qui l’a prescrit, Dieu l’a voulu » se rappelle le témoin. Il ajoute que l’exécution a duré environ 15 minutes. Et que la femme est morte rapidement, dans des hurlements sans réponse.

Aguelhoc a attiré l’attention au début de la rébellion, en janvier dernier, quand des dizaines de soldats de l’armée malienne furent apparemment sommairement exécutés, selon des groupes de défense des droits. Certains avaient les mains liées derrière le dos et leur gorge coupée.

Des protestations contre les exécutions par des femmes de soldats en colère dans la capitale, Bamako, au début de février 2012 ont été un signe précoce des difficultés du gouvernement. Le gouvernement a ensuite été dissipé par une junte militaire dans un coup d’État, fin de mars, ce qui a permis aux Touaregs et islamistes d’envahir le nord.

Vendredi, le président par intérim depuis le 12 avril 2012, Dioncounda Traoré, retournait à Bamako de Paris, après une absence de plus de deux mois suite à une attaque par une foule en colère qui le blessait gravement.

Dans un discours télévisé, dimanche, M. Traoré qui s’exprimait pour la première fois depuis son retour a annoncé une réorganisation du gouvernement dans le but de restaurer l’unité de la nation profondément troublée. Il a ainsi dit pardonner à ses attaquants dans l’intérêt du pays.

Nouvelles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marquées d\un *

Share