Entre 1999 et 2000, Malam Bacai Sanha a assuré l'intérim de Nino Vieira contraint à l'exil par la guerre civile.

La Guinée-Bissau s’arrête pour les obsèques du président Sanha

La mort du président bissau-guinéen Malam Bacai Sanha, le 9 janvier dernier, fut un autre coup dur porté à la fragile démocratie du pays lusophone de l’Afrique de l’Ouest. Les funérailles prévues pour dimanche pourraient marquer le début d’une nouvelle période politique tumultueuse.

Entre 1999 et 2000, Malam Bacai Sanha a assuré l'intérim de Nino Vieira contraint à l'exil par la guerre civile.

Entre 1999 et 2000, Malam Bacai Sanha a assuré l’intérim de Nino Vieira contraint à l’exil par la guerre civile.

Le président Sanha a instauré une paix relative en Guinée-Bissau depuis l’élection historique de juillet 2009, survenue à la suite de l’assassinat de Joao Bernardo Vieira, dit « Nino Vieira » son prédécesseur.

On peut déjà entrevoir des signes d’instabilités. Effectivement, les partis d’opposition n’ont pas perdu de temps pour rejeter le président intérimaire, Raimundo Pereira, leader de l’Assemblée nationale. S’exprimant de la capitale Bissau, Carlos Fonsecka Rodriguez a pourtant précisé qu’il n’a fait que suivre la constitution.

« La constitution guinéenne est claire. Si le président meurt, le président de l’Assemblée nationale prend automatiquement le relais jusqu’à ce qu’une élection soit tenue »,

Ansoumane Sanga, un conseiller juridique, espère qu’une élection aura lieu dans les 60 jours.

Une lutte pour le pouvoir entre l’armée et le gouvernement secoue la Guinée-Bissau pendant les dix dernières années et plus récemment, un groupe de soldats avaient organisé une tentative de coup d’État le 26 décembre 2011.

Aujourd’hui, l’armée est en état d’alerte élevé — Mais les habitants disent ne pas vouloir d’une intervention militaire. Âgé de 30 ans, Richard Antwi est un prêtre exerçant dans la capitale Bissau, peuplée de 400 000 âmes s’exprimant majoritairement en créole.

« C’est déjà arrivé, cela arrive tout le temps. Le problème avec les militaires, c’est le professionnalisme. Ils doivent être formés pour savoir que leur travail consiste à rester dans les casernes. Ils n’ont rien à voir avec le système politique. Oui, ils sont là pour protéger et défendre le pays, mais pas pour intervenir ou prendre le pouvoir.»

À Bissau, les drapeaux sont en berne pour marquer le deuil de sept jours suivants l’enterrement de Sanha dimanche. Il y a un sentiment palpable de crainte de ce qui est à venir.

Les armoiries de la Guinée-Bissau, comme le drapeau national, furent adoptées en 1973. Elles montrent les Couleurs panafricaines et l'étoile noire africaine. Dans la partie inférieure, on peut voir un coquillage doré qui représente les îles du Cap-Vert. Sur une ceinture d'argent entre deux branches de palmier, on peut lire la devise officielle du pays, en portugais: “Unidade, Luta, Progresso” (Unité, Lutte, Progrès).

Les armoiries de la Guinée-Bissau, comme le drapeau national, furent adoptées en 1973. Elles montrent les Couleurs panafricaines et l’étoile noire africaine. Dans la partie inférieure, on peut voir un coquillage doré qui représente les îles du Cap-Vert. Sur une ceinture d’argent entre deux branches de palmier, on peut lire la devise officielle du pays, en portugais: “Unidade, Luta, Progresso” (Unité, Lutte, Progrès).

Tiero Wanya est étudiant.: « C’est la Guinée-Bissau! Chaque commentaire que vous faites à propos de l’armée peut vous causer beaucoup de problèmes — vous comprenez? Il y a beaucoup de confusion à propos des militaires et de leur participation à la vie politique du pays. Cette situation nous effraie un peu. Nous espérons que ce qui s’est passé dans d’autres pays n’arrivera pas ici. Il y a un sentiment de peur mélangée avec beaucoup d’espoir pour ce pays. »

Les constants tumultes politiques signalent une population qui doit faire avec des salaires impayés, des écoles fermées et peu d’investissements étrangers. La Guinée-Bissau est devenue une plaque tournante pour le trafic de drogue entre l’Amérique latine et en Europe.

Du fait de sa pauvreté et de sa désorganisation économique, la Guinée-Bissau est une proie facile pour les trafiquants de drogue de l’Amérique du Sud qui l’utilise comme passerelle pour atteindre l’Union européenne, leur principal client depuis que les États-Unis ont durci leur politique de contrôles aux frontières. La Guinée-Bissau a une position géographique privilégiée, au sud du Sénégal, qui l’exclut du dispositif de contrôle de l’immigration clandestine, qui s’étend du Maroc au Sénégal et rend les trafics difficiles.

Malgré ses nombreux atouts (bauxite, bois, pétrole, phosphates), la Guinée-Bissau est le troisième pays le plus pauvre du monde. En 2005, le budget de l’État dépend à 75 % de l’aide internationale. Il n’y a pas partout de l’électricité et 85 % des habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour.

Bineta Pier une étudiante de 32 ans, pense que le peuple regardera les brèves années sous l’égide de Sahn sereinement.

« Les Bissau-Guinéesns vont faire leur deuil de M. Sanh et songer à la stabilité qu’il a apportée. Nous en avons marre des coups de feu ».

Le président Malam Bacai Sanha est mort à Paris, en France. Il était âgé de 64 ans. La maladie dont il souffrait n’a pas été rendue publique.

Nouvelles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marquées d\un *

Copyrıght 2014 MILOTCHE MEDIA. All RIGHTS RESERVED.

Share