La zone franc rassemble quinze États africains, dont douze nations, anciennement sous le joug colonial français en Afrique de l'Ouest et du Centre.

Expulsé du Sénégal pour avoir brûlé un billet de 5,000 francs CFA

L’activiste franco-béninois, Stélio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kémi Séba, bien connu pour ses prises de position anti-impérialisme, se voit expulsé par un décret ministériel rendu public le 6 septembre 2017 du sol sénégalais pour avoir mis le feu à un billet de franc CFA.

La zone franc rassemble quinze États africains, dont douze nations, anciennement sous le joug colonial français en Afrique de l'Ouest et du Centre.

La zone franc rassemble quinze États africains, dont douze nations, anciennement sous le joug colonial français en Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’accusation exacte émanant du document officiel du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique sénégalais est « destruction volontaire et publique par le feu d’un billet de banque ayant cours légal ».  Ce qui ferait de M. Séba :  « une menace grave pour l’ordre public. »

L’utilisation du Franc CFA par les puissances africaines aura toujours sa part de polémique. La monnaie initialement baptisée en 1945 Colonie Françaises d’Afrique  se masque aujourd’hui sous une appellation plus digeste: franc de la Communauté Financière d’Afrique. Pourtant, ce billet n’a rien d’Africain. Un peu comme pour le dollar américain qui se fait imprimer à gogo par la Fed, une nébuleuse hors du contrôle du gouvernement américain, le franc CFA se fait reproduire hors de tout regard africain, en toute lassitude, dans un village de l’ex-colonisateur français.

Cette histoire dépasse donc de loin Kémi Séba selon M. Hery Djehuty, coordinateur de l’ONG urgences panafricanistes annonce sur le web qu’un grand rassemblement était prévu le 16 septembre 2017 pour contesté cette monnaie imposée qui pérennise l’étreinte de la France dans l’économie africaine.

Seydi Gassama, Chef de la direction d’Amnesty International, sur les ondes de radios sénégalaises qualifie cette expulsion de déportation puisque M.Séba aurait du être notifié puis jouir d’un moment pour avoir le temps d’introduire un recours en bon et du forme.

Quelques jours après l’arrestation de M. Séba à Dakar, à Paris, le 31 aout 2017, le Président ivoirien , Alassane Ouattara, flanqué d’Emmanuel Macron, son homologue français qui tous deux jouissent d’une autre vie de banquier, n’ont pas hésité a vanter la zone franc, voire élargir sa domination sur le territoire africain. « Un total mépris de la souffrance africaine. » selon M. Hery Djehuty, « Un cracha jeté à la figure de tous les Africains. »

Plusieurs grands chefs d’État africains se sont rebellés contre l’utilisation de cette devise étrangère :

Sylvanus Olympio, premier Président du Togo, il est assassiné dans un coup d’État, soutenu par la France , par Gnassingbé Eyadema qui gardera le pouvoir près de 38 ans.  Aujourd’hui, son fils, Faure Gnassingbé Eyadéma  est encore au pouvoir et le FCFA est encore en vigueur au pays.

Thomas Sankara, éminent anti-impérialiste est assassiné dans un coup d’État par Blaise Compaoré qui conservera le pouvoir 27 ans. M. Compaoré a rétabli les relations avec la France qui s’étaient détériorées.  En avril 2006, le Comité des droits de l’Homme des Nations unies a condamné le Burkina Faso pour refus d’enquêter sur les circonstances de la mort de Thomas Sankara (et d’en poursuivre les responsables). Évidemment, le Burkina Faso est toujours sous l’influence du franc CFA.

En 1985 et 1997 respectivement, les deux narcos états d’Afrique, la Guinée équatoriale et la Guinée Bissau rejoignent la zone CFA. En Guinée équatoriale, le Président Teodoro Obiang tient le pouvoir jusqu’à ce jour, d’un règne de plus de 38 ans.

L’action de Kémi Séba n’était pas seulement dirigée contre la France, mais cela s’adressait également aux dirigeants africains accusés par ces militants d’être complices de la France. Kémi Séba « s’est fait aussi remarquer pour les propos désobligeants contre des chefs d’État et dirigeants africains et envisagerait de mener des actions préjudiciables à l’ordre public en appelant à des rassemblements intempestifs sur la voie publique », a encore jugé le ministère.

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  1. TRAORE
    Sep 07, 2017 - 04:19

    Le débat sur le franc CFA, un sujet d’abord politique avant d’être technique, a connu ces derniers jours, de nouveaux développements avec l’arrestation, le vendredi 25 aout 2017, de M Kémi Séba, de son vrai nom Gilbert Robert CAPO CHICHI, pour avoir brûlé volontairement et publiquement, une coupure de cette monnaie. Je lis depuis, beaucoup de commentaires sur cette affaire.
    Pour ma part, je pense qu’il faut dissocier et ne pas placer sur le même plan, les interrogations de populations ou d’experts de bonne foi sur le système franc CFA, des agissements de quelqu’un qui commet un coup d’éclat en violation des lois en vigueur au Sénégal et devra en répondre devant les Tribunaux.
    La quasi totalité des commentaires fait de Kémi Séba, une victime de la BCEAO et de la France. Il n’en est rien. Si cela n’avait pas été la BCEAO, l’Etat du Sénégal aurait pu déclencher une action publique contre M. Kémi Séba. A ce stade de la procédure, ce dernier est  présumé avoir violé la loi en brûlant le billet de franc CFA. Il savait, et il l’a reconnu lui-même, qu’en commettant cet acte, il s’exposait aux rigueurs de la loi. Laissons donc la justice faire son travail en toute indépendance et encore une fois, le vrai débat est celui des questions sur l’efficacité du système franc CFA, de ses avantages et coûts mais également et surtout, de l’indispensable comparaison à faire avec tout autre système par lequel on le remplacerait.
    L’opportunité du maintien ou non du franc CFA et de ses mécanismes est un sujet sérieux qui mérite des analyses rigoureuses et, si nécessaire, des décisions responsables. Comme tout système, celui du franc CFA a ses avantages et ses inconvénients que seule une évaluation scientifique permettrait d’établir. J’aime à croire en toute logique, que si les responsables politiques et les gestionnaires du franc CFA ne trouvent pas nécessaire de le rejeter, c’est que dans leur majorité, ils considèrent aujourd’hui que le résultat de cette évaluation est avantageux pour les pays et les populations ayant cette monnaie en partage. Le jour où ils seront convaincus du contraire, ils n’attendront personne pour agir. Ils savent aussi que comme tout système, celui du franc CFA est, par définition, perfectible et ils y travaillent certainement à l’abri de toute agitation. Voilà sans doute leur position que le profane que je suis peut comprendre.
    En face, il y a les critiques et les contempteurs du franc CFA. La question du franc CFA n’est pas un sujet tabou et il ne peut pas être ouvert de procès en sorcellerie à l’encontre de quiconque voudra l’aborder. A l’ère de la transparence et de la détermination des peuples à interroger les politiques publiques, il est légitime que des réflexions s’engagent sur la pertinence actuelle de ce mécanisme. Ces réflexions doivent cependant être sérieuses et crédibles. Au-delà des analyses inachevées ou non approfondies, des polémiques et de l’exaltation de sentiments nationalistes, il est indispensable que les critiques du système actuel portent à la connaissance du public, des études scientifiques sur le système alternatif qu’ils proposent et des analyses comparatives des avantages et coûts de ce système et celui du franc CFA. Cette approche sera plus constructive et éclairera davantage l’opinion. Le danger d’une démarche inaboutie est de tromper ou d’induire en erreur des populations de bonne foi et de faire le lit des activistes et personnes mal intentionnées de tous bords. Quand des intellectuels échouent à démontrer le bien fondé de leurs réflexions, ils offrent l’opportunité aux fanatiques de commettre un acte aussi extrémiste que celui de M Kémi Séba.
    Pour finir, je voudrais appeler notre responsabilité collective et en particulier, les différents penseurs et la jeunesse africaine à savoir raison garder sur ce débat autour du franc CFA. Le franc CFA n’est pas la panacée à tous les problèmes de nos pays. D’autres  réformes et actions importantes sont sans aucun doute nécessaires pour développer nos économies, répondre efficacement aux demandes (emploi, santé, éducation, .etc.) et améliorer le niveau de vie des populations. Ces problématiques vont au delà du franc CFA qui ne doit pas être considéré comme le bouc émissaire. Arrêtons de crier haro sur le baudet.

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  2. Ba Amadou
    Sep 08, 2017 - 02:36

    Ces normal

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  3. Babich Young
    Sep 08, 2017 - 02:57

    Et si nous changeons notre CFA quel serait l poids d ct nvel monnaie au niveau international alors que nous disposons des richesse naturel extraordinaire(pétrole, gaz…)/.et l marché international nous atten réfléchir un peut !!!!!
    Kel mascarade saviez vous pas qu’il l’on déjà signé depuis avant les élections législatives du Sénégal sur parole avec l pion français macky reçu dan un jardin lol.nous voulons l’Union africaine!!!
    Il sont entrain de nous recolonisé avec LS carte d’identité de la CEDEAO après avec ct mascarade de kémi et au finish les colonisateurs auront l monopole de toute LS grande entreprise en Afrique de l’ouest. Pour preuve voici ct nvl monnaie

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  4. Babich Young
    Sep 08, 2017 - 02:57

    1€=1300afro

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  5. Insa Sane
    Sep 09, 2017 - 02:09

    J’aime l’esprit le pourquoi il a fait

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