Les élections présidentielles de l'Ouganda de 2016 sont supervisées par la Commission électorale de l'Ouganda, qui a enregistré 15,297,197 électeurs.

Journée d’élection en Ouganda, réseaux sociaux verrouillés

Jeudi 18 février 2016 est un jour d’élections en Ouganda. Si quelques enthousiastes pensaient tweeter ou partager sur Facebook leurs prétentions démocratiques, ils seront bien déçus. Le gouvernement a fermé l’accès aux médias sociaux dans le pays d’Afrique de l’Est en indiquant qu’il entreprend de telles actions par « mesure de sécurité ».

Les élections présidentielles de l'Ouganda de 2016 sont supervisées par la Commission électorale de l'Ouganda, qui a enregistré 15,297,197 électeurs.

Les élections présidentielles de l’Ouganda de 2016 sont supervisées par la Commission électorale de l’Ouganda, qui a enregistré 15,297,197 électeurs.

Les électeurs décideront s’ils rééliront le Président Yoweri Museveni pour un cinquième mandat. Le natif du royaume d’Ankole, situé dans le sud-ouest ougandais, a été président pendant les 30 dernières années, depuis 1986 plus précisément. Son principal rival, le médecin Kizza Besigye a été brièvement détenu cette même journée d’élection après avoir réclamé l’accès à une maison de Kampala où il croyait que de la fraude électorale avait lieu.

Facebook, Twitter, WhatsApp, ainsi que les transferts d’argent mobile, ont été cadenassés à travers le pays. Le Président actuel, M. Yoweri Museveni a confirmé qu’il a ordonné l’interdiction.

Après avoir voté, l’homme de 71 ans s’explique « Cela a été fait par mesure de sécurité, pour éviter la circulation de mensonges qui sont actuellement diffusés sur ces plates-formes destinées à inciter à la violence et la divulgation illégale des résultats des élections. » « Tant de mensonges ont été dit depuis le début de la campagne que cela nuit à l’intégrité du processus électoral. » Puis interviewé a la télévision, il renchérit «Certaines personnes abusent de ces voies. Vous savez comment ils en abusent? En disant des mensonges.. »

Les groupes de défense ont évidemment critiqué le mouvement.

« La décision du gouvernement ougandais de bloquer l’accès aux médias sociaux sur les téléphones mobiles le jour du scrutin est une violation flagrante des droits fondamentaux des Ougandais à la liberté d’expression et de chercher et de recevoir de l’information», a déclaré Sarah Jackson, directrice régionale adjointe d’Amnesty International. « Sans avoir préalablement clairement défini ces problèmes de sécurité, cet arrêt n’est rien d’autre qu’un exercice de censure. »

Par contre les plus débrouillards des Ougandais, frustrés de la situation, ont pu accéder à leurs médias social favori à travers de VPN (Virtual Private Network), un système permettant de créer un lien direct entre ordinateurs distants.

Tout au long de l’élection, les médias sociaux ont été utilisé comme un outil de ralliement et de débat.
En janvier dernier, les Ougandais ont popularisé le hashtag #1986pictures contenant des tweets, dont quelques-unes plutôt hilarantes, sinon cocasses, de photos datantes de 30 ans, ponctués de remarques qui suivent la ligne « En 30 ans, tout a changé en Ouganda, sauf lePrésident. » Le #UgandaDecides se voit aussi propager. L’Ambassade Américaine en Ouganda y a même laissé couler un tweet : « Ôter le droit des personnes à communiquer en ce jour important envoie un mauvais message aux Ougandais. »

Un arrêt similaire a eu lieu en 2011 lors des élections générales de l’Ouganda que le Président sortant remporta avec 68% des suffrages.

Agé maintenant de 71 ans , Yoweri Museveni est au pouvoir depuis 1986. En 2005, il modifia la Constitution pour lui permettre de prolonger la durée du mandat présidentiel. En février 2014, Yoweri Museveni a passé une nouvelle loi durcissant la répression de l’homosexualité. Les pratiques homosexuelles étant déjà passibles de condamnation à perpétuité, cette nouvelle loi condamne toute promotion de l’homosexualité et rend obligatoire la dénonciation d’individus homosexuels. Cela renforce la décision de Washington de s’éloigner de ce chef d’Etat devenu autocrate, tandis qu’en France, cette décision a poussé la présidence de la république à annuler la visite d’Yoweri Museveni à Paris.

Environ 15 millions de personnes voteront à l’élection de jeudi.

Nouvelles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marquées d\un *

Copyrıght 2014 MILOTCHE MEDIA. All RIGHTS RESERVED.