Des manifestants qui dénoncent le prix du pain et du carburant sont arrêtés à Maputo au Mozambique

Des manifestations pour dénoncer le prix du pain et du carburant font des morts au Mozambique

Des manifestants qui dénoncent le prix du pain et du carburant sont arrêtés à Maputo au Mozambique

De jeunes hommes en colère du à la hausse du coût de la nourriture, du carburant et de l’eau ont saccagé la capitale du Mozambique, mercredi, en jetant des pierres et se livrant au pillage de boutiques à Maputo.

Maputo (ancienne Lourenço Marques) est une grande ville d’Afrique australe et la capitale du Mozambique. Baignée par l’océan Indien, elle est située à 77 km de la frontière de l’Afrique du Sud. Sa population s’élevait à 1 099 102 habitants au recensement de 2007 ; l’agglomération regroupe environ 2 millions d’habitants.

La police a répliqué par des tirs de coup de feu sur la foule, tuant au moins sept personnes.

En 2008, l’inflation mondiale a soulevé plusieurs préoccupations sur l’instabilité politique qu’elle génère dans plusieurs pays appauvris tels qu’en Haïti, au Kenya et en Somalie. Ces pays ont aussi été l’hôte d’émeutes mortelles.

En 2008 des émeutes ont également éclaté en Égypte. Le même scénario s’est reproduit dernièrement vu l’augmentation du prix des denrées alimentaires. L’ONU a déclaré mercredi que les prix alimentaires internationaux ont augmenté à leur plus haut niveau en deux ans.

La police mozambicaine a déclaré mercredi toutes manifestations illégales, en affirmant qu’aucun groupe n’en a demandé la permission. Pendant des jours, des slogans de manifestants ont été scandés un peu partout, même par message texte, dans cette ancienne colonie portugaise.

Des milliers de personnes, principalement de jeunes hommes ont manifesté.

« Cette manifestation dénonce la hausse des prix. Plus que cela, c’est à propos de l’injustice », a déclaré un manifestant de 34 ans du nom d’Albino Mkwate.

Certaines parties de la capitale ont sombré dans le chaos avec des femmes en larmes angoissées par la violence et des manifestants qui traversent les rues, portant les blessés. Un garçon d’environs de douze ans a été vu, immobile, dans une rue de Maputo dans une mare de sang.

Horatio Antonio, un homme de 45 ans, au chômage, a déclaré avoir vu la police faire feu sur des manifestants sans provocation de ceux-ci.

« Les gens sont en colère parce que les prix montent : l’essence, le riz, l’eau, électricité, tout », dit Antonio.

Un témoin a décrit une femme qui courait sur la route de l’aéroport après les émeutes, en se frottant le ventre en disant : « Nous avons faim, tous les mozambicains ont faim. »

La télévision d’État affirme que la police a abattu sept personnes, dont une fillette d’environ six ans qui était sur le chemin de l’école et une autre fille dont l’âge et les circonstances du décès n’ont pas été dévoilés.

Alice Caisane, la responsable de l’hôpital de Maputo, a déclaré à la télévision d’État que quatre personnes sont décédées dans son hôpital et que seize autres ont été traités pour des blessures par balle.

Pedro Cossa, un porte-parole de la police a déclaré qu’il avait entendu à la télévision et à la radio des rapports sur le nombre de blessés, mais il attend le bilan officiel. Il allègue que la police a utilisé des balles de caoutchouc aussi bien que des balles réelles. Il insinue également que dans certains cas, les policiers ont été attaqués par des manifestants.

Les Mozambicains ont vu le prix du pain augmenté de 25 %, l’année dernière. Les coûts de carburant et d’eau ont également augmenté.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (connue sous les sigles ONUAA ou, plus couramment, FAO soit en anglais Food and Agriculture Organization of the United Nations)  basée à Rome a déclaré mercredi que l’indice mondial des prix des aliments a grimpé de 5 % entre juillet et août.

Abdulreza Abbassian de l’organisme onusien dit qu’il y a des différences notables entre la situation actuelle des prix et ceux de printemps 2008, lorsque les prix élevés du pétrole et la demande croissante de biocarburants ont poussé les stocks alimentaires mondiaux à leur plus bas niveau depuis 1982.

L’ONUAA, a récemment encore réduit ses prévisions pour 2010 de la production mondiale de blé depuis sa dernière mise à jour le 4 août, pour situer la récolte de blé de cette année à 648 millions de tonnes, en baisse de 5 % à partir de 2009, mais encore la troisième récolte la plus élevée de tous les temps.

Ceci reflète une réduction des estimations de récolte victimes de la sécheresse de la Russie de 48 millions de tonnes à 43 millions de tonnes.

Les critiques prétendent que les mauvaises décisions du gouvernement empirent la pénurie et accusent les producteurs de collusion afin d’augmenter les prix.

Le parti FRELIMO (Le Frente de Libertação de Moçambique – Front de libération du Mozambique) du Mozambique, au pouvoir depuis l’indépendance du Portugal en 1975, a été la cible d’accusations.  Son gouvernement est corrompu et inefficace, selon certains.

En 2008 au Mozambique, après une semaine d’affrontements entre la police et les émeutiers qui ont tué au moins quatre personnes et blessé gravement plus d’une centaine, le gouvernement a réduit les prix des carburants.

De 1976 à 1992 (16 ans), une guerre civile sanglante a fait près d’un million de morts au Mozambique. Luttes politiques internes, guérilla, d’abord entretenue par une Rhodésie encore aux mains du pouvoir blanc, puis par l’Afrique du Sud, ont entraîné le pays à la faillite. Le Sida, des épidémies de maladies comme le choléra et des catastrophes naturelles fréquentes ont épuisé les ressources du gouvernement.

Plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté, et le Mozambique se classe 175e sur 179 pays selon l’indice de développement humain, une mesure des progrès qui tient compte de la santé et l’éducation ainsi que les niveaux de revenu.

Le PIB par habitant d’un Mozambicain est de seulement 802 $, comparativement à 9,757 $ en Afrique du Sud voisine, où de nombreux Mozambicains ont fui pour chercher du travail.

L’économie et la politique sont aux mains d’une très petite élite descendante des assmilados, les Africains assimilés par les Portugais durant l’époque coloniale, et une autre plus importante venant de l’Afrique du Sud.

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