Entre la fin de la colonisation et la mondialisation Comment valoriser les prénoms autochtones africains?

Comment valoriser les prénoms autochtones africains?

Se forger une identité sur le planisphère un peu plus gagné par l’ « occidentalisation » tous les jours. C’est le défi que doit relever l’Afrique et ses habitants pour cesser d’être regardés continuellement comme les derniers de la classe du monde. Relever ce défi passe aussi par la réappropriation des prénoms autochtones du continent berceau de l’humanité…

Hu Jintao, Manmohan Singh, Susilo Bang Bang Yudoyono… Ce sont respectivement les prénoms et noms des hommes d’Etat de premier plan de la Chine, de l’Inde et de l’Indonésie. Les deux premiers États sont les plus peuplés du monde et l’Indonésie est considérée comme un pays musulman exemplaire en matière de démocratie. Peuples ayant subi diverses formes de colonisation, ces États précités ont la particularité dans le monde contemporain de s’agripper à leurs valeurs culturelles. Contrairement par exemple aux Africains qui voient tout en « Blanc » en pensant les voies et moyens devant leur permettre de sortir du sentier du sous-développement.

Une raison de plus pour que les Noirs du planisphère ouvrent leurs esprits au sens profond du slogan de campagne de Barack H. Obama, « yes, we can ». Lui qui, à aucun moment, n’a pensé à changer prénoms et patronyme que son père d’origine kenyane lui a donné. Contrairement à ses « congénères » du continent noir qui se donnent des prénoms au gré de leurs besoins, économiques ou non, du moment.

« Plus question aujourd’hui de traduire les prénoms chrétiens ou musulmans dans les langues locales », tel semble être le maître mot que les uns et les autres se sont passés dans les sociétés africaines ou noires de la diaspora qui ne cessent de délaisser un peu plus chaque jour l’attachement à leurs racines. Ainsi, alors que le 44e président des États-Unis d’Amérique sait que son patronyme (« Obama ») signifie « la lance enflammée » dans un dialecte du Kenya, peu de Noirs font l’effort de remonter l’arbre généalogique de leur famille en vue de saisir la signification profonde de leur patronyme. Le prénom chrétien « Emmanuel » revêt-il plus de beauté sonore que son pendant en éwé (langue commune à des populations du Togo, du Bénin et du Ghana), « Mawulikplimi » ? Il est plus que  jamais temps au Noir de se décider à marquer la mondialisation de sa véritable et propre empreinte.

Race au cœur de l’écriture des différentes péripéties de l’Humanité de part les importantes découvertes sur les origines de l’Homme qui ont été faites sur le continent noir et à travers les diverses découvertes modernes opérées par des savants de la même ascendance, la communauté noire du globe reste la seule qui soit encore affublée ou touchée de plein fouet par divers maux contemporains.

A l’esclavage, au colonialisme, l’apartheid ont succédé le néocolonialisme, la mauvaise gouvernance et ses corollaires comme l’impéritie qui enfante les famines, les guerres, la survivance de maladies contagieuses, les troubles socio-politiques etc. À ce catalogue qui ne se présente pas déjà sous un jour favorable, s’ajoute le phénomène du prurit de l’immigration de la jeunesse du Sud vers le Nord. Un besoin qui nous replonge chaque semaine dans les drames qu’ont déjà essuyés pendant près de 4 siècles des ancêtres noirs.

Un passé à la fois sombre et glorieux de la communauté noire du monde qui doit interpeller à partir de cette année 2010 tous ceux qui sont avides de faire mentir « l’histoire noire » dans différents secteurs de notre vie contemporaine. De Dakar à Djibouti, du Caire au Cap de Bonne-Espérance, sans oublier bien sûr l’importante diaspora africaine, l’Élite noire doit plus que jamais sortir de sa léthargie qui n’a que trop duré!

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