La campagne électorale a été officiellement lancée le 28 octobre 2011. Des violences sont depuis lors observées dans le pays. Grâce à une modification constitutionnelle adoptée en janvier, l'élection du président se fait désormais à la majorité simple, à l'issue d'un seul tour de scrutin.

Après le vote, le Congo retient son souffle

La campagne électorale a été officiellement lancée le 28 octobre 2011. Des violences sont depuis lors observées dans le pays. Grâce à une modification constitutionnelle adoptée en janvier, l'élection du président se fait désormais à la majorité simple, à l'issue d'un seul tour de scrutin.

La campagne électorale congolaise a été officiellement lancée le 28 octobre 2011. Des violences sont depuis lors observées dans le pays. Grâce à une modification constitutionnelle adoptée en janvier, l'élection du président se fait désormais à la majorité simple, à l'issue d'un seul tour de scrutin.

Une semaine après le vote controversé du Congo toujours non résolue, un calme lourd pesait dans le plus grand pays francophone du monde mercredi, ponctué par des explosions de gaz lacrymogène, de pierres lancées et de coups de feu. Ces aléas annoncent des temps de difficiles. Les résultats officiels des élections ne seront peut-être pas une surprise. On s’attend à ce que le président sortant, Joseph Kabila, soit déclaré gagnant, légitimement ou non.

Comment les habitants de la capitale Kinshasa, réagiront-ils à la nouvelle de la défaite du candidat à la présidence, Étienne Tshisekedi, très populaire depuis les trente dernières années dans les quartiers de cette ville tentaculaire? La population retient son souffle collectif.

« Demain, nous serons dans la rue », a déclaré Willie Kabungi, un commerçant. « Les gens vont être fusillés. Et les gens vont mourir. »

Des commerces sont restés hermétiquement fermés derrière des barreaux mercredi. Les écoliers et de nombreux employés de bureau sont restés à la maison, et les rues habituellement encombrées sont vidées de leurs vies coutumiers.

La Commission électorale nationale, liée par la loi de publier les résultats définitifs mardi, s’est vu accordé une prolongation de 48 heures après l’élection calamiteuse, le 28 novembre, au cours de laquelle des sacs de votes ont été perdus et des bureaux de vote ont été brûlés. Le vote a même été autorisé à continuer après le jour des élections.

Cette semaine, des hélicoptères ont été envoyés pour aller chercher des bulletins de vote à travers le pays qui est de la taille de l’Europe occidentale, avec ses 63 000 bureaux de vote et moins de 3 000 km de routes pavées. Ainsi, le jeu de l’attente a continué mercredi, mais des résultats partiels, très contestés ont donné une large avance et appartement insurmontables au plus jeune président du pays.

Un convoi de huit véhicules qui transportaient bulletins de votes ont été attaqués par un groupe d'hommes armés dans la capitale de la province du Katanga sur la route de Lubumbashi le 28 novembre 2011. Les bulletins de vote ont été brûlés.

Un convoi de huit véhicules qui transportaient bulletins de votes ont été attaqués par un groupe d'hommes armés dans la capitale de la province du Katanga sur la route de Lubumbashi le 28 novembre 2011. Les bulletins de vote ont été brûlés.

M. Kabila, 40 ans, né le 4 juin 1971 à Hewa Bora est un homme taciturne. Président de la République démocratique du Congo depuis l’assassinat de l’ancien président, son père Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001. Il s’est érigé contre M. Tshisekedi âgé de 78 ans, un politicien dont l’opposition aux autocraties successives du pays depuis plus de trois décennies lui a donné une emprise sur les citoyens, à Kinshasa, même si ses déclarations parfois incendiaires lui attirent la méfiance des puissances étrangères.

M. Kabila, d’autre part, est critiqué comme étant un outsider lointain de l’Orient qui ne parle pas la langue locale dominante. Des gratte-ciel s’élèvent dans la capitale du Congo, un des plus important producteur mondial de cuivre et de cobalt, dont les diplômés universitaires se plaignent d’avoir à vendre des cartes téléphoniques pour survivre.

Le charisme de M. Tshisekedi dans la rue et son potentiel de mobilisation des partisans semblait être amplifié mercredi par l’annonce de sa quasi certaine défaite. Ses partisans sont convaincus que les élections sont bâclées et escroquées par M. Kabila. Les observateurs internationaux ont parlé d’irrégularités graves et même de fraude possible, mais n’ont pas affirmé que le vote devrait être annulé. Ils ont aussi remis en question la divulgation partielle des résultats non garantis par décompte détaillé des lieux de vote individuels. M. Kabila, comme à son habitude, n’a rien dit, alors même que des responsables du parti adverse dénoncent l’élection.

Un enseignant mis à pied, Bona Borbor, a déclaré:  » Nous voulons montrer au monde que nous ne sommes pas dupes. Si nos parents avaient eu peur des armes, nous ne serions pas libres.  »

Plus tôt mercredi, des responsables du parti de M. Tshisekedi sont restés ambigu sur les instructions que leur candidat donnerait à ses disciples quand le résultat attendu tombera — une victoire pour M. Kabila — sera annoncée.

Tous les ingrédients sont présents pour des turbulences. Plusieurs Congolais se sont même expatriés. D’un côté comme de l’autre, il y aura fatalement une réaction. Reste à connaitre son ampleur.

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